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Voir la version complète : Chacun pour soi, Dieu pour tous



baudelaire87
04/07/2011, 00h48
Un proverbe qui explique excellemment notre cas aujourd'hui, qui semble être fait pour nous ; chacun a effacé de sa tête toute autre existence, sauf la sienne. Un esprit perspicace se rend compte vite que la situation ressemble beaucoup à une course nationale, qui gagne le plus? Qui peut s'enfuir le premier? Qui trouve une nouvelle solution pour duper les autres, mais c'est une course sans règles, sans lois claires, le fort est faible, le faible est mystérieusement invincible.
D'où vient l'idée d'un journaliste brillant qui a remarqué que tout le monde dans le pays marche mais personne ne marche pour l'autre : médecins, avocats, enseignants, étudiants et les chômeurs qui s'ajoutent à la liste de la tragédie nationale.
Les Algériens sont totalement perdus dans cette spirale, ils voient à la télévision un monde arabe en ébullition, mais rien chez eux, ils essaient d'avancer, de protester le lendemain en rencontrant des amis dans la rue ou autour d'un café, mais leur colère finit en queue de poisson car un algérien est lui-même un mystère mais sans qu'il le sache, son espoir est mort-né, son désespoir est une habitude qu'il a héritée depuis très longtemps sans savoir de quel ancêtre précisément, ses ambitions sont liées soit à trouver un boulot pour se nourrir et regarder la scène tragique impassiblement, soit à un voyage clandestin qui s'avère comme une dernière issue.
Comme la chaleur fait partie de notre quotidien, en sortant le matin, une grande envie de rentrer chez soi pour éviter l'hostilité du paysage nous envahit, mais on continue, quelquefois, on passe devant un mariage absurde, une musique aussi étourdissante qu'incompréhensible, des enfants qui courent pieds-nus dans tous les sens, une citerne devant la porte (signe de cérémonies de mariage ou funéraires chez nous), à ce moment-là un algérien doit certainement se poser la question, se met en colère sans le montrer, il se demande quel maudit vent, destin l'avait jeté dans un pays pauvre et qui a le malheur d'être riche? Quel malheur que d'être né dans un endroit où on se sent mort, où l'idée de mourir a perdu tout sens. Cet algérien se dit subitement, avec une joie presque amère : peut-on aller de la mort vers la mort? Et il se répond tout de suite, tu es mort monsieur, ta peur n'a aucun sens.
Un autre journaliste français qui a parlé d'une question dans un autre sujet mais qui me parait là très convenable ; " On est en train de s'habituer à des choses anormales" dit-il. C'est le cas en Algérie, on s'habitude à l'absurde. Bizarre! A chaque fois qu'on parle de l'Algérie le mot "Absurde" revient de lui-même, se glisse involontairement, fatalement. Est-ce un hasard que Camus qui est le génie, le précurseur de l'absurde soit à moitié algérien? Est-ce aussi un hasard que notre pays soit toujours le temple des contradictions? Kaouther ADIMI, un échantillon des jeunes algériens, a vite compris que l'ambigüité, le dilemme ne pourrait jamais trouver une terre plus propice et meilleure que l'Algérie.

L'Algérie est un pays qu'on aime et déteste à la fois, on cherche à se blottir dans ses bras et le repousser en même temps, un pays qui quoique généreux vous conseille de le quitter. Kaouther ADIMI avait raison.

baudelaire87

la terre
04/07/2011, 00h58
que faire baudelaire ?
dans l'avion en direction de l'europe je me sens revivre,arrivée à la maison je repasse le film dans ma tête de mon séjour.
dés le lendemain je pense au prochain départ pour l'Algerie

Jalal
04/07/2011, 07h00
Bon séjour

Jalal
04/07/2011, 07h02
Salut Baudelaire, je suis vanné c'est pourquoi je ne peux émettre le moindre écrit sur tes intéressantes réflexions.

baudelaire87
04/07/2011, 19h13
Salut, pour la terre, c'est ce que je voulais dire, on est dans un grand dilemme, est-ce une malédiction? On n'est même pas libre dans notre amour pour notre pays, d'ailleurs on ne sait pas si on l'aime, enfin on l'aime mais on s'en rend compte quand on le quitte, quel gouffre!!
Pour mon ami Jalal, je comprends, je comprends que tu sois vanné, moi aussi je le suis, tous les Algériens le sont, je ne sais pas si tu es là ou à l'étranger, mais je comprends cette lassitude, j'ai remarqué ton absence. Si tu es à l'étranger, ne rentre pas, je ne sais pas si c'est un conseil ou c'est ce que j'aurais fait moi-même. L'Algérie est un paradis dont les rêves sont ailleurs........Yasmina Khadra