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ICOSIUM
22/08/2012, 19h28
"DIVORCE À LA MUSULMANE à VIALE MARCONI" D’AMARA LAKHOUS
Une comédie à l’italienne
Par : Sara Kharfi

Anthropologue de formation, l’auteur continue de réfléchir sur les problématiques de la mémoire et de l’identité, d’explorer le rapport à l’Autre, de défendre le droit à la différence, dans un contexte mondialisé, de choc des civilisations.

La chose la plus importante dans la structure d’une comédie est la chute. Dans "Divorce à la musulmane à Viale Marconi" d’Amara Lakhous, la chute est excellente. C’est même un coup de théâtre ! Après avoir introduit son lecteur dans le quartier haut en couleur de Viale Marconi où plusieurs nationalités évoluent, l’auteur le surprend.
Amara Lakhous, installé à Rome (Italie) depuis 1995, adopte le même mode opératoire que pour "Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio", son premier roman. "Divorce à la musulmane à Viale Marconi" a d’abord été écrit en arabe, et édité en 2010 par Ikhtilef (Algérie), sous le titre "Al Qahira Essaghira", puis l’auteur qui a reçu en 2008 le prix des Libraires algériens, l’a réécrit en italien.
En juin 2012, les éditions Barzakh (Algérie), dans le cadre d’un partenariat de coédition avec l’éditeur français Actes Sud, a publié la traduction française. Ce roman, écrit dans un style empathique, et dont le titre rend hommage à un classique du cinéma italien à savoir "Mariage à l’italienne" (1964) de Vittorio De Sica, s’intéresse à Christian Mazzari, un jeune Sicilien sans histoire qui travaille dans un tribunal à Rome, et qui maîtrise parfaitement l’arabe puisque son grand-père est né en Tunisie, et ne l’a quitté qu’à l’adolescence. Un jour de l’année 2005, il est approché par les services secrets italiens qui lui confient une mission d’une importance capitale : la sécurité du territoire est menacée par un groupe d’émigrants musulmans qui préparent des opérations terroristes visant à détruire des monuments italiens. Giuda, son contact, l’informe que le lieu où se prépare cette opération est le taxiphone "Little Cairo", situé dans le quartier de Marconi.
Christian le Sicilien devient ainsi, pour les besoins de cette opération, Issa le Tunisien. Tout semble aller pour le mieux dans cette opération d’infiltration jusqu’au moment où l’amour vient tout transformer. Issa le Tunisien tombe sous le charme de Sofia l’égyptienne, qui rêve de devenir coiffeuse.
On ne dira pas davantage sur les aventures de Christian/Issa, en proie à plusieurs questionnements. Avec ce roman, Amara Lakhous, anthropologue de formation, continue de réfléchir sur les problématiques de la mémoire et de l’identité, d’explorer le rapport à l’Autre, de défendre le droit à la différence, dans un contexte mondialisé, de choc des civilisations.
Il esquisse une réflexion sur la diversité, et son sens, en se jouant de tout ce que peut intégrer le concept d’identité. Il commence par le nom du personnage principal qu’il transforme à chaque fois : Dans "Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio", le protagoniste central, Ahmed, est devenu Amedeo ; dans ce nouveau texte, Christian devient Issa.
Amara Lakhous, souvent ironique, parfois sans concessions, propose un roman subtil, avec des jeux de rôles, des situations parfois décapantes, et des personnages ordinaires qui sollicitent bien souvent l’indulgence et la bienveillance du lecteur.

ICOSIUM
22/08/2012, 20h42
Un des arts majeurs de l’art de l’Islam, la calligraphie.


http://www.youtube.com/watch?v=x3DvrfkFGSc

ICOSIUM
22/08/2012, 21h22
Une autre leçon de calligraphie de très haut niveau, à en juger par le nom de l’artiste c’est sûrement un Turc, pas étonnant quand on sait que les meilleures écoles de calligraphie sont Irakiennes ou Turques


http://www.youtube.com/watch?v=q1MMy6amnuI&feature=fvwrel

ICOSIUM
23/08/2012, 21h59
Alors un homme riche dit, Parlez-nous du Don.
Et il répondit :

Vous donnez, mais bien peu quand vous donnez de vos possessions.

C'est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez véritablement.

Car que sont vos possessions, sinon des choses que vous conservez et gardez par peur d'en avoir besoin le lendemain ?

Et demain, qu'apportera demain au chien trop prévoyant qui enterre ses os dans le sable sans pistes, tandis qu'il suit les pèlerins dans la ville sainte ?

Et qu'est-ce que la peur de la misère sinon la misère elle-même ?

La crainte de la soif devant votre puits qui déborde n'est-elle pas déjà une soif inextinguible ?

Il y a ceux qui donnent peu de l'abondance qu'ils possèdent - et ils le donnent pour susciter la gratitude et leur désir secret corrompt leurs dons.

Et il y a ceux qui possèdent peu et qui le donnent en entier.

Ceux-là ont foi en la vie et en la générosité de la vie, et leur coffre ne se vide jamais.

Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.

Et il y a ceux qui donnent dans la douleur, et cette douleur est leur baptême.

Et il y a ceux qui donnent et qui n'en éprouvent point de douleur, ni ne recherchent la joie, ni ne donnent en ayant conscience de leur vertu.

Ils donnent comme, là bas, le myrte exhale son parfum dans l'espace de la vallée.

Par les mains de ceux-là Dieu parle, et du fond de leurs yeux Il sourit à la terre.

Il est bon de donner lorsqu'on vous le demande, mais il est mieux de donner quand on vous le demande point, par compréhension ;

Et pour celui dont les mains sont ouvertes, la quête de celui qui recevra est un bonheur plus grand que le don lui-même.

Et n'y a-t-il rien que vous voudriez refuser ?

Tout ce que vous possédez, un jour sera donné ;

Donnez donc maintenant, afin que la saison du don soit la vôtre et non celle de vos héritiers.

Vous dites souvent : "Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent".

Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.

Ils donnent de sorte qu'ils puissent vivre, car pour eux, retenir est périr.

Assurément, celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits est digne de recevoir tout le reste de vous.

Et celui qui mérite de boire à l'océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau.

Et quel mérite plus grand peut-il exister que celui qui réside dans le courage et la confiance, et même dans la charité, de recevoir ?

Et qui êtes-vous pour qu'un homme doive dévoiler sa poitrine et abandonner sa fierté, de sorte que vous puissiez voir sa dignité mise à nu et sa fierté exposée ?

Veillez d'abord à mériter vous même de pouvoir donner, et d'être un instrument du don.

Car en vérité c'est la vie qui donne à la vie - tandis que vous, qui imaginez pouvoir donner, n'êtes rien d'autre qu'un témoin.

Et vous qui recevez - et vous recevez tous - ne percevez pas la gratitude comme un fardeau, car ce serait imposer un joug à vous même, comme à celui qui donne.

Elevez-vous plutôt avec celui qui vous a donné par ses offrandes, comme avec des ailes.

Car trop se soucier de votre dette est douter de sa générosité, qui a la terre bienveillante pour mère, et Dieu pour père.

Khalil Gibran Khalil

yasmi
23/08/2012, 22h01
J'aime bien cet auteur, même si j'ai jamais eut l'occasion de ire une de ces oeuvres, laquelle me conseillerais tu ?

ICOSIUM
23/08/2012, 22h15
J'aime bien cet auteur, même si j'ai jamais eut l'occasion de ire une de ces oeuvres, laquelle me conseillerais tu ?
je n'ai pas tout lu de lui, mais j'aime le "prophete", ce que je viens de mettre en ligne en est un aperçu.

yasmi
23/08/2012, 22h23
je n'ai pas tout lu de lui, mais j'aime le "prophete", ce que je viens de mettre en ligne en est un aperçu.

