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kredence
21/11/2008, 13h34
ALLEMAGNE • Grande première chez les Verts

Le 15 novembre, les écologistes réunis en congrès à Erfurt ont porté à leur tête Cem Özdemir.

Elu avec 79,2 % des voix, il devient le premier Turc d'origine à diriger un parti en Allemagne.

Faut-il voir en lui un "Obama allemand" ? Der Spiegel est circonspect.

Cem Özdemir
DR


Tout est politique en ce bas monde et les toilettes n'échappent pas à la règle.

Le 7 novembre, Cem Özdemir, député vert européen, assistait au congrès des jeunes Verts réuni à Potsdam.

Il avait besoin de s'éclipser un court instant, car la soirée promettait d'être longue.

Le seul problème, c'est qu'il n'y avait ni toilettes pour hommes ni toilettes pour femmes.

Il a regardé autour de lui, l'air irrité, et n'a trouvé qu'une porte à côté de laquelle une main anonyme avait griffonné le mot "unisexe".

Il est resté un instant sans bouger. Un haut responsable des Verts pouvait-il faire demi-tour sous les yeux de militantes ?

L'homme politique a repris ses esprits. Ce n'était pas le moment de paraître petit-bourgeois alors que la relève des Verts plaide pour une société affranchie de toute discrimination sexuelle.

A ce moment-là, Cem Özdemir semblait prêt à tolérer toutes les excentricités de ses petits camarades.


[Le 15 novembre, il a été élu co-président du parti des Verts, aux côtés de Claudia Roth].

Cette fonction ne sera pas une sinécure, notamment parce que les Verts sont foncièrement convaincus qu'ils n'ont pas besoin de chef.

C'est une tradition chez les Verts que de passer outre l'opinion de leurs dirigeants pour ensuite mieux vanter le caractère véritablement démocratique de leur mode de fonctionnement.

A vrai dire, pour tout dirigeant politique ayant les idées claires, l'ambition de prendre la tête de ce parti relève de la gageure, mais Özdemir semble résolu à pousser la logique démocratique des Verts encore plus loin.

Il prétend au statut de chef, mais sans avoir véritablement l'ambition de diriger le parti. Son programme ressemble à un écran de fumée.

Un véritable coup de maître dans un parti où même les questions de règlement intérieur sont abordées avec le sérieux d'une conférence sur la fission nucléaire.

Difficile de dire s'il est pour ou contre l'engagement de l'Allemagne en Afghanistan, s'il croit à l'économie de marché et considère que l'accès à la propriété constitue une arme efficace contre la spéculation.

Il est l'homme du "non seulement, mais encore", le premier homme politique unisexe de l'histoire allemande.

Özdemir est victime de son succès. Pendant longtemps, il n'a pas eu besoin d'affirmer ses opinions.

En 1994, lorsqu'il devient le premier fils d'immigrés turcs à entrer au Bundestag, son élection est plus symbolique qu'idéologique.

L'histoire du petit Cem, né à Bad Urach, en Souabe [une région du Land de Bade-Würtemberg] et devenu pionnier dans le paysage politique allemand, plaisait à l'opinion publique.

Il se disait "Souabe d'Anatolie", c'était son programme et cela lui paraissait bien suffisant. Sa présence dans les médias, à l'époque, semblait inversement proportionnelle à son influence politique.

La trentaine bien avancée, Özdemir en était déjà réduit au rang de mascotte à envoyer sous les projecteurs quand les "grands" avaient mieux à faire.

Son destin était scellé. Özdemir avait omis de se doter des idées et thèmes essentiels qui auraient donné du sens et du poids à son travail.

Il pouvait donc rester à l'écart des affaires courantes, lui avaient tranquillement laissé entendre les autres députés.

Mais voilà ce que Cem Özdemir ne semble pas pouvoir supporter : une vie sans le barnum médiatique.

Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Après l'affaire de ses déplacements personnels effectués aux frais du Parlement européen [affaire qui lui vaut une traversée du désert, entre 2002 et 2004], Özdemir décide de faire profil bas et écrit quelques papiers sur la situation en Ouzbékistan.

Très vite, il publie un livre sur la Turquie, où il parle largement de lui. A le voir lors de la soirée de présentation, dans une salle de réception du quartier de Kreuzberg à Berlin, on comprend vite que cet homme ne vit que pour attirer l'attention sur sa personne.

S'il arrive en retard, c'est pour faire une entrée plus fracassante, entouré d'une cohorte de caméras et de journalistes turcs.

Comble de l'ironie, Özdemir ne voulait même pas être candidat à la direction du parti. Tout ce qu'il voulait, c'était retourner au Bundestag. Au début de l'année, il déclarait encore: "Je connais les habitants de Souabe.

Et je ne crois pas être fait pour diriger un parti." Il y a des moments où Özdemir semble avoir des éclairs de lucidité.

Mais dans l'imparable logique du parti, ses déficiences constituent un atout.


René Pfister
Der Spiegel


ALLEMAGNE • Grande première chez les Verts

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=91624

Rayan 31
27/11/2008, 16h22
il a aucun chance pour fair comme Obama :anim_dead:

kredence
27/11/2008, 17h03
Rayan,tu compares des tomates et des poivrons:

les 2 pays sont si differents,

l'un federal presidentiel,

l'autre federal parlementaire.

Les 2 hommes sont d'origine et de culture differente.

L'un bi-racial (mulatto,en francais je crois)

L'autre de type blanc d'asie.

Rien a comparer.

De toutes facon,il ne peut faire comme Obama,mais Obama aussi ne peut pas faire comme lui.
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il a aucun chance pour fair comme Obama :anim_dead: