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baudelaire87
27/05/2011, 16h16
L'Olympe des infortunes de Yasmina Khadra

Les interrogations ne servent à rien quand on parle de Yasmina Khadra, surtout si on parle de son dernier roman "L'Olympe des infortunes", une réalité qui se cache derrière une fable, un monde qui existe mais auquel on ne fait pas très attention.
On est tenté par une fuite similaire à celle de ces démunis que la vie avait jetés comme des ordures sur une décharge face à la mer qui à chaque fois jouait un rôle qui rime avec leur situation vis-à-vis de la vie.
Des clochards, il y en a pleins, mais ceux de Yasmina Khadra, on commence à les aimer dès qu'on fait leur connaissance, on se rend compte que nous aussi, on aurait pu être à leur place, que leur détresse est en réalité la notre et que si nous, on n'est pas encore arrivés à ce stade-là, cela ne relève que de notre lâcheté.
L'écrivain est épris de la mer comme ses clochards, il réussit à nous emmener dans leur monde, celui où n'existent que ceux auxquels la vie a tourné le dos, des gens qui n'ont pas seulement commis des erreurs, mais considèrent que la vie elle-même est une erreur irréparable, qu'ils avaient raison de la quitter, comme on quitte une femme qu'on aime tout simplement parce qu'elle s'est révélée au fil des jours peu digne de cet amour.
Khadra, le défenseur des causes perdues comme on le dit toujours, cette fois-ci, il réussit à nous surprendre de pouvoir sonder le tréfonds de l'homme et de parler de lui d'une telle profondeur.
Junior, un type très simple qui a du mal à vivre sans poser des questions et comprendre comment peut-on vivre autrement. Ach, le protecteur de Junior, un poète malheureux qui décèle la beauté en toute chose, même dans le malheur. Un Ach qui reproche ou met en garde toujours Junior contre les affres de la vie qui est représentée par la ville, il lui fait comprendre constamment que cette vie qu'ils mènent est mille fois meilleure que celle; la factice de la ville, Ach dit que quand la mer est agitée, il fait mauvais temps pour les gens de la ville alors que pour nous "La mer est en fête", que dans chaque fracas des vagues, il y a une musique que n'entendent que les poètes.
Chaque monde qu'emprunte Yasmina Khadra est ou devient beau, il a cette magie de présenter les choses même crues mais belles, son malheur n'est pas celui qu'on connait ou auquel on s'est habitués, au contraire, on envie d'y être, on s'y complait. Avec l'Olympe des infortunes, il nous a entrainés comme des enfants, pas au pays des merveilles, mais au pays des cercueils humains, il nous a subjugués, déçus par moments quand il insinue que le monde des clochards n'est peut-être pas le meilleur, il nous sauve à la fin de cette déception et nous enseigne la vie avec tous ses méandres. New York Times avait raison lorsqu'il a dit de Yasmina Khadra qu'il peut dire l'homme partout où il peut être.

impression : baudelaire87 10/05/2011

miange-midemon
27/05/2011, 23h16
bonsoir baudelaire
j'ai lu ce livre y a quelques mois, bien que j'apprécie certains livres de yasmina khadra et son style, je ne sais pas pourquoi je me suis ennuyée en lisant l'olympe des infortunes!
une sorte de métaphore de la face cachée de ce monde dans le quel nous vivons. mais je ne sais pas pourquoi je n'ai pas accroché!

ça reste mon humble avis bien sur.

M'siquine
27/05/2011, 23h55
Bonsoir

Merci Baudelaire d'avoir abordé ce sujet.

Dans ce roman Yasmina Khadra nous met face à notre responsabilité vis-vis de ces gens qui vivent au bord de la vie. A travers cet écrit il nous fait vivre cette réalité tout en secouant notre torpeur. Bonne lecture à ceux qui ne l'ont pas lu.