Je verrais merci Ico ...

au_gré_du_vent
26/08/2012, 18h18
un tres beau txte que 'leprophete" du grand Khalil Gibran!
je me rappelle avoir retranscritt qlq part certains de ces passages, du temps ou on ecrivait encore à la main :lol:
car maintenant ça google/ copie et colle:)

Je vous coipe-colle donc ce passage qui est, à ce que je ressens à l'image du forum FAM ces derniers jours :icon_mrgreen:
Altamira reprit : parle-nous de l'Amour.
Il releva la tête, considéra la foule, soudain tranquille. Il parlait d'une voix puissante :
Quand l'Amour te fait signe, suis-le,
Même si ses voies sont escarpées et pénibles.
Quand ses ailes te couvriront, cède-lui,
Même si te blesse l'épée cachée dans ses ailerons.
Lorsqu'il te parlera, crois-le,
Même si sa voix dévaste tes rêves, tel le vent du Nord au jardin.

Car l'amour couronne, mais il te crucifiera aussi. Il servira à ta croissance comme à ton ébranchage.
S'il jaillit jusqu'à ta cime, caresse tes branches très tendres qui frémissent au soleil,
Il descendra jusqu'aux racines pour secouer leur étreinte dans la terre.
Telles des gerbes de blé il te recueille en lui.
Il te bat pour te mettre à nu.
Il te passe au crible pour t'affranchir des mortes peaux.
Il te moud jusqu'à la blancheur.
Il te pétrit pour une parfaite fluidité ;
Enfin, il te confie à son feu sacré, que tu deviennes le pain sacré de Dieu.

Tout cela, l'amour vous le fera afin que vous sachiez les secrets de votre cœur et deveniez, par cette connaissance, un fragment du cœur de la vie.

Mais pénétré de crainte, tu voudrais ne chercher que la paix et le plaisir de l 'amour,
Alors il vaut mieux couvrir ta nudité, passer au large de son aire,
Dans ce monde sans saison où tu riras, mais pas de tout ton rire, pleureras, mais pas de toutes tes larmes.
L'amour ne donne rien que lui, ne prends rien que lui.
L'amour ne possède pas et ne veut pas l'être ;
Car il se suffit à lui-même.

Quand tu aimes, tu ne saurais dire : " Dieu repose dans mon cœur ", mais plutôt : " Je repose dans le cœur de Dieu. "
Et ne crois pas pouvoir diriger le cours de l'amour car c'est lui, s'il t'en trouve digne, qui te dirigera.

L'amour n'a pas d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si tu aimes et s'il te faut nourrir des désirs, aie donc ceux-ci :
Fondre et courir comme le torrent qui chante pour la nuit.
Connaître la douleur d'une trop riche tendresse.
Etre blessé par ta propre compréhension de l'amour ;
Saigner volontiers et dans la joie.
T'éveiller à l'aube, le cœur ailé, rendre grâces pour ce nouveau jour d'amour ;
Reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour ;
Regagner ton gîte le soir, avec gratitude ;
Puis t'endormir avec au cœur une prière pour la bien-aimée, la louange sur les lèvres.

au_gré_du_vent
26/08/2012, 18h24
et un autre passage!
c'est de ta faute Icosium! Tu me rappelles une periodde ma vie!:)


Une femme dit alors:



"Parle-nous de la Joie et de la Tristesse."



Il répondit:



Votre joie est votre tristesse sans masque.

Et le même puits d'où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes.

Comment en serait-il autrement ?

Plus profonde est l'entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter.

La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ?

Le luth qui console votre esprit n'est-il pas du même bois que celui creuse par les couteaux ?

Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre cœur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n'est autre que ce qui causait votre tristesse.

Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre cœur. Vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices.



Certains parmi vous disent: "La joie est plus grande que la tristesse", et d'autres disent: "Non, c'est la tristesse qui est la plus grande."

Moi je vous dis qu'elles sont inséparables.

Elles viennent ensemble, et si l'une est assise avec vous, a votre table, rappelez-vous que l'autre est endormie sur votre lit.



En vérité, vous êtes suspendus, telle une balance, entre votre tristesse et votre joie.

Il vous faut être vides pour rester immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulève pour peser son or et son argent dans les plateaux, votre joie et votre tristesse s'élèvent ou retombent.



Khalil Gibran

ICOSIUM
01/09/2012, 23h20
Culture , 30 Août 2012 09:50
“ZABANA !” DE SAÏD OULD KHELIFA
Le martyr qui ne voulait pas de larmes
Par : Sara Kharfi

Ahmed Zabana, figure martyre de la Révolution, rendue emblématique par le fait qu’il a été le premier à être condamné à la guillotine par la justice coloniale et par le fait qu'il ne voulait pas qu'on le pleure, est ressuscité, en 2012 — année du cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie —, par la caméra de Saïd Ould Khelifa.

