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Voir la version complète : Hmed Umerri le Robin des bois kabyle



au_gré_du_vent
03/12/2010, 22h19
Je me rappelle avoir lu un livre de Tahar Oussedik sur ce personnage.

Voici un texte que j'ai trouvé sur lui:

Né dans une famille très pauvre au début du siècle écoulé, il subit dès l’aube de sa vie l’hostilité du milieu naturel, social... Il quitta très tôt l’école pour venir en aide à son père paysan de son état. Il fut très agile et faisait preuve d’une force et d’une volonté sans faille dans toutes les tâches que son père lui assignait. Il grandissait en pleine nature , en paysan, en montgnard avec l’innocence, la bravour, la justesse et la naïveté propre à la paysanerie kabyle. Rien de le prédestinait la vie de rebelle qu’il ménera plutard. Tout bascula à sa mobolisation en 1939 au début de la 2ème guerre Mondiale. Il ne comprenait pas pourquoi on l’emmène combattre dans une guerre qui se déroulait à l’autre bout du monde. Il se sentait non concerné par ce conflit. Pourtant il se retrouva à la frontière Belge, plus précisémment à SEDAN. Au front, lors des déplacement des contingents de l’armée françaises et en traversant une rivière ou un cours d’eau, les officiers franaçais ; craignant l’empoisonnement de l’eau courante, ménageaient les cheveaux et ordonnaient aux algériens de boire pour vérifier la potabilité de cette eau car éstimaient-ils, les cheveaux avaient plus de valeur à leur yeux que les algériens. En réalité, c’est là que BELAD Ahmed qui deviendra plutard Umerri commençait à se poser des questions. Le processus de la prise de conscience fut enclenché. Il décida de ne plus prendre part à cette guerre. Il déserta en 1942. Ralia Marseille et sans se faire prendre réussi à regagner Alger. Il fut arrêté et emprisonné à la prison de Belfort (aujourd’hui El Harrach). Dans son cachot, il décida d’organiser un soulèvement, un mutinerie. Il était en compagnie de quelques militants du PPA avec qui il se concertait. Avant de passer à l’action, il avait avisait le chef du parti Messali Lhadj à qui il a demandé au nom de tous les prisonniers d’opinions et des deserteurs un soutien politique à la mutinerie. Ce qui leur a été confirmé et promis par le chef emblématique.

La mutinurie eu lieu en 1942. Elle fut un échec total car le secrèt ayant parvenu à l’administration pénitentiaire, celle-ci étouffa la révolte avant même qu’elle se déclenche. Messali renia et condamna même la mutinerie. Ahmed Umerri fut déçu au plus profond de lui-même de ce volte-face d’un chef charismatique que fut pour lui et pour tous les algériens Messali. Déçu, blessé mais réussi incroyablement à s’échapper de la prison. Ce fut le début de rebellion.

IL constitua un groupe qui s’élargissait au fil du temps. Il fut le chef incontestable. Ses proches collaborateurs étaient : Hadjali du village Ighil Imoula, Amar Khodja de Aït-Abdelmoumène, Ouacel de Iâazounène Iaoudarène de Aït-Mendès.

