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ICOSIUM
06/08/2012, 23h37
Rêves en désordre

Je rêve d’îlots rieurs et de criques ombragées
Je rêve de cités verdoyantes silencieuses la nuit
Je rêve de villages blancs bleues sans trachome
Je rêve de fleuves profonds sagement paresseux
Je rêve de protection pour les forêts convalescentes
Je rêve de sources annonciatrices de cerisaies
Je rêve de vagues blondes éclaboussant les pylônes
Je rêve de derricks couleur de premier ami
Je rêve de dentelles langoureuses sur les pistes brûlées
Je rêve d’usines fuselées et de mains adroites
Je rêve de bibliothèques cosmiques au clair de lune
Je rêve de réfectoires fresques méditerranéennes
Je rêve de tuiles rouges au sommet du Chélia
je rêve de rideaux froncés aux vitres de mes tribus
Je rêve d’un commutateur ivoire par pièce
Je rêve d’une pièce claire par enfant
Je rêve d’une table transparente par famille
Je rêve d’une nappe fleurie par table
Je rêve de pouvoirs d’achat élégants
Je rêve de fiancées délivrées des transactions secrètes
Je rêve de couples harmonieusement accordés
Je rêve d’hommes équilibrés en présence de la femme
Je rêve de femmes à l’aise en présence de l’homme

Je rêve de danses rythmique sur les stades
Et de paysannes chaussées de cuir spectatrices
Je rêve de tournois géométriques inter-lycées
Je rêve de joutes oratoires entre les crêtes et les vallées
Je rêve de concerts l’été dans les jardins suspendus
Je rêve de marchés persans modernisés
Pour chacun selon se besoins
Je rêve de mon peuple valeureux cultivé bon
Je rêve de mon pays sans torture sans prisons
Je scrute de mes yeux myopes mes rêves dans ma prison.


Bachir Hadj Ali

dahmane1
07/08/2012, 03h59
saha ftourek ICOSIUM ou peut etre beaudelaire avec changement de pseudo lol

au_gré_du_vent
07/08/2012, 12h09
Je dééocuvre et j'adore

merci Icosium!

romance
07/08/2012, 18h35
ah genial magnifique bravo :dieu:

ICOSIUM
07/08/2012, 18h48
C’est moi qui vous remercie d’avoir partagé cette poésie de Bachir Hadj Ali, qui est un fleuve d’amour et d’espoir.

ICOSIUM
07/08/2012, 18h50
saha ftourek ICOSIUM ou peut etre beaudelaire avec changement de pseudo lol

Salut Dahmane, non je ne suis pas Baudelaire. Mais j’aime beaucoup la poésie, toi aussi d’ailleurs puisque tu aimes le chaabi, ou je me trompe ?
Fi khatrek ou fikhater Eldjazairiine, Redha Doumaz

http://www.youtube.com/watch?v=1MB1cgI0uws

ICOSIUM
07/08/2012, 23h02
En attendant les barbares
Constantin Cavafis


- Pourquoi nous être ainsi rassemblés sur la place ?
Il paraît que les barbares doivent arriver aujourd’hui.
- Et pourquoi le Sénat ne fait-il donc rien ?
Qu’attendent les sénateurs pour édicter des lois ?
C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui.
Quelles lois pourraient bien faire les Sénateurs ?
Les barbares, quand ils seront là, dicteront les lois.

- Pourquoi notre empereur s’est-il si tôt levé,
et s’est-il installé, aux portes de la ville,
sur son trône, en grande pompe, et ceint de sa couronne ?
C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui.
Et l’empereur attend leur chef
pour le recevoir. Il a même préparé
un parchemin à lui remettre, où il le gratifie
de maints titres et appellations.

- Pourquoi nos deux consuls et les préteurs arborent-ils
aujourd’hui les chamarrures de leurs toges pourpres ;
pourquoi ont-ils mis des bracelets tout incrustés d’améthystes
et des bagues aux superbes émeraudes taillées ;
pourquoi prendre aujourd’hui leurs cannes de cérémonie
aux magnifiques cisclures d’or et d’argent ?
C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui ;
et de pareilles choses éblouissent les barbares.