Le long métrage a été projeté pour la presse, mercredi matin, à la salle El-Mouggar. Une avant-première est prévue pour ce soir à 19 heures. La commercialisation du film se fera en octobre prochain. Dans ce long métrage où l’on a du mal à déceler la part fictionnelle de la réalité, le réalisateur revient sur les étapes marquantes du parcours de Ahmed (ou Hmida) Zabana : l’attaque de la Poste centrale d’Oran, en avril 1949 ; l’assassinat du garde forestier, François Braun, la nuit du 1er Novembre 1954  ; son arrestation au niveau de la grotte Boudjelida qui servait de poste de commandement au FLN ; le procès injuste durant lequel le fait colonial a atteint des cimes ; la prison de Barberousse (Serkadji) ; et enfin, son exécution, le 19 juin 1956. Zabana ! montre la torture dans ce qu’elle a de plus dégradant et abject. Pour la première fois au cinéma, elle est montrée sous ses aspects politiques avec la mise en scène de la figure de François Mitterrand, ministre français de la Justice de l’époque, qui était favorable à la guillotine.
Le film restitue une scène du Conseil des ministres, du 15 février 1956, où celui qui deviendra le président de la République française vote favorablement pour la mise à mort, contrairement à, par exemple, Pierre Mendès-France. Le procès de Zabana est une autre étape marquante dans ce long métrage. L’avocat de la défense n’hésite pas à faire le procès de la colonisation. Maître Thuvenny relèvera également l’incohérence de la France coloniale, qui considère ceux qui se sont élevés contre le régime nazi comme étant des “résistants”, alors que les Algériens qui luttaient pour le recouvrement de leur indépendance comme étant des “terroristes”. Outre ces faits d’histoire, Saïd Ould Khelifa restitue des situations plus intimes, des scènes de la vie d’Ahmed Zabana, qui était un homme plutôt réservé et d’un tempérament calme. Le film s’intéresse au rapport du premier guillotiné de la guerre de Libération nationale, avec Ali Zamoum, à la prison de Barberousse, mais à aucun moment, le réalisateur ne nous montre que cet acteur de l’histoire est aussi un personnage-clé dans le film. Zabana ! qui sous-entend que l’exécution d’Ahmed Zabana et d’Abdelkader Ferradj est l’une des raisons qui ont fait éclater la Bataille d’Alger, exprime, timidement, les divergences idéologiques du FLN avec le MNA, mais ne va pas jusqu’à la confrontation, comme l’avait osé Rachid Bouchareb dans Hors-la-loi (2009). Zabana ! est un film qui donne également la chance aux jeunes comédiens. Imed Benchenni, en Zabana pondéré, est une “gueule” qui vient du théâtre, et qui a bien campé son rôle. Le casting est également rehaussé par des participations de comédiens prometteurs (comme Abdelkader Djeriou qui a incarné le rôle de Maître Zertal), des comédiens étrangers (comme la participation exceptionnelle d’Anne Richard) et des comédiens algériens chevronnés (à l’exemple de Mohamed et Fadéla Hachemaoui, Mustapha Ayad, et Khaled Benaïssa). Côté scénario, si Azeddine Mihoubi restitue des faits marquants dans le parcours du révolutionnaire, Ahmed Zabana, le scénario manque de dialogues et de vitalité. Le silence est parfois trop pesant, et il semblerait que le scénariste n’ait pas pris beaucoup de liberté dans l’écriture. Le résultat à cela est que le spectateur a parfois du mal à saisir la complexité du personnage. En plus d’une belle image, Saïd Ould Khelifa a essayé de faire un film d’auteur (avec des plans plutôt serrés, des focalisations, des lenteurs, etc.), en tentant de cerner la psychologie du personnage et la transmettre à son spectateur. Durant 110 minutes, ce film, produit par Laith Media, construit un propos différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans les productions cinématographiques qui ont trait à l’histoire. Le discours n’est pas sommaire, il est plutôt subtil et tout en finesse. Il est surtout porté par un propos et des propositions esthétiques, notamment avec la fin, magistralement bien ficelée et filmée. Une véritable symphonie de l’horreur où Saïd Ould Khelifa restitue le réel, sans le travestir, et sans encombrer son spectateur de pathos et de mots inutiles. Et c’est ce qui crée l’émotion.
La prouesse, à l’intérieur de la prison du moins, est que le film a réussi à nous peindre des personnages humains, qui expriment leurs sentiments. Zabana ! est un film complexe.
Il s’ouvre sur une succession d’images et d’étapes de la vie du héros de la guerre de Libération, il se termine par une fin extraordinaire, qui fait oublier toutes les faiblesses du film. Un bel hommage à un homme qui est mort le 19 juin 1956. Mais cette même date est un début : Zabana est entré dans l’Histoire, lui qui avait écrit, dans la dernière lettre adressée à ses parents : “Ne me pleurez pas, soyez fiers de moi.”
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Une des heureuses retombées de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance, sera au moins la réalisation de films et documentaires sur notre passé durant la guerre de libération.
L’Algérie d’aujourd’hui et surtout les jeunes ont besoin de connaitre leur histoire et surtout les héros de la guerre et les sacrifices consentis par ces derniers pour une vie dans la dignité et l’indépendance. Sauront -ils s'en inspirer?? et comprendre qu'il n'y pas que le t'bisniss dans la vie;................“Ne me pleurez pas, soyez fiers de moi.”
Allah yerhem Echouhada

ICOSIUM
02/09/2012, 23h05
Ô CASBAH MA PEAU

je lègue mon âme aux mille acres de terres vaillantes
mes yeux mes mains mon sexe ma peau et mon ocre

j'offre mes arcanes ancestrales des blancs de la chaux
au feu qui réanime mes doigts griffeurs sur le miroir
qui reflète les vestiges de la sphère évanouie

chaque rêve muré de sursauts étreint ma gorge
j'ai franchi le seuil de l'impasse Médée
dans mon lit dort la tenaille du vieux sabre

vient à ma rencontre la filante lueur de la rue du chagrin
toutes les nuits elle danse nue sur mes épaules excédées
elle forme les voutes imbibées de tourments enflammés

la pierre tombante fait suinter le pourpre de l'age ottoman
elle saigne à flot dans les petits ponts de la cité vierge
en goutte à goutte elle distille le sérum de la force

mon amour adossé aux signes des portes bienveillantes
ah si le feuillet virginal de l'espérance
pouvait atteindre le seuil de mon asile
afin que le filon de ma racine s'élève
jusqu'aux terrasses des amants

je vois le mur au-dessous du tag s'écarquiller
l'enfant à même le sol dessine une marelle
il joue son rêve préfacé par les cris sautant sur des numéros

en haut de Bab Djedid crèche l'escadron de la fortune
à la Casbah pleure une fontaine dépourvue de l'eau
au marché du linceul les fauchés méditent leur dernier voyage


le désordre humain loge dans ma valise
je grave infiniment la mémoire de l'ombre
au rythme des saisons ponctuelles
celles qui n'obéissent guère à l'horloge maligne
quand j'écoute le murmure du vent
et l'écoulement de l'air
toutes les brumes virent au soleil levant
je pleure alors le soleil couchant

KAMEL YAHIAOUI

ICOSIUM
07/09/2012, 21h12
http://www.youtube.com/watch?v=iI9ZUBgoYas

au_gré_du_vent
09/09/2012, 14h51
j'adore le ecrits de Mahmoud Darwiche, Ahmed Mattar, Nizar Qibbani
Merci Icosium!

encore lui dans 'tounsa ka annaka lem takoun'


http://www.youtube.com/watch?v=BNoydU4wDrk&feature=related

au_gré_du_vent
09/09/2012, 14h53
Ahmed Mattar dans 'Leve Saladdin'

http://www.youtube.com/watch?v=bARbfUwdGOQ

ICOSIUM
10/09/2012, 22h19
http://www.youtube.com/watch?v=v2-56MELhHw&feature=related

Salut,........... Eolienne,-.........
comment ne pas aprécier ce Chef d'oeuvre?? bonne déléctation de ce grand poéme avec Nizar el Kabani et sa Balkis

au_gré_du_vent
11/09/2012, 12h35
superbe Nizar!
Eolienne, j'aime bien aussi:lol:


http://www.youtube.com/watch?v=v2-56MELhHw&feature=related

Salut,........... Eolienne,-.........
comment ne pas aprécier ce Chef d'oeuvre?? bonne déléctation de ce grand poéme avec Nizar el Kabani et sa Balkis

au_gré_du_vent
11/09/2012, 12h57
Un texte dont la force des mots me transporte et me perce le coeur!
J'aurais aimé être capable de m'exprimer comme cela!!!
En voci un extrait
J'accuse... !

LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Par EMILE ZOLA

LETTRE A M. FELIX FAURE

Président de la République



Monsieur le Président,

Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait un jour, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?

Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les coeurs. Vous apparaissez rayonnant dans l'apothéose de cette fête patriotique que l'alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom - j'allais dire sur votre règne - que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d'oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c'est fini, la France a sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime social a pu être commis.

Puisqu'ils ont osé, j'oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j'ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis.

Et c'est à vous, monsieur le Président, que je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte d'honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l'ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n'est à vous, le premier magistrat du pays ?

*

* *

La vérité d'abord sur le procès et sur la condamnation de Dreyfus.

Un homme néfaste a tout mené, a tout fait, c'est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant. Il est l'affaire Dreyfus tout entière, on ne la connaîtra que lorsqu'une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il apparaît comme l'esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d'intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves accablantes. C'est lui qui imagina de dicter le bordereau à Dreyfus ; c'est lui qui rêva de l'étudier dans une pièce entièrement revêtue de glaces ; c'est lui que le commandant Forzinetti nous représente armé d'une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de l'accusé endormi, pour projeter sur son visage un brusque flot de lumière et surprendre ainsi son crime, dans l'émoi du réveil. Et je n'ai pas à tout dire, qu'on cherche, on trouvera. Je déclare simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d'instruire l'affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l'ordre des dates et des responsabilités, le premier coupable de l'effroyable erreur judiciaire qui a été commise.