Il commencèrent par attaquer les colons, les soldats ... puis c’était au tour de tous ceux qui travaillent pour le compte de l’administration coloniale et qui profitaient du pouvoir que leur conférait leur statut d’agent de la france pour exercer leur injustice sur la population déjà éprouvée par la misère, la famine, le typhus et ce en leur imposant toute sorte de cotisation et en leur enlevant leur terre et leur bien (Bachagha,garde Champêtre "chambitt",etc). Ces derniers, avaient droit aux avertissements qui les sommaient de ne plus sévir contre les paysans. Ceux qui ont récédivé ont été éxecutés. c’est ainsi qu’Oumerri et son groupe devinrent les justiciers de petites gens. Ils attaquaient les riches car considérant leur richesse acquise au détriment du peuple et par complaisance de la france. Il les délestaient de tous leur biens qu’ils offrent aux pauvres, aux vieilles femmes sans ressources...etc Il avait l’habitude d’intercepter le seul "car" qui transportait les gens au marché hebdomadaire des Aït-Ouacif. Ceux qui s’y rendent à bord de ce car sont généralement de riches commis de l’administration coloniale. Il l’a arrêté même seul. El montait à "bord", ordonna à plus de 50 hommes de se mettre à genoux, de lui remettre l’argent qu’ils avaient sur eux en épargnant toujours les quelques paysans pauvres qui s’y trouves et auxquels il prend le soin de remettre un peu de cet argent à l’insu des riches. Avant de redescendre et de les laisser continuer leur route vers le marché, il ordonnait à tous les passagers de vrier trois fois " VIVE L’INDEPENDANCE, VIVE L’INDEPENDANCE, VIVE L’INDEPENDANCE "

La france qui commençait à être sérieusement malmenée par ce rebelle ne ménageait aucun effort pour l’abbattre et mettre fin à son activisme. Au côté militaire dont lequel elle avait mit tous les moyens nécessaires pour mettre la main sur Umerri et son groupe qu’elle pourchassait sans répit, elle fît usage de l’intox et de la rumeur qu’elle savait très efficace dans une société à tradition orale comme le milieu kabyle. On destilla alors toute sorte d’infamies et d’accusations abjectes et portant atteinte à sa réputation mais surtout à son honneur, cette chose sacrée chez les kabyles. Ces rumeurs furent, bien entendu, reprises par ses ennemis collaborateurs de la france coloniale et amplifiées. Il fut le "hors-la-loi" puis le "bandit d’honneur"... La légende résistait car aux rumeurs et aux agressions multiples, elle répondait par des actes de bravour, de générosité et de justice.

Umerri était devenu tellement célébre qu’il génait beaucoup de monde. En 1946, des émissaires de Krim Belkacem, un autre bandit d’honneur d’alors,l’approchèrent et lui proposèrent de la part de Krim d’adhérer au PPA qui revendiquait l’indépendance de l’Algérie. Il refusa en premier lieu car n’ayant toujours pas digérer la trahison de Messali lui-même lors de la mutinerie de Belfort.

Krim reviendra plutard à la charge et insista et fini pat convaincre Umerri. C’est ainsi que celui-ci et ses compagnon décidèrent d’intégrer l’O.S (Organisation Secrète — organisation paramilitaire) dont la création était prévu pour le 17/02/1947.

Umerri fut assassiné le... 17/02/1947.
Il fut assassiné au village Lazounène (Iâzunen) dans un guet-apen tendu par l’administration coloniale dans la maison de son meilleur ami et compagnon d’arme Ouacel Ali et avec la complicité de celui-ci un certain 17 fervrier 1947. Ce n’est pas Ouacel Ali qui lui a tiré dessus, il était assis avec eux (Umerri était en compagnie d’un autre "rebelle" Hadjali d’Ighil Imulla en l’occurence ). Ils étaient en train de diner (un couscous) lorsque des soldats français planqués dans l’écurie lui ont tiré dessus. Depuis ce jour Ouacel Ali, craignant la vengeance quitta la kabylie précipatament vers la France...

P.S. C'est bizarre ces trahisons de proches qui reviennent souvent dans notre histoire: Jugurtha a été trahi, El Kahina trahie...

Jalal
04/12/2010, 00h02
Salut Gré! Les meilleurs sont trahi par des pourritures. Le rebelle avait sacrifié sa vie et son avenir pour les démunis, il avait tout donné pour l'honneur et la dignité de son peuple. Ce personnage demeure à jamais dans les consciences et dans l'Histoire, il est immortel. Il nous révèle aussi l'hypocrisie d'un autre personnage, une erreur impardonnable pour un zaim!

ahmeddamien
04/12/2010, 00h30
belle histoire