-Et pourquoi nos dignes rhéteurs ne viennent-ils pas, comme d’habitude,
faire des commentaires, donner leur point de vue ?
C’est que les barbares doivent arriver aujourd’hui ;
et ils n’ont aucun goût pour les belles phrases et les discours.

- D’où vient, tout à coup cette inquiétude
et cette confusion (les visages, comme ils sont devenus graves !)
Pourquoi les rues, les places, se vident-elles si vite,
et tous rentrent-ils chez eux, l’air soucieux ?
C’est que la nuit tombe et que les barbares ne sont pas arrivés.
Certains même, de retour des frontières,
assurent qu’il n’y a plus de barbares.

Et maintenant qu’allons-nous devenir, sans barbares ?
Ces gens-là, en un sens apportaient une solution.

yasmi
07/08/2012, 23h23
T'as déjà écrit des poèmes Ico ?
Se serait sympa de nous les faire partager.

ICOSIUM
07/08/2012, 23h35
T'as déjà écrit des poèmes Ico ?
Se serait sympa de nous les faire partager.
Salut yasmi,
Hélas je n'ai pas ce don,je devrais essayer peut etre?? je partage les oeuvres des autres , c'est sympa aussi, non?.........

yasmi
07/08/2012, 23h44
Salut yasmi,
Hélas je n'ai pas ce don,je devrais essayer peut etre?? je partage les oeuvres des autres , c'est sympa aussi, non?.........

Oui évidement c'est sympa le partage. Mais je t'invite à essayer. tu serais sans doute surpris par toi même.

ICOSIUM
10/08/2012, 22h52
2 octobre 1945

Le vent coule et s’en va,
le même vent ne balance jamais deux fois
la même branche de cerisier.
Les oiseaux gazouillent dans l’arbre :
des ailes qui veulent voler.
La porte est fermée :
il faut la forcer.
C’est toi que je veux :
que la vie soit belle comme toi,
amicale
et pleine d’amour…
Je sais qu’il n’est pas encore fini,
le banquet de la misère.
Il finira pourtant…

Nazim HIKMET
Extrait de Il neige dans la nuit et autres poèmes, éditions Gallimard, 2002, page 62

ICOSIUM
05/09/2012, 21h57
Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

Pablo Neruda
( extrait de "El Canto General")

À propos du »»El Canto General ««
par Guy Wagner

ICOSIUM
15/09/2012, 22h23
J'arrive où je suis étranger
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
L.Aragon

ICOSIUM
28/09/2012, 19h11
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !

Pablo Neruda

mounir27
30/10/2012, 13h03
Poésie …….. Inspiration et délire;[/

Quel delire et quel ecris bravo de tes mots
et merci du partage
Alors a mon tour
ce sont des ecris a moi

dormir..

il dort
Mais dormir parfois trouble l’esprit
l’esprit du malin qui reviens
Alors il faut rester éveillé sinon les idées
vont s’échapper et ce vider
donc le dormeur réveille toi vite
Sinon ton esprit seras vide
et il te quitte

Comment il nous quitte sans meme l'avoir vu
il part ailleurs sans que personne l'ai entendu
il part sans connaitre son nom ..
dormir dans d'autres contrées ou il fait bon
peut etre meilleur qu'ici
Eh oui l'ami tu es partis
si il nous a beaucoup aimé
dit lui de repasser ..


Mounir....

ICOSIUM
31/10/2012, 21h56
Quel delire et quel ecris bravo de tes mots
et merci du partage
Alors a mon tour
ce sont des ecris a moi

dormir..

il dort
Mais dormir parfois trouble l’esprit
l’esprit du malin qui reviens
Alors il faut rester éveillé sinon les idées
vont s’échapper et ce vider
donc le dormeur réveille toi vite
Sinon ton esprit seras vide
et il te quitte

Comment il nous quitte sans meme l'avoir vu
il part ailleurs sans que personne l'ai entendu
il part sans connaitre son nom ..
dormir dans d'autres contrées ou il fait bon
peut etre meilleur qu'ici
Eh oui l'ami tu es partis
si il nous a beaucoup aimé
dit lui de repasser ..


