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kredence
28/11/2008, 17h58
FILIÈRE DES BOISSONS EN ALGÉRIE

Quand le jus est fabriqué dans les baignoires


Législation inadaptée, taxes douanières sur les intrants très élevées et beaucoup de producteurs hors de tout contrôle.

Tel était le constat dressé hier matin par les experts en finance et en management qui ont été invités à la rencontre-débat organisée à l’hôtel Sofitel d’Alger par l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab).

Lyès Menacer - Alger (Le Soir) -

Sur les 1 627 producteurs de boissons officiellement inscrits au Centre national du registre du commerce jusqu’au 15 mai 2008, il n’y aurait qu’entre 500 ou 600 entreprises qui mériteraient d’être prises en considération, selon des experts.

«Le reste constitue un maquis, hors de tout contrôle et où chacun fait ce qu’il peut et comme il veut», lit-on dans le document établi par l’Apab. Dans un secteur d’activité en pleine expansion, il n’est pas difficile de remarquer la multitude des marques de boissons qui se disputent les étals des magasins, à travers tout le territoire national.

Selon M. Hemani, le président de l’Apab, il y a plus de 240 producteurs de boissons tous types confondus, uniquement au niveau de la wilaya d’Alger.

Mais combien sont-ils parmi ces producteurs ceux qui respectent les normes d’hygiène et qui font dans la qualité ? Personne n’est apte à donner des chiffres.

L’absence de contrôle de l’Etat est à l’origine d’une anarchie qui présente un véritable risque sur la santé publique.

«J’ai vu des producteurs utiliser une baignoire comme équipement pour fabriquer leurs boissons.

Certains ne disposent même pas de laboratoires de contrôle et utilisent des intrants interdits.

Cela sans compter ceux qui ne respectent pas le dosage des différents composants utilisés», explique M. Messaoud Merzougui, consultant en finance et en management auprès des PME.

Le conférencier a alerté aussi sur la contrefaçon et l’imitation qui touchent certains produits, notamment à l’intérieur du pays.

Ces pratiques discréditent les producteurs sérieux qui désirent investir dans cette filière à long terme.

Les professionnels de la boisson disent aussi être confrontés à une superposition des taxes et affirment que les taxes douanières sur les intrants sont excessives.

«La taxe douanière appliquée sur les intrants, et qui est de 5%, est la même pour toute matière première. Or, il se trouve que certains intrants servant à la fabrication des boissons sont taxés entre 15 et 30%, ce qui est injuste d’autant que leur importation ne représente aucune menace pour une industrie locale inexistante.

Ceci sans oublier les autres taxes ordinaires que nous devrions payer», s’étonne M. Hemani qui réunit autour de lui des producteurs de jus et nectar de jus, ceux des eaux embouteillées et des boissons gazeuses et alcoolisées.

A cet effet, les producteurs sont unanimes à proposer une révision du dispositif fiscal concernant leur domaine d’activité qui emploie plus de 17 000 personnes, selon les chiffres du Meda fournis pour l’année 2007.

Les effectifs employés augmentent de l’ordre de 6% annuellement, selon toujours le Meda qui estime le chiffre d’affaires de cette filière à plus de 40 milliards de dinars.

Ce sont surtout les producteurs des eaux minérales embouteillées qui se plaignent le plus de la pression fiscale.

Ces derniers demandent à ce que l’administration fasse de sorte à encourager les divers producteurs pour qu’ils puissent réaliser d’autres investissements.

Ils demandent aussi un allégement de la taxe sur le prix de vente moyen national qui est actuellement de l’ordre de 15,93% alors qu’il ne dépasse pas les 4,87% en France qui reste, elle, également loin des 0,2% appliqués en Italie et des 0,00012% pour le Liban.

L’ambiguïté des textes de procédure fiscale a été mise en relief par les différents intervenants à la rencontre d’hier.

L’encadrement de cette filière s’avère donc urgent et nécessaire, juge M. Messaoud Merzougui qui prône la politique du dialogue et de la concertation entre les pouvoirs publics et les producteurs de boissons, afin de moraliser cette activité et en faire un véritable fleuron de l’industrie agroalimentaire nationale.

Pour les membres de l’Apab, qui veulent être une vraie force de proposition, les pouvoirs publics doivent participer au travail de sensibilisation et de protection des consommateurs qui se situent au centre de tout intérêt.

L. M.

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/11/27/article.php?sid=76284&cid=2

Toufik
28/11/2008, 19h48
Pauvres consommateurs algériens... Du jus de baignoire, attention à l'estomac... :eusa_shifty:

SIMBEL
28/11/2008, 20h21
Pauvres consommateurs algériens... Du jus de baignoire, attention à l'estomac... :eusa_shifty:

Buvons de l'eau , aussi il y a des risques ,alors qui pense a nous ?

SamDZ
28/11/2008, 21h23
:lol: oué je l'avais lu hier :mai_oui: vive nous aucune notion d'éthique ce cha3b