...
Lettre au Prsident de la Rpublique "J'accuse" d'Emile ZOLA pour la dfense de Dreyfus (http://www.cahiers-naturalistes.com/jaccuse.htm)

au_gré_du_vent
12/09/2012, 18h33
la poesie de Mahmoud Darwish accompagnée de la belle musique du et trio Djoubrane dans 'Attends-la"

http://www.youtube.com/watch?v=KqpFRQYK7T0&feature=related

ICOSIUM
13/09/2012, 09h54
[QUOTE=au_gré_du_vent;111439]la poesie de Mahmoud Darwish accompagnée de la belle musique du et trio Djoubrane dans 'Attends-la"

merci pour le partage,:good:

les voilà les trois frères Joubran,………….grandioses et virtuoses,


http://www.youtube.com/watch?v=MTdaeBiDGZ8

Entre la foi et l'incrédulité, un soufle ;
Entre la certitude et le doute, un souffle.
Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis,
car la vie elle-même est dans le souffle qui passe.
khayam

au_gré_du_vent
14/09/2012, 18h43
les voilà les trois frères Joubran,………….grandioses et virtuoses,
ils sont superbes c'est vrai!
ils servent la cause de leur pays à travers leur passion!




Entre la foi et l'incrédulité, un soufle ;
Entre la certitude et le doute, un souffle.
Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis,
car la vie elle-même est dans le souffle qui passe.
khayam
ruba3yates el Khayam, ces fameux quatrains beaux et entourés de tant de mystere!

le fou
15/09/2012, 09h11
l'ecole de l'amour

Votre amour, madame, m'a fait entrer dans les cités des tristesses
Et moi avant vous je ne suis jamais allé dans les cités des tristesses
Je n'ai jamais su que les larmes sont l’être humain
que l'humain sans tristesse n'était que le souvenir d'un humain

Votre amour m'a apprit a être triste
Et moi depuis des siècles j’avais besoin d’une femme qui me rend triste
une femme qui je pleurerai sur ses bras comme un oiseau
Une femme qui rassemble mes parties comme les morceaux d'un vase brisé
Votre amour chère dame m'a apprit les pires manières
Il m'a apprit a regarder ma tasse mille fois en une nuit (1)
tenter les remèdes des guérisseurs et frapper aux portes des voyantes
Il m'a apprit à sortir de chez moi pour brosser les trottoirs des ruelles
Et poursuivre votre visage sous la pluie et entre les feux des automobiles
A collecter de vos yeux des millions d'étoiles
O femme, qui a assommer le monde, O ma douleur, O douleur des Nays (2)

Votre amour, madame, m'a fait pénétrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais pas qu'est ce que la tristesse
Je n'ai jamais su que les larmes sont l'être humain
que l' humain sans tristesse n'était que l'ombre d'un humain

Votre amour m'a apprit a me comporter comme un petit enfant
A dessiner votre visage avec la craie sur les mures
O Femme qui a renversé mon histoire
Je suis égorgé en vous d'un artère à l’autre
Votre amour m'a apprit comment l’amour peut modifier la carte du temps
Il m'a apprit que lorsque j'aime, la terre cesse de tourner
Votre amour m'a apprit des choses dont je n'aurai jamais penser

J'ai lu les contes d'enfants
je suis rentrer dans les palais vierges des rois
et j'ai rêvé d'épouser la fille du sultan
celle dont les yeux sont plus claires que l'eau des fontaines
celle dont les lèvres sont plus succulentes que les roses de grenadines
et j'ai rêvé de l'enlever comme les chevaliers
et j’ai rêvé de lui offrir des paniers de perles et de « morgane »
votre amour m'a apprit chère dame ce qu’est le délire
Il m'a apprit comment l’âge passe
sans que la fille du sultan vienne......
.
NIZAR QABBANI

ICOSIUM
24/09/2012, 19h42
AMIN ZAOUI À «LIBERTÉ»
«Mon écriture est basée sur ce que j’appelle l’oralité»
Par : Sara Kharfi
Bien qu’absent depuis un temps des activités du Sila, l’écrivain était présent samedi dernier au stand des éditions Barzakh pour procéder à la dédicace de son dernier roman, «le Dernier juif de Tamentit». Ce qui a attiré un grand nombre de lecteurs, venus rencontrer le romancier ou se faire dédicacer ce roman met en scène deux amoureux qui traversent les âges pour (se) raconter des histoires. Dans cet entretien, il revient sur les grandes thématiques qui traversent son écriture.
Liberté : Dans «le Dernier juif de Tamentit», on retrouve vos thématiques habituelles (sexe, religion). Au-delà de cela, on y lit comme un message de tolérance et de dialogue interreligieux…
Amin Zaoui : Personnellement, je ne vends pas l’évènement. Ce livre a été entamé en 2009 et a été achevé en 2010. Il est tombé avec ce qui se passe dans le monde arabo-musulman, avec ce qui se passe maintenant en Europe, mais c’est un roman qui pose la question de la tolérance et de l’intolérance, non pas d’un point de vue idéologique mais avec plutôt un point de vue historique, anthropologique, ethnologique et en même temps, symbolique. J’ai essayé de découvrir un peu cette Algérie plurielle, cette Algérie profonde, dont malheureusement la nouvelle génération –même des intellectuels- ne connait pas. On ignore un peu cette Algérie profonde, cette histoire de tolérance, de pluralité, du vivre-ensemble. Je crois aussi que les guerres interreligieuses sont les plus atroces. Et la haine la plus profonde c’est la haine des religions. Le roman essaie de poser ces questions, dans un parcours historique. Ce sont toutes ces choses qui sont un peu romancée. C’est un peu dans la fabulation, l’imagination, les fantasmes, etc.
Il y a aussi le rapport au corps…
Le roman pose cette question d’une façon un peu symbolique. On ne peut pas être dans un amour tolérant, dans une situation charnelle de corps à corps si on n’est pas tolérant vis-à-vis de l’autre. Le couple du roman, il est différent de religion et de conviction, mais comme il y a cette tolérance, le corps s’y mets aussi, dans cette mouvance, cette fluidité sentimentale. La tolérance et la complicité dans le couple du roman est dû je crois au respect du corps féminin et masculin. C’est une complicité…………………..
«Mon écriture est basée sur ce que j (http://www.liberte-algerie.com/culture/mon-ecriture-est-basee-sur-ce-que-j-appelle-l-oralite-amin-zaoui-a-liberte-185938)
C’est ce qui a présidé le choix de votre titre qui est en quelque sorte, pour reprendre votre métaphore de tout à l’heure, une serrure où l’on peut essayer plusieurs clefs ?
Une serrure où il faut trouver la clé, tout à fait. C’est un titre symbolique qui engendre ou suscite plusieurs questions : est-ce que vraiment il y a le dernier juif ? Est-ce qu’il est juif ou musulman ?, etc. C’est en quelque sorte la question du religieux. On est bien dans une religion si on respecte l’autre religion, si on est tolérant avec notre religion, c'est-à-dire si on est dans la culture de la spiritualité dans cette religion. Si on n’est pas en paix avec notre religion, on est en guerre avec les autres aussi.
Il y a une confusion voulue de votre part, semble-t-il, entre le Judaïsme et l’Islam……………..
Lire la suite :
«Mon écriture est basée sur ce que j (http://www.liberte-algerie.com/culture/mon-ecriture-est-basee-sur-ce-que-j-appelle-l-oralite-amin-zaoui-a-liberte-185938)