Mounir....


Mes compliments Mounir pour tes écrits, moi je n’ai aucun mérite dans cet art, je lis et je partage ce que j’aime sans plus.

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1er Novembre oblige, dans un autre registre, très épique cette fois ci avec le grand chantre de la Révolution algérienne, le poète Moufdi Zakaria, dont je vous laisse apprécier la poésie, la musicalité et l’émotion et la force du verbe qu’il déclame avec une sensibilité saisissante.




https://www.youtube.com/watch?v=3PV2KTXmj4Q

Missa
26/11/2012, 23h24
bravo .. ! On peut voir une tres riche recherche de termes :)

select
27/11/2012, 11h59
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !

Pablo Neruda

:hi: très beau

ICOSIUM
15/12/2012, 20h18
IN MEMORIAM
J.Prévert

Il est interdit de faire de la musique plus de vingt-quatre heures par jour
ça finira par me faire du tort
Hier au soir un Hindou amnésique
a mis tous mes souvenirs dans une grosse boule en or
et la boule a roulé au fond d’un corridor
et puis dans l’escalier elle a dégringolé
renversant un monsieur
devant la loge de la concierge
un monsieur qui voulait dire son nom en rentrant
Et la boule lui a jeté tous mes souvenirs à la tête
et il a dit mon nom à la place du sien
et maintenant
me voilà tranquille pour un bon petit bout de temps
Il a tout pris pour lui
je ne me souviens de rien
et il est parti sangloter sur la tombe de mon grand-père paternel
le judicieux éleveur de sauterelles
l’homme qui ne valait pas grand chose mais qui n’avait peur de rien
et qui portait des bretelles mauves
Sa femme l’appelait grand vaurien
ou grand saurien peut-être
oui c’est cela je crois bien grand saurien
ou autre chose
est-ce que je sais
est-ce que je me souviens
Tout ça futilités fonds de tiroirs miettes et gravats de ma mémoire
Je ne connais plus le fin mot de l’histoire

Et la mémoire
comment est-elle faite la mémoire
de quoi a-t-elle l’air
de quoi aura-t-elle l’air plus tard
la mémoire
Peut-être qu’elle était verte pour les souvenirs de vacances
peut-être que c’est devenu maintenant un grand panier d’osier sanglant
avec un petit monde assassiné dedans
et une étiquette avec le mot Haut
avec le mot Bas
et puis le mot Fragile en grosses lettres rouges
en bleues
ou mauves
pourquoi pas mauves
enfin grises et roses
puisque j’ai le choix maintenant.

(La Pluie et le beau temps)
Gallimard, 1955

Opera
27/01/2013, 13h25
bravo.........

ahmeddamien
27/01/2013, 14h07
joli...........................................

nassim73
27/01/2013, 14h12
a encourage plutot..............

Opera
29/01/2013, 20h43
oui encourageons

ICOSIUM
11/02/2013, 22h12
http://www.youtube.com/watch?v=qPP4qKELUUU

Le joueur de dés

Qui suis-je pour vous dire
ce que je vous dis ?
Je ne suis pas la pierre façonnée par l’eau
pour que je devienne visage
ni le roseau percé par le vent
pour que je devienne flûte…

Je suis le joueur de dés
je gagne ou je perds
Je suis votre pareil
ou un peu moins…
Je suis né près du puits
et des trois arbres solitaires comme des nonnes
Je suis né sans youyous ni sage-femme
j’ai reçu mon prénom par hasard
Je suis né dans ma famille
par hasard
j’ai hérité de ses traits, de ses qualités
et de ses maladies :
Premièrement – la malformation des artères
Deuxièmement – la timidité en s’adressant à la mère, au père
et à la grand-mère/arbre
Troisièmement – l'espoir de guérir de la grippe
avec une tasse de camomille bien chaude
Quatrièmement – une certaine paresse à parler de la gazelle et de
l’alouette
Cinquièmement – l’ennui pendant les nuits d’hiver
Sixièmement – un échec flagrant de pouvoir chanter…
/…/

Qui suis-je pour vous dire
ce que je vous dis?
Qui suis-je ?

