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yasmi
07/03/2012, 11h53
A Constantine, les Dzwebdays connectent économies locale et numérique
par Yacine H.

Après Alger et Tlemcen, Constantine a organisé, du 1er au 3 mars 2012, ses Dzwebdays qui ont vu la participation de dizaines d'étudiants, d'enseignants, de porteurs de projets dans les TIC et des centaines de visiteurs. A l'issue de cette rencontre, riche en conférences et ateliers en technologies du Web, plusieurs startup on vu le jour. Récit d'une journée de troisième type.

Les Dzwebdays connaissent un succès grandissant en moins d'une année. Après Alger en avril 2011, Tlemcen en décembre de la même année, la 3e édition de cet événement Web algérien a eu lieu à Constantine du 1er au 3 mars 2012. Des centaines de visiteurs ont fait le déplacement au nouveau département d'informatique de l'Université Mentouri, situé au cœur de la nouvelle ville Ali Mendjeli, «future pôle universitaire», pour assister aux Dzwebdays. Trois jours de rencontres, de conférences et d'ateliers autour des technologies du Web.

Parmi les initiateurs des Dzwebdays de Constantine figurent des étudiants et de jeunes entrepreneurs dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC). Nadir Delimi, étudiant en master 1 informatique à Constantine, en fait partie. A 22 ans, il est déjà "patron" d'une startup spécialisée dans le développement Web, le consulting et le marketing, les principaux secteurs qu'investissent les informaticiens algériens qui souhaitent également s'orienter vers les services offshore. «Le déclencheur fut la "Semaine du Web" d'Alger, en avril dernier, au cyberparc de Sidi Abdellah. Voulant organiser une manifestation similaire à Constantine, je me suis donc rapproché de Farid Arab et Mehdi Omar Ouayach, organisateurs de la Semaine d'Alger, et respectivement responsables des entreprises "Pureplayer" et "Connext"», raconte Nadir Delimi.

Samsung et Microsoft en guest stars

Les Dzwebdays de Constantine étaient organisés en modules sous licence américaine et européenne, comme les "Startup Weekend", "SEO Camp Day" et "Joomla Day", alors que d'autres modules sont exclusivement algériens tels les "e-Commerce Day" et "Wordpress Day". Les "Startup Weekend", un concept star venu de Seattle aux USA, sont des ateliers de création d'entreprises en 54 heures chrono. Les "Seo Camp Day" sont des ateliers pratiques et des conférences autour du référencement et du financement de sites Web. Pour cette partie, les organisateurs des Dzwebdays ont invité le directeur Tracking (pister le client sur internet) du site Skyrock (plus 2 millions de pages vues par jours), et ceux de Samsung et de Microsoft Europe, venus gratuitement pour animer des conférences.

Le côté financier des Dzwebdays a été assuré principalement par l'Université de Constantine qui, en plus de mettre à disposition ses locaux, dont la grande salle internet, a aussi participé à l'hébergement des invités étrangers et algériens (des dizaines d'étudiants venus de plusieurs wilayas). Une société privée algérienne, Nazhamane Media, a sponsorisé l'événement.

Le ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication (MPTIC), Moussa Benhamadi, qui avait parrainé la premier événement à Alger, «a également donné un coup de pouce considérable», qui permet aujourd'hui aux deux associés Farid Arab et Mehdi Omar Ouayach de continuer à proposer des Dzwebdays dans différentes régions d'Algérie. «Le but c'est d'organiser cet événement dans chaque wilaya», affirme Farid Arab, de «créer des points de présence, grâce aux jeunes qui nous contactent et qui s'organisent localement, pour les aider à devenir autonomes et organiser sur une année des Dzwebdays dans tout le pays», dit-il encore.

Des compétences algériennes à valoriser

«Le but, finalement, c'est de créer une économie numérique à travers des utilisateurs et des jeunes pour réaliser des événements de formation, autour des TIC, de l'informatique et de l'Internet, comme le système de gestion du contenu Joomla, le langage Java et les logiciels open source», explique encore le patron de "Pureplayer". Sur le niveau de la participation algérienne, notre interlocuteur n'en tarit pas d'éloges. Selon lui, «les participants algériens étonnent certains formateurs par leurs connaissances». «Mais c'est normal, à partir du moment où l'on accède à Internet, et aux même formations, nos jeunes sont aussi compétitifs sur le marché mondial et travaillent au même niveau que les informaticiens du monde entier en offshoring», ajoute Farid Arab.

Ben Mimoun Mohamed El Habib fait partie de ces jeunes informaticiens qui travaillent en offshoring. Comme Mehdi Delimi, il a été à l'initiative de la tenue des Dzwebdays à Tlemcen. A 25 ans, il est graphiste et anime durant les événements des conférences sur le Web design. Dans l'une de ses interventions, il s'est montré militant pour une meilleure valorisation du travail des web designers encore sous-estimés par les clients algériens qui n'y voient qu'un plus esthétique. Pour lui, «il faut devancer la demande, et se tenir près pour les prochaines technologies de type 3G et e-commerce». Pour le moment, il travaille avec une entreprise algéro-américaine, mais dans ses moments libres il préfère collaborer avec des entreprises étrangères où la rémunération est bien meilleure. En Algérie, on lui propose encore des tarifs ne dépassant pas les dix mille dinars pour une charte graphique qui nécessite «jusqu'à 2 mois de travail». C'est dire que le développement des compétences nationales dans les TIC, et la réduction du recours à l'étranger, passe nécessairement par une reconnaissance de la valeur d'un travail fourni. Un débat dont on ne peut faire l'économie.