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Actualité

 

Algérie : L’inquiétude des résidents en médecine tlemceniens

 

Médecine AlgérieAlgérie - Il y a quelques jours s’est tenue à la bibliothèque du CHU de Tlemcen l’assemblée générale des résidents exerçant au sein de cet hôpital. Une trentaine d’entre eux y ont assisté. L’ordre du jour de cette rencontre a été le renouvellement du comité des résidents du CHU.

Ces derniers ont profité de cette occasion, prévue de longue date, pour exprimer un certain malaise et rendre publiques leurs doléances. Le problème le plus important qu’ils ont soulevé est l’absence d’un statut régissant leur fonction, une situation qui les met en porte-à-faux par rapport à d’autres catégories de praticiens travaillant à l’hôpital.

Selon eux, les résidents en médecine, malgré le fait qu’ils possèdent un diplôme de médecin, sont toujours considérés par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur comme des étudiants.

Pourtant dans leur travail quotidien au sein de l’hôpital, ils sont contraints de prendre des responsabilités que leur statut officiel d’étudiant leur interdirait en principe de le faire, par exemple faire des gardes, assurer des consultations ou posséder une griffe de médecin, des actes et des prérogatives qui sont réservés habituellement, non pas à des étudiants, mais aux seuls praticiens.

Cette absence de statut clair les prive, par ailleurs, des avantages accordés aux médecins comme la délivrance d’une carte professionnelle et l’octroi d’un salaire en bonne et due forme. Les résidents en médecine touchent actuellement un présalaire équivalent à 50% seulement du salaire des médecins généralistes exerçant dans le secteur public. En plus, aucune prime ne s’ajoute à leurs émoluments dont celle appelée «prime de risque» qui est versée pourtant à tous les personnels de la santé.

Les résidents ne peuvent prétendre également aux différentes facilités octroyées aux fonctionnaires tels que les prêts bancaires pour acquérir, par exemple, un logement ou une automobile. Un deuxième problème, crucial à leur sens, a été posé par les résidents du CHU de Tlemcen. Il concerne l’affectation par la tutelle de la plupart des nouveaux médecins spécialistes, une fois leur DEMS obtenu, au sud du pays.

Ils ont fait remarquer que, vu leur manque d’expérience et la modicité des moyens matériels mis à leurs dispositions (logements de fonction, équipements médicaux) il serait souhaitable qu’ils soient accompagnés dans leur mission par des médecins spécialistes expérimentés pour constituer des équipes homogènes du point de vue médical.

Aujourd’hui, la seule solution préconisée par le ministère de la Santé pour remédier au refus de beaucoup de jeunes médecins spécialistes d’accepter leur affectation au Sud est de vouloir faire appel aux praticiens étrangers, notamment chinois et cubains. Les résidents en médecine exerçant au CHU de Tlemcen se sont interrogés pour savoir si c’était la meilleure solution pour résoudre ce problème.

Pour montrer enfin que le corps auquel ils appartiennent présentement est discriminé par les textes en vigueur, ils ont fait remarquer que les résidents en médecine ont constitué 40% des votants aux dernières élections du conseil de l’ordre de la région de Tlemcen alors qu’ils n’ont eu droit à aucun représentant à cause justement de leur statut «d’éternels» étudiants.

Par Amine Bouali - Quotidien Oran

 

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