L’inspiration aurait pu me manquer
et l’inspiration est la chance des solitaires.
Le poème est un coup de dés
sur le damier de l’obscurité
Il rayonne ou ne rayonne pas
et les paroles tombent
telles des plumes sur le sable/
/…/

Qui suis-je pour vous dire
ce que je vous dis?
J’aurais pu ne pas être moi
j’aurais pu ne pas être ici…

L’avion aurait pu s’écraser
un matin
J’ai la chance d’être un lève-tard
j’ai raté l’avion
J’aurais pu ne pas connaître Damas, le Caire,
le Louvre ou les villes enchanteresses
extraits/Mahmoud Derwich


Extraits
L’angoisse de la page blanche:
«Quand vous écrivez, vous êtes absolument seul, et personne ne vous aide. Et c’est tant mieux car si vous êtes aidé, vous n’existez plus. Mille poètes habitent chacun de nous. Un poète ne commence jamais de rien, du blanc, mais risque d’y aboutir. En écriture, le blanc n’existe pas. (…° Nul texte poétique n’appartient qu’à celui qui l’a écrit, étant donné que nous portons forcément certains traits, même minimes, de poètes que nous avons lus. Ces traces ne doivent cependant pas faire disparaître nos propres traits. (…) Pour moi, la vraie question, et la plus difficile, reste la suivante: Où, sur la page blanche, ai-je ajouté du nouveau? C’est que la véritable poésie est tellement rare!»
Mahmoud Darwich, Entretiens sur la poésie

Opera
11/02/2013, 22h16
Icosium, allez y , écrivez-nous quelque chose qui vienne de vous...

ICOSIUM
11/02/2013, 22h40
Icosium, allez y , écrivez-nous quelque chose qui vienne de vous...



Merci pour cette invitation, mais Je ne suis pas en mesure d’écrire, par contre j’ai beaucoup de plaisir à lire certains poètes.
NB : je n’ai aucun problème à être tutoyé

Opera
12/02/2013, 10h42
ok pour le tu.
tout le monde peut écrire, c'est un exercice difficile, mais à la portée quand même..

ICOSIUM
14/02/2013, 23h03
ok pour le tu.
tout le monde peut écrire, c'est un exercice difficile, mais à la portée quand même..

il doit y avoir quelques régles à respecter, je suppose,

à moins de se laisser guider par des divagations du genre surréaliste.??

ICOSIUM
22/02/2013, 22h01
LE TEMPS PERDU

Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?
J.Prévert

ICOSIUM
23/02/2013, 18h44
Les heures de Prague

Dans Prague tandis que blanchit l’aube
La neige tombe,
mouillée,
d’un gris de plomb.
Dans Prague doucement s’éclaire le baroque
tourmenté, lointain ;
Dans ses dorures une tristesse noircie.
Sur le Pont Charles les statues
sont des oiseaux venus d’une étoile morte (…)

Dans Prague passe une voiture,
une charrette attelée à un seul cheval,
devant le cimetière juif.
La charrette est chargée
de la nostalgie d’une autre ville
et le charretier c’est moi.
Dans Prague doucement s’éclaire le baroque :
tourmenté, lointain
dans ses dorures une tristesse noircie.
Dans Prague au cimetière juif
la mort silencieuse, muette.
Ô ma rose, ô ma rose
l’exil est pire que la mort…

Nazim Hikmet
Yesenik, le 20/12/1956

Un auteur dont j'adore la poésie

ICOSIUM
26/02/2013, 21h49
POUSSIÈRES DE JUILLET



Le sang
Reprend racine
Oui
Nous avions tout oublié
Mais notre terre
En enfance tombée
Sa vieille ardeur se rallume

