PDA

Voir la version complète : Est-il absurde d'aimer?



baudelaire87
23/02/2012, 13h10
Je l’aimais, je l’aime peut-être encore, je n’arrête pas de me le demander. Peut-on aimer sans vraiment le savoir ?
Je ne crois pas, moi, je t’ai aimée sincèrement, du fond de mon cœur, et c’est ton amour qui m’a mis en conflit avec moi-même, je ne savais pas avant toi qu’on peut aimer, qu’on peut vraiment aimer sans le savoir, ni le vouloir. Tu peux dire que t’es le précurseur dans un royaume en friche, aride, une terre maudite destinée à l’échec et la désolation.
Tu es arrivée un jour dont j’oublie l’atmosphère, un jour pas vraiment précis, ni net, peut-être pour que mon âme n’ait pas l’impression que ton amour avait un début, un commencement, qu’il était là avant même le commencement, que je t’aimais avant même de te connaître, et à mon avis, c’est cela le vrai amour, c’est aimer sans en avoir le dessein, sans s’attendre à cela. C’est un amour qui me hante et qui a heureusement habité mon cœur et frôlé mon âme.
C’est ce qui est arrivé avec toi, lorsque je t’ai connue, lorsque tu as réapparue, car j’ai toujours eu l’impression que tu ne disparais jamais, que tu es toujours là, enfouie quelque part, dans l’un des recoins de mon cœur que je ne connais pas moi-même, et si je ne te cherchais pas si souvent c’est parce que je te sens palpiter dans mes veines, dans mes souffles, et parfois, je ne sais par quelle folie, je me rends compte mystérieusement que tu étais toujours devant moi, tellement présente que tu es devenue une partie de moi-même et de mon entourage, et comme tu le sais, on fait rarement attention à ce qui est toujours présent, mais dans mon cas, c’est toujours différent, si je ne cherchais pas là, près de moi, c’est que je suis à ta recherche ailleurs, ma folie m’a amené toujours à chercher loin ce qui est à portée de mes mains.
Ce n’est que plus tard que l’on s’aperçoit qu’on souffre, qu’on a souffert ou peut-être qu’on aurait dû souffrir, c’est seulement quand on perd ce qu’on possédait, ce dont on était sûr de sa présence qu’on commence à souffrir.
Après ton départ, je commençais à t’aimer autrement, peut-être plus profondément que lorsque tu étais là, car souvent, ce n’est qu’après la perte qu’on comprend pourquoi on aimait, on découvre qu’on est plus malheureux qu’on le croyait, oui, après ton départ, ton amour commençait à prendre un autre aspect, un aspect que je ne connaissais pas avant, frais, vierge, et je commençais à te connaître de nouveau, davantage, à décortiquer tes sourires antérieurs, à trouver éloquent ton silence, et un jour, je me suis dit, réjoui, comme si je suis arrivé à dénicher une révélation « Je t’aime en tout cas, de toute façon, quoi qu’il arrive, advienne que pourra »
Un jour, je voulais m’aventurer dans un exercice pénible et je me suis mis à te trouver des méfaits, des mauvais aspects, et comme l’esprit et l’intelligence sont habiles quand il s’agit d’enlaidir, de mépriser ! Mais tu sais ? Ils n’ont pas réussi, ils ont rebroussé chemin, revenus bredouilles, car tout simplement, avec toi, toute laideur n’est qu’une beauté qui rayonne même en se cachant, tu ne te dérobes que pour revenir, tu ne meurs que pour renaitre.
En lisant cela, peut-être que tu vas te perdre dans les idées, peut-être qu’à un moment donné, tu auras l’impression que je ne t’aime pas, mais tout ce que j’ai à te dire c’est de ne pas essayer de comprendre, contente-toi de mon amour, de ce que te dit mon regard, de ce que mes mains fébriles tentent de te transmettre quand elles te frôlent. Je te demande de ne pas essayer de comprendre, car j’ai toujours souffert lorsque j’ai voulu comprendre, lorsque j’ai voulu mettre des mots sur les sentiments et c’est pour cette raison que je te demande de ne pas vouloir tout comprendre dans notre amour, car moi, je n’ai pas de limites dans mon amour, ni de repères, ni de chemins, lorsque je t’ai aimée, j’ai pris des autres chemins, les chemins inhabituels, pas ceux que prend un homme quand il aime une femme, parce que moi, en t’aimant, je me suis révolté contre tout et j’ai tout refusé et réfuté, l’incertitude était mon itinéraire préféré, et ce n’est qu’en chevauchant cette incertitude que je sens vraiment que tu existes, que je suis capable de te saisir, te sentir chatouiller le bout de mes doigts, oui en t’aiment, j’ai dérogé à toutes les règles et je me suis trouvé de nouveaux repères, ceux qui me mènent partout et nulle part à la fois.
Malgré tous ces méandres, je me suis mis à dire, à me dire que même si je ne suis pas en mesure de t’avoir, même si le destin en décide autrement, s’il me prive de toi, s’il choisit d’extirper mon âme en t’enlevant de ma vie, je me contente chérie de t’aimer, de t’avoir aimée et de continuer à le faire. Je me contente, me félicite qu’avec toi, j’étais capable de définir la femme, lui donner un sens différent des précédents, content que tu sois toi la femme que j’aime.

J’aime mais n’arrive à le croire
Tel un aveugle vivant dans le noir
Je n’ai rien d’autre à te dire
Sais-tu ce qu’un exilé peut sentir ?
Moi, avant de me perdre dans tes yeux
J’étais sans demeure, sans lieu
Je t’oublierais chère si je le pouvais
Moi, je ne vis que pour te retrouver.

Je t’aime


Baud

yasmi
23/02/2012, 18h14
Très beau poème Baud, je me retrouve dans ce que tu écris.
Il n'est pas absurde d'aimer, c'est douloureux parfois mais çà reste beau.

salim12
23/02/2012, 19h58
emouvant !!!

hna nmout
23/02/2012, 23h08
non il n'est pas absurde d'aimer, bien au contraire, ça prouve que notre cœur prend la revanche sur notre mental, pour une fois qu'il commande:D
le cerveau n'y peut rien et c'est tant mieux car trop cartésien et aimer c'est ne pas calculer, ne pas prévoir, ne pas réflechir, ça tombe comme ça :anim_dead:

baudelaire87
24/02/2012, 01h24
Merci les amis pour vos commentaires.

yasmi
24/02/2012, 16h48
Je t'en prie, j'espère lire de toi encore d'autres fabuleux textes, tu es très talentueux.