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Actualité

 

Algérie : La longue attente au Burkina Faso des 14 expulsés algériens

 

Algérie - « Nous purgeons une peine sans jugement, nous avons été privés du droit élémentaire d’être jugés », a déclaré à l’AFP Me Ahmed Simozrag, un des Algériens expulsés le 31 août 1994 de Folembray (nord de la France) vers Ouagadougou (Burkina Faso), qui réclame aux Etats français et burkinabé que cette affaire « soit simplement examinée par une juridiction ».

Les expulsés de Folembray veulent l’abrogation de l’arrêté d’expulsion pris par Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur à cette époque, « pour, disent-ils, nous permettre de rejoindre nos familles restées en France et retrouver nos biens », affirme Simozrag (ex-avocat du FIS-dissous).

Accusés « d’appartenance à un mouvement prônant le terrorisme », une vingtaine d’« islamistes » furent, au lendemain de l’assassinat de cinq Français à Alger, assignés à résidence pendant un mois à Folembray, dans une caserne désaffectée. Quatorze d’entre eux ont été expulsés vers le Burkina Faso. « Nous avons affaire à des gens qui sont les complices de terroristes et d’assassins ! Ils n’ont pas respecté les règles élémentaires de l’hospitalité.

Ils ont l’air d’être mécontents d’être chez nous ? Mais qu’ils s’en aillent ! », lançait Pasqua sur les chaînes de télévision françaises. Comme le rappelait Le Monde Diplomatique, « le gros de la presse (française) approuve cette décision qualifiée par certains éditorialistes de « courageuse ».

Dix ans plus tard, le journal Le Monde (21 août 2004) s’interrogeait encore sur le lien qui pouvait exister entre « un épicier alcoolique, deux libraires, un gérant de pizzeria, un étudiant en physique, le recteur d’une mosquée parisienne et deux imams de province » (il y avait aussi un maçon, un agent de gestion et un chercheur au CNRS).

Parmi les imams « assignés à résidence dans des conditions très éloignées de la légalité républicaine », comme le constatait Xavier Ternisien du Monde, figurait Larbi Kechat, recteur de la mosquée Ad-Da’wa de la rue de Tanger à Paris. Réputé pour sa modération, Larbi Kechat échappe à l’expulsion grâce à la mobilisation de personnalités religieuses chrétiennes et musulmanes comme Mgr Gaillot, le prêtre lyonnais Christian Delorme et Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris.

L’arrêté d’expulsion présentait M. Kechat comme « un membre influent d’un mouvement qui préconise la violence et diffuse des thèses radicales contre l’Occident ». C’est à ce titre, et pour dénoncer des accusations sans fondements que le père Christian Delorme s’inquiétait (sur les colonnes du Monde d’août 2004) du « rôle des services de renseignement dans la conduite des affaires de l’Etat ». « (...) En ce qui concerne l’Islam, j’ai pu constater combien des notes d’une stupidité atterrante pouvaient parvenir sur les bureaux de ministres ou de préfets », ajoutait le père Delorme.

Sur les 20 détenus de Folembray, 14 ont été expulsés, dont 6 résident toujours à Ouagadougou.

Quant aux autres, ils auraient réussi à quitter le Burkina Faso vers Londres et les Pays-Bas.

Par M. Mehdi - Quotidien Oran

 

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