Et même fusillés
Les hommes s’arrachent la terre
Et même fusillés
Ils tirent la terre à eux
Comme une couverture
Et bientôt les vivants n’auront plus où dormir

Et sous la couverture
Aux grands trous étoilés
Il y a tant de morts
Tenant les arbres par la racine
Le cœur entre les dents

Il y a tant de morts
Crachant la terre par la poitrine
Pour si peu de poussière
Qui nous monte à la gorge
Avec ce vent de feu

N’ enterrez pas l’ancêtre
Tant de fois abattu
Laissez-le renouer la trame de son massacre

Pareille au javelot tremblant
Qui le transperce
Nous ramenons à notre gorge
La longue escorte des assassins.

K.Yacine

ICOSIUM
05/03/2013, 21h54
Le valet des ripoux de juillet

Écris, valet !

Déverse tes boniments, el ghachis est ameuté

Écris de ton poison, le royaume est en danger

Va ! écris !

Écris ! comme le fussent tes devanciers

Ces bachaghas, ces caïds et ces harkis, autrefois serviteurs zélés de leurs maîtres nourriciers

Te voilà à présent leur héritier, je voulais nommer les serviteurs du royaume d'Alger.

Écris, valet ! Le royaume nourricier est en danger

Écris de ta plume ensorceleuse, car ceux, qui refusent la servitude, sont farouchement indignés

Hocine s’est braqué, les hommes à la nuque raide se sont dressés et la toile a grondé avec sa foule virtuelle déchaînée

Soit reconnaissant envers tes maîtres nourriciers

Écris que nous ne sommes pas ces Rois ripoux, ces Rois sans majesté, ces ripoux de juillet, par quoi nous sommes affabulés, et d’être les ennemis de leur ghachi pouilleux ! dont nous sommes accusés ! et d’avoir cruellement sacrifié !

Pire ! que nous avons trahi le serment de novembre un certain juillet

Va ! Déverse ton élixir captieux

Écris et dit que nous sommes les meilleurs serviteurs de leur ghachi indu, à qui nous sommes dévoués, à lui, à ses peines et à sa patrie,

avili comme il est, il gobera tout ce que tu dis

Va ! dis ! que c’est, en vérité, notre grande famille qui leur a ôté leurs chaînes et les a dotées d’une patrie, d’un gîte et de quoi occuper leurs boyaux, autrefois affamés

Dis que ces gueux sont trompés par la main de l’étranger, et qu’en vérité, se sont nous leurs meilleurs alliés

Écris mieux que ces nuques raides et leurs flèches empoisonnées, dans lesquels, ils incitent leur ghachi morveux à se dresser, dans des tirades bien ajustées, contre ton royaume nourricier

Soit reconnaissant envers tes maîtres protecteurs

Lorgne leurs prouesses et soit carnassier

Lorgne leurs tirades empoisonnées contre ton royaume nourricier :

Debout les attelés, votre dignité est souillée ! et tant pis pour les résignés…

Debout les enchaînés, vos fers ont rouillé ! et tant pis pour les Fatigués...
Youcef Benzatat
Par Le Matin | 04/03/2013

ICOSIUM
14/03/2013, 22h07
Le poète

Avant je circulais dans la vie, un amour
douloureux m'entourait: avant je retenais
une petite page de quartz
en clouant les yeux sur la vie.
J'achetais un peu de bonté, je fréquentais
le marché de la jalousie, je respirais
les eaux les plus sourdes de l'envie,l'inhumaine
hostilité des masques et des êtres.
Le monde où je vivais était marécage marin:
le fleur brusquement, le lis tout à coup
me dévorait dans son frisson d'écume,
et là où je posais le pied mon coeur glissait
vers les dents de l'abîme.
Ainsi naquit ma poésie, à peine
arrachée aux orties, empoignée sur
la solitude comme un châtiment,
ou qui dans le jardin de l'impudeur en éloignait
sa fleur la plus secrète au point de l'enterrer.
Isolé donc comme l'eau noire
qui vit dans ses couloirs profonds,
de main en main, je coulais vers l'esseulement
de chacun, vers la haine quotidienne.
je sus qu'ils vivaient ainsi, en cachant
la moitié des être, comme des poissons
de l'océan le plus étrange, et j'aperçus
la mort dans les boueuses immensités.
La mort qui ouvrait portes et chemins.
La Mort qui se faufilait dans les murs.

