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Voir la version complète : Le pays du nothingness



baudelaire87
21/07/2011, 02h10
Ce texte ne s'adresse à personne, c'est le fruit d'un ennui, pas seulement le mien, l'ennui national, le fruit d'une insomnie qui frappe apparemment tout le pays avec toutes ses franges.
Ce texte s'adresse peut-être aux jeunes, mais aussitôt une question essentielle qui me taraude depuis longtemps se pose d'elle-même, fatalement : Où sont les jeunes Algériens? Une question quoique depuis longtemps posée, reste en suspens, peine à trouver une réponse. Les jeunes Algériens sont tous partis, soit en prenant la mer, soit en se livrant au feu, soit se diluant dans la scène nationale, à savoir se réfugiant dans une indifférence qui les mine impitoyablement.
Un petit tour dans un village algérien et on se rend compte vite qu'il n'y a aucun signe de vie, qu'il y a une absence totale de tout, les gens ont tellement souffert qu'ils ne savent pas ce qui leur manque si on trouve le courage de le leur demander. Donc, que veut dire être jeune en Algérie? C'est être un fantôme habitué à l'APC, la Daïra, car un jeune algérien commence son parcours bureaucratique depuis son très jeune âge, on lui fait comprendre, on lui dit crument qu'il doit travailler, prendre sans destin en main, sans lui dire, ou en ayant peur de lui dire qu'il n'y a pas de destin ici, dès son très jeune âge, l'Algérien est confronté à des questions presque existentielles, mais son malheur c'est qu'il ne s'en rend pas compte. Du coup, avoir un enfant en Algérie est un crime dont on ne connait jamais les conséquences, une hérésie qui mérite le châtiment éternel. Pourquoi les Algériens ne supportent pas qu'on leur parle de leur situation? Pourquoi font-ils semblant de bien vivre alors qu'il y a un gouffre creusé au fond d'eux? Ne parlent-ils pas de leur malheur parce qu'ils le savent insoluble? Laissons les évènements répondre à cette question chaotique.
Dans notre pays, on assiste chaque matin avec une indifférence étonnante à l'espoir en train de s'asperger d'essence, en train de s'immoler par le feu, c'est l'emblème d'une immolation nationale, d'un climat délétère dont on ne comprend pas les causes mais dont on subit les effets.
Que faire alors? Rien, attendre désespérément en sachant que pour se débarrasser du mal, il faut extirper les tripes, les entrailles, quitte à perdre la vie, car peut-on dire qu'on vit si on ne se sent pas chez nous? Si notre pays nous chasse?
Il y a vraiment quelque chose qui cloche quand on commence à haïr notre bercail, quand ailleurs nous semble plus clément que ce " Chez nous" mystérieux, quand on ne sait plus où on va, quand mourir, l'idée de mourir devient un soulagement, voire une lapalissade. En Algérie, on est arrivés aux abysses de la douleur, pire, la douleur dépasse l'entendement, la force, la logique et la patience.
Djamel Debbouze, le comique franco-marocain a dit une phrase dans son dernier spectacle qui me semble résumer éloquemment tout ce qui se passe aujourd'hui chez nous : "Ecoute, tu n'as aucune chance, alors saisis-la". Une phrase qui fait tant de mal, qui décrit notre calvaire dans ce pays, on ne sait plus à quel saint se vouer, on cherche une issue.
Une autre question se pose inéluctablement : Pourquoi l'Algérie est-elle toujours la terre des malheurs, des souffrances, du désespoir, le pays du nothingness?

baudelaire87
20/07/2011
Nothingness : Le néant

whitepearl
21/07/2011, 02h26
Les jeunes algériens sont perdus, les potentiels non exploités, la bureaucratie étouffe leurs capacités, mais moi j'ai une autre question : pourquoi quand ils partent ailleurs ils acceptent tout et n'importe quoi et qu'en Algérie ils se permettent de faire des choix pour le travail que je qualifierai d'utopiques ?

