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ahmeddamien
02/07/2011, 14h39
Comment Martha est devenue Calamity

La version la plus convaincante est peut-être celle que propose George Hoshier, un habitant de Deadwood qui a fait la connaissance de Calamity, en 1875, et l'a longuement fréquentée : "Elle s'attirait toujours des ennuis. Si elle prenait un attelage pour faire un convoyage, elle pouvait être sûre qu'il y aurait du grabuge et qu'elle devrait payer les dégâts à son retour. [...] La calamité la suivait partout, si bien que Poulton [reporter au Cheyenne Sun] l'a un jour surnommée Calamity Jane, et le nom lui est resté



Sa soif de liberté est une hérésie pour l'époque

Dans ce XIXe siècle puritain et sexiste, Calamity Jane, habillée en homme, aussi agile à la gâchette que portée sur l'alcool, semble s'être trompée d'époque, tant elle défie les conventions. Fille d'alcooliques, orpheline à 15 ans, la jeune fille grandit seule, aussi sauvage que les paysages qui l'entourent. Sa soif de liberté est une hérésie pour son temps, elle n'en a cure. "Elle n'imite personne. Elle est l'original d'elle-même, méprise l'hypocrisie", résumera un journaliste de l'époque. Car l'opinion publique est déjà fascinée par son étrangeté. A la fin des années 1800, des petits romans à 10 cents, très populaires, romancent son épopée et lancent sa légende. Présentée comme une justicière invulnérable, Calamity Jane devient en 1877 l'héroïne d'une série publiée par le journal local de sa ville, Deadwood (Dakota du Sud). Sa célébrité dépasse la frontière du Wyoming. Et les malentendus commencent. Mais qui connaît Martha Jane Canary, la femme, bien réelle, qui se cache derrière ce surnom ? Après dix années de recherches minutieuses, un réalisateur français, Gregory Monro, publie Calamity Jane. Mémoires de l'Ouest, le premier ouvrage retraçant au plus près de la vérité la vie de ce personnage mythique du Far West - photos, documents et témoignages à l'appui. Où l'on découvre, entre autres choses, l'incroyable destin d'une féministe malgré elle, morte à 47 ans dans la pauvreté.

ahmeddamien
02/07/2011, 14h42
Calamity. Son enfance, son adolescence, sa consécration. Morceaux choisis du livre de Grégory Monro (Hoëboeke).

Une enfance chaotique

Au début des années 1850, James Canary, un paysan sans le sou comme tant d'autres, quitte le comté de Monroe, dans l'Ohio, pour rejoindre le Missouri. Un voyage probablement motivé par l'espoir d'une vie meilleure, d'autant que les rumeurs sur la présence d'or dans l'Ouest attirent de plus en plus de migrants. [...] Mais en 1864, rien ne va plus pour les Canary. Endettés, menacés de poursuites judiciaires pour escroquerie, ils vendent leur ferme pour une bouchée de pain et migrent vers le Montana. [...] Le long voyage prend fin, en 1864, à Virginia City. La famille y arrive dans une période de pleine expansion. L'année précédente, une ruée vers l'or avait déjà attiré des centaines de nouveaux arrivants, qu'il s'agisse de citoyens droits et ambitieux, de joueurs, de prostituées ou de quelques-uns des plus grands malfrats que l'Ouest ait jamais connus. A la fin de l'année 1864, la population atteint près de 10 000 habitants, et ce qui n'était à l'origine qu'un modeste campement devient une ville grouillante et florissante. Tentes, wagons, huttes et maisons de bois surgissent presque comme par magie. On compte un saloon pour trois maisons, et presque autant de maisons closes.

L'adolescente rebelle

[1867] En contrepartie de son aide aux tâches ménagères, la jeune Martha, alors âgée de 15 ans, est adoptée par une famille résidant à Piedmont (Wyoming). L'adolescente abandonne fréquemment le balai et le savon noir pour aller danser et batifoler avec les soldats dans les saloons. La jeune insolente se serait fait expulser de son foyer, à moins qu'elle n'ait fugué de son propre chef. Dans son autobiographie, elle passe cet épisode sous silence. Cette adolescence passée dans le Wyoming endurcit très tôt la jeune Martha, qui s'intègre vite à la vie de l'Ouest sauvage. Véritable garçon manqué, elle apprend à monter à cheval, à manier le lasso, à vivre au jour le jour en vagabondant de ville en ville. [...] Cette jeune fille sans chaperon, qui fume, boit et jure, ne passe pas inaperçue. Son comportement extraverti marque les esprits et l'isole des autres femmes, pour qui elle n'est pas fréquentable. Il est déjà évident qu'elle ne sera jamais une femme au foyer.

Soldat Calamity

A en croire son autobiographie, Calamity aurait passé plusieurs années dans l'armée, où elle se serait engagée dès 1870, et aurait accompli des prouesses, notamment aux côtés du général George Armstrong Custer, du fameux 7e régiment de cavalerie. En 1874, un escadron de reconnaissance, commandé par Custer, est envoyé en expédition scientifique dans les Black Hills, à la recherche de gisements aurifères. Custer reviendra d'ailleurs sans preuve de la présence du précieux minerai. A l'époque, Martha a 18 ans et traîne dans les parages de Fort Laramie, où elle danse dans les saloons et se prostitue à l'occasion - même si, par la suite, elle niera toujours farouchement avoir monnayé ses faveurs [...]. Le 25 mai 1875, le Pr Walter Jenney et son expédition géologique quittent Fort Laramie. Mais, cette fois secrètement enrôlée parmi les hommes se trouve une femme : Martha Canary. Lorsqu'elle sera célèbre, plusieurs témoins interrogés par des journalistes attesteront sa présence dans la troupe, déguisée en homme.

La célébrité

Visiblement flattée et enchantée d'être célèbre, elle ne boude pas son plaisir : "Mon arrivée à Deadwood [Dakota du Sud] après de si longues années d'absence a fait sensation parmi mes nombreux amis du passé, à tel point qu'un grand nombre de citoyens arrivés à Deadwood pendant mon absence, qui avaient tellement entendu parler de Calamity Jane et de ses nombreuses aventures les années précédentes, étaient impatients de me voir." A peine a-t-elle eu le temps d'arriver qu'elle se voit offrir une tournée de spectacles avec la troupe de Kohl & Middleton : un contrat de trois mois qui doit lui rapporter un revenu confortable et qu'elle ne peut refuser. Malgré ses excès de boisson et ses difficultés, elle est si populaire qu'en 1895 un bal de charité est donné en faveur de l'éducation de sa fille [Jessie, née le 28 octobre 1887]. Les invités se pressent à l'événement et la fête bat son plein jusqu'au petit matin. Quant aux bénéfices, ils sont rapidement redistribués...