P.Néruda

(extraits: Chant général, Les fleurs du Pinataqui, p.381
Gallimard, Collection Poésie.)

ICOSIUM
15/03/2013, 22h37
Symphonie en gris

À Rodolphe Salis.


Plus d'ardentes lueurs sur le ciel alourdi,
Qui semble tristement rêver.
Les arbres, sans mouvement,
Mettent dans le loin une dentelle grise. -
Sur le ciel qui semble tristement rêver,
Plus d'ardentes lueurs. -

Dans l'air gris flottent les apaisements,
Les résignations et les inquiétudes.
Du sol consterné monte une rumeur étrange, surhumaine.
Cabalistique langage entendu seulement
Des âmes attentives. -
Les apaisements, les résignations, et les inquiétudes
Flottent dans l'air gris. -

Les silhouettes vagues ont le geste de la folie.
Les maisons sont assises disgracieusement
Comme de vieilles femmes -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie. -

C'est l'heure cruelle et stupéfiante,
Où la chauve-souris déploie ses ailes grises,
Et s'en va rôdant comme un malfaiteur. -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie. -

Près de l'étang endormi
Le grillon fredonne d'exquises romances.
Et doucement ressuscitent dans l'air gris
Les choses enfuies.

Près de l'étang endormi
Le grillon fredonne d'exquises romances.
Sous le ciel qui semble tristement rêver.

Marie KRYSINSKA (1864-1908)

ICOSIUM
18/03/2013, 22h01
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=VT0xNxw8Bvg#!

ICOSIUM
21/03/2013, 22h31
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=nZqBGX1sdsc

ICOSIUM
28/03/2013, 22h14
À Aurore


La nature est tout ce qu'on voit,
Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.
Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,
Tout ce que l'on sent en soi-même.


Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l'aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu'on la respecte en soi-même.


Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t'aime.
La vérité c'est ce qu'on croit
En la nature c'est toi-même.