ICOSIUM
28/09/2012, 22h07
Adel Abdessmed quitte l’Algérie en 1994, quelques jours après l’assassinat du directeur de l’École des Beaux-Arts d’Alger Ahmed Asselah et de son fils, dans l’enceinte de l’établissement, où il poursuivait des études depuis 1990.
Quand il débarqua en France en 1994, une rampe de lancement vers l’universalité qu’ont emprunté nombreux algériens, Abdessemed a poursuivi sa production à Lyon dans École des Beaux-Arts où il resta jusqu’en 1998. Puis à Paris dans la Cité internationale des arts de 1999-2000. Il atterrit à New York de 2000 à 2001 puis Berlin de 2002 à 2004 pour continuer, depuis cette dernière date, d’autres chantiers entre Paris et New-York.
Natif de Constantine, il avait entamé sa carrière avec des balbutiements à Batna ville algérienne qui a déjà abrité nombreux sculpteurs de renom, comme Mohamed Demagh, l’ancien maquisard de la libération qui survécu à un bombardement, Salim Yeza le militant berbériste le plus influent parmi les « chaouis » et Bensaid Mohamed Nadjib le cardiologue sculpteur de bois.
Adel Abdessemed, Je suis innocent - du 3 octobre... par centre Pompidou
En réalité aucune présentation succincte ne peut contenir les travaux d’Adel, tant sa densité dans les collections, par sa prolifique production ainsi qu’avec les grandes expositions où son concours trouve un écho particulier. Dans l’ensemble des arts algériens, le réalisme, pour certains l’affectation de l’actualité dans l’art, est omniprésent notamment en littérature, le cinéma et le théâtre pour ne citer que les expressions majeures. Cet artiste n’échappe pas au réalisme, plaçant son pays dans les grands musées de la Terre...
La statue « coup de tête » est subversive en s’opposant à la coutume qui fait honneur à la victoire, comme une jouissance. La défaite lors du match et son rappel à la violence se fait apologique, certes un héros l’apporte, à l’anticonformisme que l’art contemporain, avec une force intéressée, met souvent au devant. L’artiste s’est déjà distingué de son approche de Jésus le crucifié dont les détails n’ont pas lésiné à faire, place à partir du fil barbelé à la cruauté, le souffre-douleur d’une victime.

http://nsa30.casimages.com/img/2012/09/28/12092810202672770.jpg (http://www.casimages.com/img.php?i=12092810202672770.jpg)
L’exposition qui s’étale sur 3 mois est une occasion rare pour découvrir les multiples dimensions du travail d’un artiste déjà monument. L’importance de son œuvre est qu’elle puise de partout, de l’art figuratif, ornemental, stylistique et onirique... Ce nouveau millénaire, aura toujours l’image sous les yeux. Son rapport à l’histoire du passé, et contemporaine en tant que témoin actif, refuse aussi de s’enfermer dans le privilège de l’art. Elle touche de plein fouet le présent.

PROPOS RECUEILLIS PAR PHILIPPE-ALAIN MICHAUD, CONSERVATEUR, MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE, COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION
Pourquoi l'exposition s'appelle-t-elle « Adel Abdessemed Je suis innocent » ?
Adel Abdessemed – Parce que je ne me sens pas coupable. Et j'en suis sûr. Par ailleurs, le Centre Pompidou a été construit sur le cimetière des Innocents…
Tu conçois l'exposition comme un prolongement de l'œuvre ? Elle constitue elle-même une proposition artistique ?
AA – Ce n'est pas le prolongement de mes œuvres, mais plutôt une proposition artistique nouvelle, autonome et multiple. Je suis un artiste du corps, au sens que Deleuze donne au mot corps : non pas un corps inerte, mais un corps plein, ouvert, libéré de la paralysie, sans lien de subordination ou de hiérarchisation entre les organes. Le corps n'est pas fait d'une seule pièce, c'est un agencement rhizomique qui change de nature en fonction des nouvelles connexions. L'exposition est un geste, un acte, avec une articulation qui ne détruit pas l'autonomie des œuvres. Elle construit des relations polysémiques entre celles-ci, même quand elle les affirme de manière plutôt discrète… L'exposition cherche à montrer la complexité du monde, sa multilinéarité, à révéler ses zones d'ombre et de lumière. Avec des coins secrets et des coins perdus. Avec des présences et des espaces vides qui sont en même temps des espaces de liberté. Même si j'ai créé un environnement avec des objets qui peuvent être mes œuvres, je ne serai jamais le démiurge de ce monde, je serai seulement son premier habitant, ou le dernier si tu veux…

Pour toi, l'exposition ne doit pas raconter d'histoire, elle ne doit pas se transformer en récit…
AA – Je me vois comme un constructeur, un maçon, plutôt qu'un narrateur. Un maçon innocent… Comme le disait Khalil Gibran, dans Le prophète : « La pierre angulaire du temple n'est pas supérieure à la pierre la plus basse de ses fondations ».

Est-ce qu'il s'agit d'une rétrospective ou d'une proposition inédite ? Quelle est la part des pièces anciennes et des œuvres nouvelles dans l'exposition ?
AA – D'une façon cynique, je dirai que je suis trop jeune pour une rétrospective. Mon temps c'est le présent et le futur ; pas le passé. Je te donne l'exemple d'une histoire qui m'a toujours fasciné : celle de l'arche de Noé. J'avais du mal à croire que Noé ait vraiment fait monter tous les animaux dans un seul bateau… Tu vois, on ne peut pas mettre toutes les œuvres dans le même espace ! Et la bonne nouvelle est que je n'ai pas de pièces anciennes. L'inédit, on ne le voit pas encore… L'inédit reste à faire… Je crois…

ICOSIUM
01/10/2012, 17h14
• VIIIe ÉDITION DU LIVRE DE KHALFA MAMERI
“Abane Ramdane : finalement le père de l’indépendance”
Par : Hafida Ameyar

