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au_gré_du_vent
22/07/2011, 19h54
Portraits de savants fous


Par Gilbert Charles (L'Express), publié le 16/09/2010 à 07:00


Les grands génies n'ont pas toujours l'esprit clair. Certains inventeurs célèbres étaient aussi des savants fous. Deux chercheurs américains tirent leur portrait.

C'est un paradoxe que l'on ne peut que constater : la science, domaine de la raison et de la mesure, attire souvent les esprits les plus dérangés. Tout comme on trouve des psychopathes avérés parmi les chefs d'Etat (de Hitler à Idi Amin Dada), certains savants dont les idées et les inventions ont marqué l'Histoire se sont révélés être de véritables cinglés. Dans un récent ouvrage, Le Panthéon des savants fous, deux chercheurs américains, Daniel Wilson, spécialiste de robotique, et Anna Long, experte en psychologie, se sont employés à dresser une galerie de portraits de ces cerveaux brillants qui travaillaient du chapeau. Certains réels, d'autres fictifs, mais tous atteints de graves troubles mentaux.

Ainsi le Dr Folamour, transfuge nazi paranoïaque du film de Stanley Kubrick, a-t-il été inspiré par deux physiciens de chair et d'os, Edward Teller - l'un des ingénieurs de la première bombe atomique - et Wernher von Braun - père du projet Apollo de conquête de la Lune. Tout comme le fameux Pr Tournesol, archétype de l'illuminé en blouse blanche créé par Hergé, inspiré d'Auguste Piccard, chimiste et aéronaute belge né en Suisse - inventeur en 1930 du principe de la cabine pressurisée. Cet excentrique bourré de tics et débraillé a passé sa vie entre ciel et mer, à battre des records d'altitude et de profondeur dans des nacelles de ballons et des bathyscaphes de sa création. Adulé par la presse, qui se moquait de ses cheveux en pétard, il était en réalité d'une timidité maladive.

Des cas de pathologies inquiétants

A côté de ces sympathiques fêlés, on trouve des cas de pathologies inquiétants. Celle, par exemple, du physicien serbe Nikola Tesla, inventeur du principe du radar, du courant alternatif et de la radio. Ce génie solitaire et terrifié par les microbes finira par élever des pigeons dans son appartement en prétendant avoir reçu des messages d'extraterrestres habitant Mars et Vénus. Diagnostic : l'homme, qui se lavait sans cesse les mains et réclamait 18 serviettes à chaque repas, souffrait d'un trouble obsessionnel compulsif.

Plus grave, certains de ces crânes d'oeuf fêlés ont acquis un pouvoir démesuré, dont ils ont usé et abusé. Tel Trofim Lyssenko, un pervers sadique sans formation scientifique parvenu aux plus hauts postes de la recherche soviétique en développant des théories farfelues sur la transmission des caractères acquis. Fils de paysans ukrainiens peu doué pour les études, il décroche un poste de jardinier dans une petite station de recherche en agronomie avant d'être repéré par les autorités communistes. L'imposteur se voit offrir, en 1929, la direction d'un laboratoire, puis ouvrir les portes de l'Académie Lénine des sciences agronomiques. Il détestait ses collègues scientifiques, qu'il n'hésita pas, sous Staline, à faire arrêter et déporter.

Dans la même veine, signalons encore le cas de Sidney Gottlieb, chimiste de la CIA, qui a supervisé pendant les années 1960 des expériences sur les hallucinogènes, dans l'espoir de contrôler l'esprit humain. Bégayant, affecté d'un pied bot et dépourvu de scrupules, il testait sur des prisonniers politiques pendant la guerre du Vietnam les effets de l'héroïne et du LSD, tentant parallèlement d'empoisonner des chefs d'Etat communistes. Fidel Castro a ainsi échappé à une boîte de cigares au cyanure qui lui était destinée. La mort de l'un de ses cobayes, qui s'est jeté du 13e étage sous LSD, a mis un terme à ses recherches. Peu importe. L'illuminé est parti en Inde, travailler dans une léproserie.

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Portraits de savants fous - L'EXPRESS (http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-pantheon-des-savants-fous_919686.html)

Mekrouda
22/07/2011, 21h05
je ne sais pas si la science attire les malades mentaux, ou est-ce que l'esprit humain remplis de choses inhabituelle pousse à découvrir et oser découvrir ce qu'un esprit sain ne tenterais pas :)

au_gré_du_vent
22/07/2011, 22h28
En général, un génie vit dans son monde et se contrefiche des normes sociales.

dahmane1
22/07/2011, 22h45
Abas ibn Fernas précurseur de l’aéronautique, était en son temps traité de fou. Il fallait attendre des siècles pour que les gens comprennent qu’il n’était aussi fou qu’ils le pensaient !

« Qui, quand on leur disait : «Il n'y a d'autre divinité que Dieu !», s'enflaient d'orgueil » 37.35. « Et rétorquaient : «Quoi ! Allons-nous abandonner nos divinités pour suivre un poète en délire?» 37.36 As Saffat

au_gré_du_vent
25/07/2011, 23h15
John Forbes Nash Jr (né le 13 juin 1928) est un économiste et un mathématicien américain qui a travaillé sur la théorie des jeux, la géométrie différentielle, et les équations aux dérivées partielles. Il a partagé le prix Nobel d'économie en 1994 avec Reinhard Selten et John Harsanyi pour leurs travaux en théorie des jeux.