G-Sand

ICOSIUM
04/04/2013, 16h29
رباعيات الخيام

غناء أُم كلثوم - شعر أحمد رامي

+++
نادى من الغيب غفاة البشر
سمعت صوتاً هاتفاً في السحر
تملأ كأس العمر كف القدر
هبوا املأوا كأس المنى قبل أن
+++
ولا بآتي العيش قبل الأوان
لا تشغل البال بماضي الزمان
فليس في طبع الليالي الأمان
واغنم من الحاضر لذاته
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وكمْ يَخيبُ الظَنُ في المُقْبِلِ
غَدٌ بِظَهْرِ الغيب واليومُ لي
جَمال دُنيايَ ولا أجتلي
ولَسْتُ بالغافل حتى أرى
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والصَدرُ قد ضاقَ بما لا يُقال
القلبُ قد أضْناه عِشْق الجَمال
والماءُ يَنْسابُ أمامي الزُلال
يا ربِ هل يُرْضيكَ هذا الظَمأ
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وفي ضِرامِ الحُبِّ أنْ يُحرَقا
أولى بهذا القلبِ أن يَخْفِقا
من غير أن أهْوى وأن أعْشَقا
ما أضْيَعَ اليومَ الذي مَرَّ بي
+++
نادى دَعِ النومَ وناغِ الوَتَر
أفِقْ خَفيفَ الظِلِ هذا السَحَر
قَصَرَ في الأعمارَ طولُ السَهَر
فما أطالَ النومُ عُمرأً ولا
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وطال بالأنجم هذا المدار
فكم تَوالى الليل بعد النهار
من أعْيُنٍ ساحِرَةِ الاِحْوِرار
فامْشِ الهُوَيْنا إنَّ هذا الثَرى
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واغْنَمْ من الحاضر أمْنَ اليقين
لا توحِشِ النَفْسَ بخوف الظُنون
غداً، وماضٍ من أُلوفِ السِنين
فقد تَساوى في الثَرى راحلٌ
+++
فإنما الأيام مِثل السَحاب
أطفئ لَظى القلبِ بشَهْدِ الرِضاب
حَظَكَ منه قبل فَوتِ الشباب
وعَيْشُنا طَيفُ خيالٍ فَنَلْ
+++
وحِرتُ فيه بين شتى الفِكر
لبست ثوب العيش لم اُسْتَشَرْ
أُدْرِكْ لماذا جِئْتُ أين المفر
وسوف انضو الثوب عني ولم
+++
وتطلبُ النفسُ حِمى طاعتك
يا من يِحارُ الفَهمُ في قُدرَتِك
صَحَوْتُ بالآمال في رَحمَتِك
أسْكَرَني الإثم ولكنني
+++
فإنني أطمَعُ في رَحْمَتِك
إن لم أَكُنْ أَخلصتُ في طاعتِك
قد عِشْتُ لا أُشرِكُ في وَحْدَتِك
وإنما يَشْفعُ لي أنني
+++
وكل ما في الكونِ من صَنْعَتِك
تُخفي عن الناس سنا طَلعتِك
ترى بَديعَ الصُنْعِ في آيَتِك
فأنت مَجْلاهُ وأنت الذي
+++
ففي مَداهُ مُنْتَهى أَمرِها
إن تُفْصَلُ القَطرةُ من بَحْرِها
مَسافةُ البُعْدِ على قَدرِها
تَقارَبَتْ يا رَبُ ما بيننا
+++
وكاشِفَ الضُرِّ عن البائسين
يا عالمَ الأسرار عِلمَ اليَقين
ظِلِّكَ فاقْبَلْ تَوبَةَ التائبين
يا قابل الأعذار عُدْنا إلى
+++

au_gré_du_vent
04/04/2013, 16h31
j'étais en train de lire cette ouvere de May Zyada:)


http://www.youtube.com/watch?v=oFoXr9rgftU

ICOSIUM
04/04/2013, 16h40
j'étais en train de lire cette ouvere de May Zyada:)


http://www.youtube.com/watch?v=oFoXr9rgftU

:up:,.. j'ai également apprécié, cette accompagnement musical, guitare et violon, merci

au_gré_du_vent
04/04/2013, 16h44
tu vas alors apprecier cette belle oeuvre de Djibran Khalil Djibran

http://www.youtube.com/watch?v=d1zPRFBLkj0

au_gré_du_vent
04/04/2013, 16h46
Icosium, je ne comprends pas bien ta signature
si igonrance est l'antonyme de connaissance
la peur est celui de l'amour???

je ne vois pas comment... can you help me, please?

ICOSIUM
04/04/2013, 16h52
tu vas alors apprecier cette belle oeuvre de Djibran Khalil Djibran

http://www.youtube.com/watch?v=d1zPRFBLkj0

j'ai toujours lu G. Khalil en francais, , ............ mon arabe est comme çi comme ça, et je le regrette beaucoup, je trouve la poésie arabe d'une musicalité fantstique

au_gré_du_vent
04/04/2013, 16h56
je ne te le fais pas dire:)

c'est une des plus belles langues je trouve, même si elle n'est pas mienne:)
j'ai toujours lu G. Khalil en francais, , ............ mon arabe est comme çi comme ça, et je le regrette beaucoup, je trouve la poésie arabe d'une musicalité fantstique

ICOSIUM
04/04/2013, 21h49
Icosium, je ne comprends pas bien ta signature
si igonrance est l'antonyme de connaissance
la peur est celui de l'amour???

je ne vois pas comment... can you help me, please?