Cet ouvrage, “le plus vendu” en Algérie, est le fruit de longues investigations. Il raconte l’histoire tragique d’un des enfants chers de l’Algérie. Un sujet à controverses qui, pourtant et avant tout, rend hommage à tous ceux qui ont libéré le pays du joug de la domination et de la servitude étrangère.
Le livre de Khalfa Mameri sur Abane Ramdane est à sa huitième édition. Sous le titre de Abane Ramdane: finalement, le père de l’indépendance, l’ouvrage de 424 pages est publié par Thala éditions. Il nous éclaire “jour après jour” sur des événements produits depuis la veille du déclenchement de la Révolution, jusqu’au 1er juillet 1962. La biographie consacrée à Abane Ramdane, en 1986, c’est-à-dire “au moment où il était presque interdit de prononcer son nom dans son propre pays”, est toujours demandée en Algérie. Destiné à “faire aimer l’Algérie et ses hommes illustres” par le maximum de citoyens, le livre de Khalfa Mameri cherche à restituer les faits, soucieux de la nécessité d’écrire l’histoire et celle de semer l’espoir. “Il est incontestable que la Révolution algérienne traîne derrière elle le cadavre de Abane Ramdane” (p.21), écrit-il dans l’introduction. Malgré l’épaisseur du mystère – encore que beaucoup de choses ont été écrites sur la mort de Abane Ramdane – et en dépit de la crainte de rouvrir “une profonde plaie”, l’auteur décide de surmonter ses appréhensions, ne serait-ce que momentanément, pour écrire sur ce “très grand patriote” qui deviendra en peu de mois “pratiquement le responsable numéro un de tout le FLN et donc de la Révolution” (p. 22). On l’aura compris, l’auteur veut apporter sa “contribution” à la connaissance de cette figure historique. Il est conscient, et il le dit très bien, que lorsqu’on aborde le cas de Abane Ramdane, “c’est sa mort qui l’emporte sur sa vie”. Pourtant, il considère qu’il y a beaucoup de choses à dire sur sa vie, car celle-ci, comme d’ailleurs son action, en engagement, son apport et son impact “ont été si denses qu’ils ne peuvent être étouffés par sa mort” (p. 22). Saisissant l’opportunité du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, l’auteur se demande pourquoi nous ne chercherions pas à prendre “un nouveau départ”, sans reproduire les mêmes erreurs qui ont conduit le pays “jusqu’au naufrage de l’espoir”. Il observe que la situation d’aujourd’hui ressemble étrangement à celle des années 1953-1954, rappelant dans ce contexte les divisions/aliénations au sein de “la société politique”, mais aussi le désespoir de “tout un peuple, jeunesse encore plus”. Seulement, au début des années 1950, une poignée d’hommes, très jeunes pour la plupart, ont cru au changement. Et ils l’ont réalisé, en menant la guerre au système colonial français, en affrontant la France et son armée : la quatrième puissance du monde. Aujourd’hui, Khalfa Mameri invite tous ceux qui mettent “l’Algérie au-dessus de tout”, plus particulièrement les jeunes, “à méditer l’héroïsme pur de ceux qui ont donné à tous, sans distinction d’âge ou de région, le moyen de vivre heureux et libres” (p. 15). L’ouvrage sur Abane Ramdane, “le plus vendu” en Algérie, est le fruit de longues investigations. Il raconte l’histoire tragique d’un des enfants chers de l’Algérie, un sujet à controverses qui, pourtant et avant tout, rend hommage à tous ceux qui ont libéré le pays du joug de la domination et de la servitude étrangère, notamment Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi et tous ceux qui les ont rejoints dans cette dure aventure émancipatrice. Khalfa Mameri est auteur d’une dizaine de livres dont l’ouvrage consacré à un autre héros non moins célèbre de la Révolution algérienne, Larbi Ben M’hidi. Diplômé en sciences politiques et en droit (université Paris Panthéon Sorbonne et université Columbia de New York), il a exercé la fonction d’ambassadeur dans des pays africains et a enseigné notamment à l’Ecole nationale d’administration et à l’Institut d’études politiques d’Alger.
H A

ICOSIUM
27/10/2012, 21h02
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=u19vSBTllFQ

''Je ne fais ni de l’Art pour l’Art, ni de l’Art contre l’Art. Je suis pour l’Art, mais pour l’art qui n’a rien à voir avec l’Art, car l’art a tout à voir avec la vie. ''
Robert Rauschenberg

ICOSIUM
29/01/2013, 11h48
La Patrie
A peine s'emboîtèrent-ils dans leurs pupitres que le maître, d'une voix claironnante, annonça:
- Morale !
Leçon de morale. Omar en profiterait pour mastiquer le pain qui était dans sa poche et qu'il n'avait pas pu donner à Veste-de-Kaki.
Le maître fit quelques pas entre les tables , le bruissement sourd des semelles sur le parquet, les coups de pied donnés aux bancs, les appels, les rires, les chuchotements s'évanouirent L'accalmie envahit la salle de classe comme par enchantement : s'abstenant de respirer, les élèves se métamorphosaient en merveilleux santons. Mais en dépit de leur immobilité et de leur application, il flottait une joie légère, aérienne, dansante comme une lumière.
M Hassan, satisfait, marcha jusqu'à son bureau, où il feuilleta un gros cahier. Il proclama - La Patrie.
L'indifférence accueillit cette nouvelle. On ne comprit pas. Le mot, campé en l'air, se balançait - Qui d'entre vous sait ce que veut dire Patrie ?
Quelques remous troublèrent le calme de la classe. La baguette claqua sur un des pupitres, ramenant l'ordre Les élèves cherchèrent autour d'eux, leurs regards se promenèrent entre les tables, sur les murs, à travers les fenêtres, au plafond, sur la figure du maître ; il apparut avec évidence qu'elle n'était pas là. Patrie n'était pas dans la classe. Les élèves se dévisagèrent Certains se plaçaient hors du débat et patientaient benoîtement.
Brahim Bali pointa le doigt en l'air. Tiens, celui-là ! Il savait donc ? Bien sûr Il redoublait, il était au courant.
- La France est notre mère Patrie, ânonna Brahim. Son ton nasillard était celui que prenait tout élève pendant la lecture. Entendant cela, tous firent claquer leurs doigts, tous voulaient parler maintenant. Sans permission, ils répétèrent à l'envi la même phrase.
Les lèvres serrées, Omar pétrissait une petite boule de pain dans sa bouche. La France, capitale Paris. Il savait ça. Les Français qu'on aperçoit en ville, viennent de ce pays.Pour y aller ou en revenir, il faut traverser la mer, prendre le bateau... La mer : la mer Méditerranée. Jamais vu la mer, ni un bateau. Mais il sait : une très grande étendue d'eau salée et une sorte de planche flottante. La France, un dessin en plusieurs couleurs. Comment ce pays si lointain est-il sa mère ? Sa mère est à la maison, c'est Aïni , il n'en a pas deux. Aini n'est pas la France. Rien de commun. Omar venait de surprendre un mensonge. Patrie ou pas patrie, la France n'était pas sa mère.
Les élèves entre eux disaient: celui qui sait le mieux mentir, le mieux arranger son mensonge, est le meilleur de la classe.
Omar pensait au goût du pain dans sa bouche : le maître, près de lui, réimposait l'ordre. Une perpétuelle lutte soulevait la force animée et liquide de l'enfance contre la force statique et rectiligne de la discipline.
M. Hassan ouvrit la leçon.
- La patrie est la terre des pères. Le pays où l'on est fixé depuis plusieurs générations.
Il s'étendit là-dessus, développa, expliqua. Les enfants, dont les velléités d'agitation avaient été fortement endiguées, enregistraient.
- La patrie n'est pas seulement le sol sur lequel on vit, mais aussi l'ensemble de ses habitants et tout ce qui s'y trouve.
Impossible de penser tout le temps au pain. Omar laisserait sa part de demain à Veste-de-Kaki. Veste-de-Kaki était-il compris dans la patrie ? Puisque le maître disait... Ce serait quand même drôle que Veste de Kaki... Et sa mère, et Aouicha et Mériem, et les habitants de Dar-Sbitar? Comptaient-ils tous dans la patrie ? Hamid Saraj aussi ?
- Quand de l'extérieur viennent des étrangers qui prétendent être les maîtres, la patrie est en danger. Ces étrangers sont des ennemis contre lesquels toute la population doit défendre la patrie menacée. Il est alors question de guerre. Les habitants doivent défendre la patrie au prix de leur existence.
Quel était son pays ? Omar eût aimé que le maître le dit, pour savoir. Où étaient ces méchants qui se déclaraient les maîtres ? Quels étaient les ennemis de son pays, de sa patrie ? Omar n'osait pas ouvrir la bouche pour poser ces questions à cause du goût du pain
- Ceux qui aiment particulièrement leur patrie et agissent pour son bien, dans son intérêt, s'appellent des patriotes.
La voix du maître prenait des accents solennels qui faisaient résonner la salle. Il allait et venait.
M Hassan était-il patriote ? Hamid Saraj était-il patriote aussi ?
Comment se pourrait-il qu'ils le fussent tous les deux 7 Le maître était pour ainsi dire un notable , Hamid Saraj, un homme que la police recherchait souvent. Des deux, qui est le patriote alors ? La question restait en suspens....-
M.DIB
La grande maison, Le Seuil, 1952 Pp. 19& 20

ahmeddamien
29/01/2013, 12h38
l'ecole de l'amour

Votre amour, madame, m'a fait entrer dans les cités des tristesses
Et moi avant vous je ne suis jamais allé dans les cités des tristesses
Je n'ai jamais su que les larmes sont l’être humain
que l'humain sans tristesse n'était que le souvenir d'un humain

