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kredence
04/12/2008, 13h45
Alger : 305 000 véhicules par jour circulent sur un réseau prévu pour 162 000

Le casse-tête de la gestion de la circulation dans la capitale

Rouler pendant des heures pare-chocs contre pare-chocs est devenu la hantise des automobilistes algérois.

Cette situation, en plus de ce qu’elle représente comme pertes économiques, est à même de provoquer des maladies irréversibles chez les usagers de la route (stress, hypertension, cardiopathie…).

Hier matin, le ministre des Transports a réuni différents responsables du secteur pour présenter un dossier sur la circulation et le transport routiers dans l’agglomération d’Alger.

Ce qui ressort des différentes interventions, c’est qu’Alger n’a pas été préparée à faire face au flux important de véhicules qui y transitent chaque jour.

Il y a sans doute eu manque de clairvoyance et d’esprit d’anticipation sur ce volet. Il faut savoir que le réseau routier de la wilaya d’Alger est long de 1 900 km, dont 230 de voies express, 312 de routes nationales et 660 de chemins de wilaya. 11 parkings et 5 000 places de stationnement sur voierie sont disponibles.

C’est largement insuffisant face à l’augmentation presque exponentielle du nombre de véhicules.

De 2000 à 2008, un accroissement de 60% est enregistré, soit plus de 475 000 véhicules.

1 280 000 véhicules sont immatriculés à Alger à septembre 2008. De ce fait, le trafic sur les différentes routes de la capitale devient un véritable casse-tête.

La circulation sur les principales artères de la wilaya a été détaillée.

Le flux de véhicules circulant sur la rocade sud (de Dar El Beïda à Zéralda) est de 140 000 véhicules par jour, dont 35 000 transitent seulement et ne passent pas au centre-ville.

Sur celle du front de mer, on comptabilise 120 000 v/j, dont 900 à destination du port d’Alger.

La radiale de Oued Ouchayeh, quant à elle, est traversée par 45 000 v/j, dont 40 000 de transit.

Au total, sur ces trois axes importants, plus de 305 000 véhiculent transitent par jour alors que leur capacité réelle n’excède pas 162 000 v/j.

Il y a donc un excédent de 143 000 v/j.

C’est la principale raison de la détresse circulatoire qui caractérise ces dernières années les routes algéroises (notons qu’aux heures de pointe, le centre-ville est submergé par 29 800 véhicules).

En plus de cette réalité difficile à maîtriser, le responsable de la circulation au niveau du ministère dresse une série d’insuffisances en la matière.

Discontinuité de capacité de liens de la voirie (effets entonnoirs), rapprochement des bretelles sur les voies express, difficulté d’insertion des flux au niveau de certaines bretelles et jonctions de voies express, déficit en matière de stationnement (il faut entre 30 et 45 minutes pour trouver une place), mauvaise prise en charge des piétons et implantation inadéquate de certains pôles commerciaux.

Autant de facteurs qui compliquent la vie d’un automobiliste.

Le ministre des Transports, M. Amar Tou, explique qu’après la réalisation d’une étude pour l’amélioration de la circulation dans l’agglomération d’Alger (réalisée par un bureau d’études canadien de 2004 à 2006),

«on est au stade de l’étude de faisabilité des conseils».

Après avoir énoncé les différentes mesures prises en faveur de la fluidification de la circulation, une série de recommandations est énoncée.

Parmi elles, la hiérarchisation du réseau routier pour assurer une uniformité de gestion (le réseau doit être classé en fonction de chaque axe routier), l’identification des carrefours les plus critiques (200 sont en étude et doivent être emménagés au cas par cas), les goulots d’étranglement et les points noirs.

Le dédoublement des RN24, 11 et 36, la réalisation des évitements des centres urbains, celle d’une deuxième rocade d’Alger, de parkings, de gares multimodes, l’équipement de 100 carrefours en feux tricolores contre 5 actuellement, la réalisation d’un centre de régulation pour gérer à distance la circulation sont des projets réalisés ou en cours. Mais, de l’aveu du ministre, «cela ne peut être efficace sans une politique efficiente de transport public».

Transport collectif : la seule véritable solution

En matière de transport collectif, plusieurs projets de grande envergure ont été mis en lumière.

Un schéma de principe au réseau de transport collectif dans l’agglomération d’Alger a été
présenté.

L’hyper centre-ville sera desservi par le métro, les trains de banlieue et les bus ETUSA exclusivement.

La relation entre l’hyper centre-ville et la périphérie se fera par
BRT (bus de grandes capacités avec voies réservées) et trains de banlieue.

Et les périphéries seront reliées entre elles par bus express.

Par ailleurs, tramway, téléphériques et stations multimodes, qui feront la jonction entre différents transports et parkings, sont également prévus.

Mais tous ces projets ne verront le jour que dans quelques années, quelques mois pour les plus rapides.

Pendant ce temps, les usagers devront prendre leur mal en patience, tenter d’adopter un comportement civique et n’utiliser leur véhicule qu’en cas de besoin.

- La Tribune
http://www.latribune-online.com/national/8608.html