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Je comprends ton questionnement. Après un début de phrase clair et cohérent, la réflexion se termine une opposition de deux mots apparemment sans lien direct -peur et amour-
Je pense que leur emploi est au sens métaphorique.
Si la peur pousse l’individu naturellement à la méfiance et à l’isolement, l’amour, ne peut en être que l’antonyme. C’est du moins la lecture que j’en fais.


L’auteur, F. Lenoir a certainement la meilleure réponse.:)

au_gré_du_vent
04/04/2013, 22h29
c'est une bonne lecture je trouve...

quand on a peur on se construit des barrières....


quand on aime, on baisse les armes

Merci:)

Parlant d'antonymes et contraires, je pense notamment à ce qu'a ditPatricia Bourrié: Le contraire de l'amour ce n'est pas la haine mais l'indifférence...


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Je comprends ton questionnement. Après un début de phrase clair et cohérent, la réflexion se termine une opposition de deux mots apparemment sans lien direct -peur et amour-
Je pense que leur emploi est au sens métaphorique.
Si la peur pousse l’individu naturellement à la méfiance et à l’isolement, l’amour, ne peut en être que l’antonyme. C’est du moins la lecture que j’en fais.


L’auteur, F. Lenoir a certainement la meilleure réponse.:)

ICOSIUM
05/04/2013, 22h46
je pense à Feraoun
sourire figé dans la circoncision du soleil
ils ont peur de la vérité
ils ont peur des plumes intègres
ils ont peur des hommes humains
et toi Mouloud tu persistais à parler
de champ de blé pour les fils du pauvre
à parler de pulvériser tous les barbelés
qui lacéraient nos horizons

(...)

un jour enfin Mouloud la bonté triompha
et nous sûmes arborer le trident du soleil
et nous sûmes honorer la mémoire des morts
car
avec
tes mains glaneuses des mystères de l'Aube
et ton visage rêveur de barde invétéré
tu as su exhausser nos vérités
écrites en pans de soleil
sur toutes les poitrines qui s'insurgent

T. Djaout

au_gré_du_vent
13/04/2013, 17h43
http://www.youtube.com/watch?v=9sY6Wg9iAig

mounir27
17/04/2013, 06h38
Hummm je li des passionnés de la poesie arabe tout comme moi
merci a vous ......

Poème inachevé pour définir l'amour

Quand j'ai fait route sur tes mers, ma reine
je ne regardais pas les cartes
je ne portais de canot ni de bouée
mais j'ai vogué vers ton feu comme un bouddha
et j'ai choisi mon destin
Mon bonheur était d'écrire à la craie
mon adresse sur le soleil
et sur tes seins de construire les ponts

Lorsque j'ai commencé de t'aimer
j'ai vu les cerises rouges de notre jardin
comme des boules de braise
les poissons apeurés par l'hameçon des enfants
affluer par millions sur nos plages et déposer leurs oeufs
J'ai vu les peupliers s'élever vers le ciel
le temps s'ouvrir
et Dieu revenir enfin sur la terre

Nizar Kabbani

ICOSIUM
17/05/2013, 21h50
Chant triste pour une Algérie défunte.

Deux cent silences
rejoignent le silence

Deux cent regards
à jamais pétrifiés

Des millions de mutismes
froids de ne vouloir
sauver le juste de l'injuste
le vivant de l'innommable
Absolvent les bourreaux

C'est la mémoire indifférente
abdiquant la puissance du verbe
devant mille girons maternels
spoliés de leur douceur .

***

O peuple de l'arrière-monde du monde
existe-t-il un présent à l'impensable
verras-tu un lendemain à l'obscur

Où dormiras-tu du sommeil des morts apaisés
si nul ne prononce ton nom
ni ne calme les gerçures de tes mains
ni ne convie au banquet de midi
la fraîcheur de l'ombre que tu aimas

***

Sache qu'ici les morts sont moins morts
leur poids fustige toute mesure

Ils cessent même d'être morts
à leur guise se fabriquent les légendes

Un seul corps éteint sous les feux de la rampe
efface des monceaux de cadavres .


Abdelkader Zibouche