Votre amour m'a apprit a être triste
Et moi depuis des siècles j’avais besoin d’une femme qui me rend triste
une femme qui je pleurerai sur ses bras comme un oiseau
Une femme qui rassemble mes parties comme les morceaux d'un vase brisé
Votre amour chère dame m'a apprit les pires manières
Il m'a apprit a regarder ma tasse mille fois en une nuit (1)
tenter les remèdes des guérisseurs et frapper aux portes des voyantes
Il m'a apprit à sortir de chez moi pour brosser les trottoirs des ruelles
Et poursuivre votre visage sous la pluie et entre les feux des automobiles
A collecter de vos yeux des millions d'étoiles
O femme, qui a assommer le monde, O ma douleur, O douleur des Nays (2)

Votre amour, madame, m'a fait pénétrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais pas qu'est ce que la tristesse
Je n'ai jamais su que les larmes sont l'être humain
que l' humain sans tristesse n'était que l'ombre d'un humain

Votre amour m'a apprit a me comporter comme un petit enfant
A dessiner votre visage avec la craie sur les mures
O Femme qui a renversé mon histoire
Je suis égorgé en vous d'un artère à l’autre
Votre amour m'a apprit comment l’amour peut modifier la carte du temps
Il m'a apprit que lorsque j'aime, la terre cesse de tourner
Votre amour m'a apprit des choses dont je n'aurai jamais penser

J'ai lu les contes d'enfants
je suis rentrer dans les palais vierges des rois
et j'ai rêvé d'épouser la fille du sultan
celle dont les yeux sont plus claires que l'eau des fontaines
celle dont les lèvres sont plus succulentes que les roses de grenadines
et j'ai rêvé de l'enlever comme les chevaliers
et j’ai rêvé de lui offrir des paniers de perles et de « morgane »
votre amour m'a apprit chère dame ce qu’est le délire
Il m'a apprit comment l’âge passe
sans que la fille du sultan vienne......
.
NIZAR QABBANI
il manque fou.....................

salam si tu lis l ami

ahmeddamien
29/01/2013, 12h39
La Patrie
A peine s'emboîtèrent-ils dans leurs pupitres que le maître, d'une voix claironnante, annonça:
- Morale !
Leçon de morale. Omar en profiterait pour mastiquer le pain qui était dans sa poche et qu'il n'avait pas pu donner à Veste-de-Kaki.
Le maître fit quelques pas entre les tables , le bruissement sourd des semelles sur le parquet, les coups de pied donnés aux bancs, les appels, les rires, les chuchotements s'évanouirent L'accalmie envahit la salle de classe comme par enchantement : s'abstenant de respirer, les élèves se métamorphosaient en merveilleux santons. Mais en dépit de leur immobilité et de leur application, il flottait une joie légère, aérienne, dansante comme une lumière.
M Hassan, satisfait, marcha jusqu'à son bureau, où il feuilleta un gros cahier. Il proclama - La Patrie.
L'indifférence accueillit cette nouvelle. On ne comprit pas. Le mot, campé en l'air, se balançait - Qui d'entre vous sait ce que veut dire Patrie ?
Quelques remous troublèrent le calme de la classe. La baguette claqua sur un des pupitres, ramenant l'ordre Les élèves cherchèrent autour d'eux, leurs regards se promenèrent entre les tables, sur les murs, à travers les fenêtres, au plafond, sur la figure du maître ; il apparut avec évidence qu'elle n'était pas là. Patrie n'était pas dans la classe. Les élèves se dévisagèrent Certains se plaçaient hors du débat et patientaient benoîtement.
Brahim Bali pointa le doigt en l'air. Tiens, celui-là ! Il savait donc ? Bien sûr Il redoublait, il était au courant.
- La France est notre mère Patrie, ânonna Brahim. Son ton nasillard était celui que prenait tout élève pendant la lecture. Entendant cela, tous firent claquer leurs doigts, tous voulaient parler maintenant. Sans permission, ils répétèrent à l'envi la même phrase.
Les lèvres serrées, Omar pétrissait une petite boule de pain dans sa bouche. La France, capitale Paris. Il savait ça. Les Français qu'on aperçoit en ville, viennent de ce pays.Pour y aller ou en revenir, il faut traverser la mer, prendre le bateau... La mer : la mer Méditerranée. Jamais vu la mer, ni un bateau. Mais il sait : une très grande étendue d'eau salée et une sorte de planche flottante. La France, un dessin en plusieurs couleurs. Comment ce pays si lointain est-il sa mère ? Sa mère est à la maison, c'est Aïni , il n'en a pas deux. Aini n'est pas la France. Rien de commun. Omar venait de surprendre un mensonge. Patrie ou pas patrie, la France n'était pas sa mère.
Les élèves entre eux disaient: celui qui sait le mieux mentir, le mieux arranger son mensonge, est le meilleur de la classe.
Omar pensait au goût du pain dans sa bouche : le maître, près de lui, réimposait l'ordre. Une perpétuelle lutte soulevait la force animée et liquide de l'enfance contre la force statique et rectiligne de la discipline.
M. Hassan ouvrit la leçon.
- La patrie est la terre des pères. Le pays où l'on est fixé depuis plusieurs générations.
Il s'étendit là-dessus, développa, expliqua. Les enfants, dont les velléités d'agitation avaient été fortement endiguées, enregistraient.
- La patrie n'est pas seulement le sol sur lequel on vit, mais aussi l'ensemble de ses habitants et tout ce qui s'y trouve.
Impossible de penser tout le temps au pain. Omar laisserait sa part de demain à Veste-de-Kaki. Veste-de-Kaki était-il compris dans la patrie ? Puisque le maître disait... Ce serait quand même drôle que Veste de Kaki... Et sa mère, et Aouicha et Mériem, et les habitants de Dar-Sbitar? Comptaient-ils tous dans la patrie ? Hamid Saraj aussi ?
- Quand de l'extérieur viennent des étrangers qui prétendent être les maîtres, la patrie est en danger. Ces étrangers sont des ennemis contre lesquels toute la population doit défendre la patrie menacée. Il est alors question de guerre. Les habitants doivent défendre la patrie au prix de leur existence.
Quel était son pays ? Omar eût aimé que le maître le dit, pour savoir. Où étaient ces méchants qui se déclaraient les maîtres ? Quels étaient les ennemis de son pays, de sa patrie ? Omar n'osait pas ouvrir la bouche pour poser ces questions à cause du goût du pain
- Ceux qui aiment particulièrement leur patrie et agissent pour son bien, dans son intérêt, s'appellent des patriotes.
La voix du maître prenait des accents solennels qui faisaient résonner la salle. Il allait et venait.
M Hassan était-il patriote ? Hamid Saraj était-il patriote aussi ?
Comment se pourrait-il qu'ils le fussent tous les deux 7 Le maître était pour ainsi dire un notable , Hamid Saraj, un homme que la police recherchait souvent. Des deux, qui est le patriote alors ? La question restait en suspens....-
M.DIB
La grande maison, Le Seuil, 1952 Pp. 19& 20

