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Voir la version complète : les fleurs du mal



au_gré_du_vent
10/10/2011, 20h57
Je me rappelle que la lecture de ce livre de Baudelaire m'a été très dure étant adolescente, cela m'avait même oppressé.

Pourtant en redécouvrant qqs poèmes maintenant je les trouve certes tristes mais d'une grande beauté!

Par exemple:

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher
Hument le vieux parfum d’un flacon débouché.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
— Désormais tu n’es plus, ô matière vivante,
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Saharah brumeux,
— Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.




qu'est ce qui a changé? pas les poèmes en tout cas:)

ahmeddamien
10/10/2011, 21h02
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

au_gré_du_vent
10/10/2011, 21h07
voici pour toi d'autres verres, oups vers;)

Je suis comme le roi d’un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux,
Qui de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S’ennuie avec ses chiens comme avec d’autres bêtes.
Rien ne peut l’égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d’atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d’impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l’or n’a jamais pu
De son être extirper l’élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n’a pas réchauffé ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l’eau verte du Léthé.

M'siquine
10/10/2011, 22h29
Merci Gré pour ce sujet. Tu nous projettes trente six ans en arrière.
Grâce à un excellent professeur, au lycée nous avions aimé la poèsie française à travers '' Les fleurs du mal ''c'était au programme de première.
Je ne sais pourquoi j'ai retenu ce poème jusqu'à maintenant. L'Albatros




L'albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

au_gré_du_vent
11/10/2011, 20h21
tu as retenu tout ce texte depuis le lycée??
chapeau bas!

moi, je retiens juste uenc chansonnette qu'on a apprise quand j'étais en 6eme année primaire et qui commence par:

J'ai une amie au coeur perlé

je viens souvent la voir les dimanche soir...

:lol: