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romance
11/12/2008, 07h19
Environ 830.000 enfants dans le monde meurent chaque année d'accidents. Les principales causes de ces décès touchant les 0-19 ans sont les accidents de la route (260.000 morts par an), les noyades (175.000), les brûlures (96.000), les chutes (plus de 46.000 morts) et les intoxications (plus de 45.000), selon le document rédigé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Consacré à "la prévention des traumatismes chez l'enfant", ce premier bilan mondial sur la question, qui a mobilisé 200 experts pendant trois ans, est destiné à "tirer la sonnette d'alarme" sur une réalité "trop longtemps ignorée". Dès l'âge de 9 ans, les accidents deviennent la première cause cumulée de mortalité, devant les maladies infectieuses, la malnutrition ou les guerres.

Milieux défavorisés
"Le facteur social s'avère déterminant", a relevé Margie Peden de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Que l'on soit dans les pays riches ou en développement, ce sont les enfants des milieux défavorisés qui ont le plus de risque d'être victime d'accidents", a-t-elle expliqué. Ainsi 95% des victimes sont recensées dans les pays pauvres ou en développement.

L'Afrique recense le plus fort taux de victimes d'accidents de la route (19,9 pour 1.000), suivi par l'Est du bassin méditerranéen. La région du Pacifique occidental et l'Asie du Sud-Est ont le plus fort taux de noyades (27,4 pour 1.000 et 12,3 pour mille). Et les brûlures sont plus fréquentes en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient. A la différence des autres causes d'accident, les brûlures touchent en majorité les filles.

Pas une fatalité
"Pendant trop longtemps, la mortalité infantile due aux accidents a été considérée comme une fatalité, une sorte de prix à payer au développement", a déploré Etienne Krug, du département Prévention de la violence et du traumatisme et handicap à l'OMS.

"Cette question de santé publique est relativement nouvelle car les thèmes des maladies infectieuses et de la malnutrition ont longtemps prédominé... Si bien que les décideurs politiques sont très surpris lorsqu'ils découvrent l'ampleur du phénomène", a relevé M. Krug. Des solutions déjà mises en oeuvre dans certains pays comme la Suède, l'Australie, le Canada ou en Afrique ont fait leur preuve, insiste le rapport.

Des solutions existent
En Afrique du Sud, le nombre d'enfants ingurgitant par erreur de la paraffine a chuté de 50% grâce à la conception de bouchons sécurisés pour les bidons de ce liquide très utilisé pour se chauffer ou s'éclairer. Les économies réalisées par de telles mesures sont chiffrées dans le rapport. Ainsi 1 dollar investi dans des détecteurs de fumée permet d'en économiser 65. Un dollar consacré au port d'un casque de vélo permet d'en gagner 29.

"Les solutions nécessitent une approche incluant toutes les parties concernées", a souligné Pascal Villeneuve, directeur délégué à l'Unicef: "Les ministères de la santé, mais aussi les autres ministères ainsi que la société dans son ensemble. Sans oublier les enfants eux-mêmes, qui peuvent être un important facteur de changement". C'est la raison pour laquelle l'Unicef a conçu une version du rapport qui leur est spécifiquement destinée.