À l'aube d'une carrière mathématique prometteuse, John Nash a commencé à souffrir de schizophrénie. Il a appris à vivre avec cette maladie seulement vingt-cinq ans plus tard.

Sa vie est racontée dans le film Un homme d'exception (2001), réalisé par Ron Howard.

Son enfance

John Nash est né à Bluefield en Virginie-Occidentale, fils de John Nash Sr., un électrotechnicien, et Virginia Martin, professeur de langue. Jeune, il passait beaucoup de temps à lire et à faire des expériences dans sa chambre qu'il avait convertie en laboratoire.

De juin 1945 à juin 1948, Nash a étudié au Carnegie Institute of Technology à Pittsburgh, dans l'intention de devenir ingénieur comme son père. À la place, il y a développé une passion durable pour les mathématiques, et en particulier la théorie des nombres, les équations diophantiennes, la mécanique quantique et la théorie de la relativité. Avec le groupe de théorie des jeux de Carnegie, il a commencé à se plonger dans le problème de la négociation, posé par John von Neumann dans son livre de la Théorie des jeux et du comportement économique (The Theory of Games and Economic Behavior 1944).
Ses études

Il est ensuite allé à l'Université de Princeton pour travailler sur sa théorie de l'équilibre. Son mémoire de thèse, soutenu en 1950, sur Les jeux non coopératifs détaillait déjà la définition et les propriétés de ce qui allait par la suite s'appeler l'équilibre de Nash et lui valoir, quarante-quatre années plus tard, le prix Nobel d'économie. Ses travaux ont été publiés dans trois articles :

Equilibrium Points in N-person Games, dans Proceedings of the National Academy of Sciences (USA) (1950)
The Bargaining Problem dans Econometrica (avril 1950)
Two-person Cooperative Games dans Econometrica (janvier 1953).

Le seul cours officiel d'économie qu'il ait suivi portait sur le commerce international.
Ses découvertes et la lutte contre la maladie

Pendant l'été 1950, il a travaillé à la RAND Corporation à Santa Monica (Californie) où il est retourné pour de plus courtes périodes, en 1952 et 1954. De 1950 à 1951, il enseigne l'analyse à Princeton, étudie et parvient à éviter le service militaire. Pendant ce temps, il a démontré le théorème de plongement de Nash qui est un résultat important en géométrie différentielle sur les variétés riemanniennes. De 1951 à 1952, il est chargé de travaux dirigés en science au MIT à Cambridge dans le Massachusetts. Il y rencontre Alicia Lardé, qu'il épousera en février 1957 et dont il a un fils John Charles. Son fils aîné John David est l'enfant d'Eleanor Stier.

En 1958, les symptômes de sa maladie se font sentir. John Nash est admis au McLean Hospital en avril-mai 1959 où on lui diagnostique une schizophrénie paranoïde. Après des séjours difficiles à Paris et à Genève, Nash entre à Princeton en 1960. Il fait des séjours réguliers à l'hôpital jusqu'en 1970 et occupe un poste de chercheur à la Brandeis University de 1965 à 1967. Il ne publie rien pendant trente ans. Il obtient en 1978 le John von Neumann Theory Prize pour ses découvertes sur les équilibres non coopératifs.

Sa santé mentale ne s'améliorera que très lentement. Son intérêt pour les mathématiques ne lui est revenu que très progressivement, ainsi que sa capacité à raisonner logiquement. Il s'intéresse maintenant à la programmation informatique. Les années 1990 ont permis d'assister à un retour de son génie, desservi par un esprit très affaibli. Il reçoit le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 1994, pour ses travaux d'étudiant à Princeton sur la théorie des jeux. Il envisage encore d'établir des résultats scientifiques significatifs.
A Beautiful Mind

A Beautiful Mind, sa biographie par Sylvia Nasar, ex-journaliste économique pour le New York Times, parue en (1999) a été adaptée au cinéma par Ron Howard, sous le titre français Un homme d'exception. Ce film reçut l'Oscar du meilleur film en 2001. Cette description éloquente des événements les plus tragiques souffre de quelques inexactitudes et oublis, parmi lesquels la réinvention du jeu Hex, joué sur le carrelage hexagonal des salles de bains de Princeton (les scènes se référant à la réinvention de Hex ont été tournées, mais furent coupées au montage afin de maintenir un certain rythme scénaristique). La version française comporte également quelques erreurs de traduction, dues probablement à l'absence de mathématiciens ayant participé à la traduction (exemple : traduction de … are covering spaces par … recouvrent les espaces au lieu de … sont des revêtements). Le documentaire sur PBS A Brilliant Madness tente d'être plus précis. Des personnages imaginaires (un agent des services secrets, un ami rencontré à l'université et la nièce de 11 ans de cet ami) ont été inventés pour le cinéma, afin d'illustrer les délires schizophrènes du personnage.