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kredence
14/12/2008, 05h40
Des hôpitaux et des centres de santé totalement paralysés

La grève des praticiens de la santé publique largement suivie

Par Fazila Boulahbal


Les médecins praticiens du secteur public ont entamé hier une grève de 5 jours, à l’appel de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la fonction publique (CNSAFP).

Le taux de participation à cette grève au niveau national est de 81%, selon le secrétaire général de la CNSAFP, le Dr Lyès Merabet.

Tous les services spécialisés des trois hôpitaux d’Alger où nous nous sommes rendus sont à l’arrêt, à savoir ceux de Mustapha, de Mohamed Lamine-Debaghine et de Nafissa-Hamoud.

La chargée de communication de l’hôpital Mustapha, Mme Naciba Djoudi, nous a expliqué que tous les médecins, maîtres assistants et professeurs ont observé un arrêt de travail, à l’exception de ceux du service des urgences.

Notons qu’une assemblée du corps médical a eu lieu hier matin.

«Nous observons officiellement la grève, mais nous respectons les rendez-vous de consultations que nous avons fixés à nos malades. Nous avons un contrat moral qui ne nous permet pas de paralyser complètement notre service.

Certains patients viennent de loin afin d’obtenir un rendez-vous. Cela leur prend parfois 20 à 30 jours pour une simple visite médicale», nous a déclaré un médecin du service de gynécologie.

A l’hôpital Mustapha, une jeune dame, rencontrée en cardiologie, affligée par la maladie de sa mère, nous a fait part de son inquiétude quant à la durée de la grève.

«Cela fait 10 jours que ma mère a été programmée pour une opération au cœur. Il a fallu beaucoup de temps pour lui procurer un pacemaker, et voilà qu’on nous annonce que les médecins observent une grève de 5 jours.

C’est une action illogique qu’ils viennent d’entamer. Beaucoup de malades risquent la mort à cause de ce mouvement», a-t-elle estimé.

Aux hôpitaux Mohamed Lamine-Debaghine et Nafissa-Hamoud, la grève est suivie timidement puisque les médecins travaillent presque normalement.

Un médecin spécialiste abordé au service de pédiatrie de Nafissa-Hamoud nous a confié qu’il ne partageait pas cette façon de sensibiliser le gouvernement.

Il estime que la décision de la CNSAFP d’étaler la grève sur 5 jours est exagérée.

Et de conclure qu’il n’est pas concerné par la grève. De son côté, la CNSAFP a averti la semaine dernière que la durée de la prochaine grève sera plus longue et que les services des urgences seront également touchés, et ce au cas où les pouvoirs publics ne répondraient pas à ses revendications.

Au ministère de la Santé, aucune information n’a filtré hier sur cette nouvelle grève qui touche le secteur.

Il convient de rappeler que les praticiens de la santé publique réclament la révision de la grille des salaires, l’ouverture immédiate du régime indemnitaire, un statut digne pour les professionnels de la santé ainsi que la reconnaissance des syndicats autonomes par le gouvernement comme partenaire social à part entière.

F. B
http://www.jeune-independant.net/pages/indexActualite.htm