Aussi, il y a une chose qui m'intrigue c'est le Sahara,pourquoi on cherche pas à exploiter cet espace gigantesque ?? au lieu d'importer des jouets "made in china" non conformes aux normes ISO, pourquoi ne pas investir cet argent dans le sud et ainsi créer des emplois et des opportunités de travail.
Reste à savoir si le jeune algérien acceptera de bosser dans le désert:hum:

baudelaire87
21/07/2011, 14h47
Salut, merci pour votre commentaire, mais laissez moi vous dire que votre raisonnement est un peu boiteux, je ne suis pas venu avec ce texte pour pleurnicher, mais pour dire ce qui se passe réellement. Les jeunes algériens ne sont pas à la recherche de l'utopie, si on prend l'exemple des diplomés universitaires, ils cherchent simplement un travail décent, un fruit de leur parcours bureaucratique fatigant, et au fait et sans prendre cela mal, de quel Sahara parlez-vous? vous croyez que c'est facile d'investir dans le Sahara? On dirait que vous ne vivez pas en Algérie, les jeunes sont marginalisés, jetez un petit coup d'oeil dans les administrations quelle que soit leur nature, et vous allez voir qu'on perd une journée pour avoir un extrait de naissance, alors qu'en est-il pour investir et faire un projet.
Le jeune algérien est privé de tout, on dit dans les consulat que c'est l'état algérien qui a demandé aux consulats de ne pas donner le visa aux jeunes, faire semblant de vivre est une grande hypocrisie quand la vie est une farce.....Merci

whitepearl
21/07/2011, 16h21
Merci de me répondre;
Ce que je voulais dire c'est que partout dans le monde les jeunes diplômés connaissent ces difficultés à s'intégrer dans le monde du travail, la différence avec nous c'est que les jeunes algériens pour la plupart ne cherchent que dans le secteur où ils ont été formé n’acceptant pas des postes plus ou moins inférieurs à ce qu'ils devraient faire ,or je pense que c'est parfaitement légitime par contre si ce n'est pas disponible ben faut travailler au lieu de se lamenter et de rester les bras croisés .
Pour le désert, je sais que ce n'est pas facile d'investir dedans mais je préfère voir l'argent du pétrole investi dans ce secteur au lieu de le voir gaspiller dans l'importation de tout et de n'importe quoi .

baudelaire87
21/07/2011, 18h36
Je comprends, mais dites moi, quelles que soient les difficultés, voulez-vous dire qu'un diplômé en Algérie a les mêmes chances qu'un diplômé en France ou en Angleterre? J'ai envie de dire un truc : Le problème est plus grand qu'on le croit. L'Algérie est un paradis dont les rêves sont ailleurs....Yasmina Khadra
J'aime mon pays, on aime tous notre pays, mais croyez moi, le climat n'est pas de bon augure. les réussis, les intelligents, les prudents sont tous partis.....Merci

au_gré_du_vent
21/07/2011, 18h55
les réussis, les intelligents, les prudents sont tous partis

si tu le dis:icon_rolleyes:

baudelaire87
21/07/2011, 19h16
Salut Gré, dommage qu'on soit condamnés toujours à quitter notre pays.

au_gré_du_vent
21/07/2011, 19h24
Salut Gré, dommage qu'on soit condamnés toujours à quitter notre pays.

euuuh... Mohamed, je fais partie de ceux qui n'ont pas quitté et n'ont pas l'intention de le faire.

nous manquons donc d'intelligence, nous sommes des loosers et imprudents...

c'est ça? :)

baudelaire87
21/07/2011, 19h40
Pas des loosers, mais je vois que tu n'es pas d'accord avec moi. Oui Gré, si je ne me trompe pas, tous ceux qui avaient la possibilité de partir et ne l'ont pas fait le regrettent ou ne disent pas qu'ils le regrettent. Quand même les grands intellectuels et les cerveaux quittent le pays, je me dis oui, on est imprudents. Tu n'est pas d'accord, je voudrais savoir ce que tu en penses....Merci