salam icos
comment vas tu

ahmeddamien
29/01/2013, 13h18
Adel Abdessmed quitte l’Algérie en 1994, quelques jours après l’assassinat du directeur de l’École des Beaux-Arts d’Alger Ahmed Asselah et de son fils, dans l’enceinte de l’établissement, où il poursuivait des études depuis 1990.
Quand il débarqua en France en 1994, une rampe de lancement vers l’universalité qu’ont emprunté nombreux algériens, Abdessemed a poursuivi sa production à Lyon dans École des Beaux-Arts où il resta jusqu’en 1998. Puis à Paris dans la Cité internationale des arts de 1999-2000. Il atterrit à New York de 2000 à 2001 puis Berlin de 2002 à 2004 pour continuer, depuis cette dernière date, d’autres chantiers entre Paris et New-York.
Natif de Constantine, il avait entamé sa carrière avec des balbutiements à Batna ville algérienne qui a déjà abrité nombreux sculpteurs de renom, comme Mohamed Demagh, l’ancien maquisard de la libération qui survécu à un bombardement, Salim Yeza le militant berbériste le plus influent parmi les « chaouis » et Bensaid Mohamed Nadjib le cardiologue sculpteur de bois.
Adel Abdessemed, Je suis innocent - du 3 octobre... par centre Pompidou
En réalité aucune présentation succincte ne peut contenir les travaux d’Adel, tant sa densité dans les collections, par sa prolifique production ainsi qu’avec les grandes expositions où son concours trouve un écho particulier. Dans l’ensemble des arts algériens, le réalisme, pour certains l’affectation de l’actualité dans l’art, est omniprésent notamment en littérature, le cinéma et le théâtre pour ne citer que les expressions majeures. Cet artiste n’échappe pas au réalisme, plaçant son pays dans les grands musées de la Terre...
La statue « coup de tête » est subversive en s’opposant à la coutume qui fait honneur à la victoire, comme une jouissance. La défaite lors du match et son rappel à la violence se fait apologique, certes un héros l’apporte, à l’anticonformisme que l’art contemporain, avec une force intéressée, met souvent au devant. L’artiste s’est déjà distingué de son approche de Jésus le crucifié dont les détails n’ont pas lésiné à faire, place à partir du fil barbelé à la cruauté, le souffre-douleur d’une victime.

http://nsa30.casimages.com/img/2012/09/28/12092810202672770.jpg (http://www.casimages.com/img.php?i=12092810202672770.jpg)
L’exposition qui s’étale sur 3 mois est une occasion rare pour découvrir les multiples dimensions du travail d’un artiste déjà monument. L’importance de son œuvre est qu’elle puise de partout, de l’art figuratif, ornemental, stylistique et onirique... Ce nouveau millénaire, aura toujours l’image sous les yeux. Son rapport à l’histoire du passé, et contemporaine en tant que témoin actif, refuse aussi de s’enfermer dans le privilège de l’art. Elle touche de plein fouet le présent.

PROPOS RECUEILLIS PAR PHILIPPE-ALAIN MICHAUD, CONSERVATEUR, MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE, COMMISSAIRE DE L'EXPOSITION
Pourquoi l'exposition s'appelle-t-elle « Adel Abdessemed Je suis innocent » ?
Adel Abdessemed – Parce que je ne me sens pas coupable. Et j'en suis sûr. Par ailleurs, le Centre Pompidou a été construit sur le cimetière des Innocents…
Tu conçois l'exposition comme un prolongement de l'œuvre ? Elle constitue elle-même une proposition artistique ?
AA – Ce n'est pas le prolongement de mes œuvres, mais plutôt une proposition artistique nouvelle, autonome et multiple. Je suis un artiste du corps, au sens que Deleuze donne au mot corps : non pas un corps inerte, mais un corps plein, ouvert, libéré de la paralysie, sans lien de subordination ou de hiérarchisation entre les organes. Le corps n'est pas fait d'une seule pièce, c'est un agencement rhizomique qui change de nature en fonction des nouvelles connexions. L'exposition est un geste, un acte, avec une articulation qui ne détruit pas l'autonomie des œuvres. Elle construit des relations polysémiques entre celles-ci, même quand elle les affirme de manière plutôt discrète… L'exposition cherche à montrer la complexité du monde, sa multilinéarité, à révéler ses zones d'ombre et de lumière. Avec des coins secrets et des coins perdus. Avec des présences et des espaces vides qui sont en même temps des espaces de liberté. Même si j'ai créé un environnement avec des objets qui peuvent être mes œuvres, je ne serai jamais le démiurge de ce monde, je serai seulement son premier habitant, ou le dernier si tu veux…

Pour toi, l'exposition ne doit pas raconter d'histoire, elle ne doit pas se transformer en récit…
AA – Je me vois comme un constructeur, un maçon, plutôt qu'un narrateur. Un maçon innocent… Comme le disait Khalil Gibran, dans Le prophète : « La pierre angulaire du temple n'est pas supérieure à la pierre la plus basse de ses fondations ».

Est-ce qu'il s'agit d'une rétrospective ou d'une proposition inédite ? Quelle est la part des pièces anciennes et des œuvres nouvelles dans l'exposition ?
AA – D'une façon cynique, je dirai que je suis trop jeune pour une rétrospective. Mon temps c'est le présent et le futur ; pas le passé. Je te donne l'exemple d'une histoire qui m'a toujours fasciné : celle de l'arche de Noé. J'avais du mal à croire que Noé ait vraiment fait monter tous les animaux dans un seul bateau… Tu vois, on ne peut pas mettre toutes les œuvres dans le même espace ! Et la bonne nouvelle est que je n'ai pas de pièces anciennes. L'inédit, on ne le voit pas encore… L'inédit reste à faire… Je crois…

excuse moi mais ton artiste a l air d etre un gros taré
ces délires sur la croix barbelé,les photos nus
et surtout

Arrêter l'exposition Adel Abdessemed "Je suis innocent"

Publié le 19 Décembre 2012

Voilà un pseudo "artiste" psychopathe qui se permet de filmer l'exécution de six animaux innocents, massacrés à coups de marteau sur le crâne, jusqu'à ce que mort s'en suive... et s'en va exposer cela ensuite, à Beaubourg, sous le vocable d' oeuvre d'art... INADMISSIBLE et absurde !

pour moi il n a aucune sensibilité d artiste un post punk bledard qui veut réussir dans la provoc

ahmeddamien
29/01/2013, 13h19
il y a une pétition eu sur avaz
Arrêter l'exposition Adel Abdessemed "Je suis innocent" (http://www.avaaz.org/fr/petition/Arreter_lexposiotion_Adel_Abdessemed_Je_suis_innoc ent/?fpKbCdb&pv=20)

ahmeddamien
29/01/2013, 13h35
https://www.google.com/search?q=Arr%C3%AAter+l%27exposition+Adel+Abdessem ed+%22Je+suis+innocent&hl=fr&client=firefox-a&hs=2gB&tbo=d&rls=org.mozilla:fr:official&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=ycAHUaDHAZL34QSpoYGoDg&ved=0CAoQ_AUoAA&biw=1144&bih=604#hl=fr&client=firefox-a&hs=h1q&tbo=d&rls=org.mozilla:fr%3Aofficial&tbm=isch&sa=1&q=vid%C3%A9o+adel+addessemed&oq=vid%C3%A9o+adel+addessemed&gs_l=img.12...22350.49915.0.51709.74.41.0.1.1.4.16 6.3228.18j21.39.0...0.0...1c.1.cfR67ta4_ao&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.&bvm=bv.41524429,d.bGE&fp=6a19a0c37330e9d5&biw=1144&bih=604&imgrc=hGhWUf9_8IzcyM%3A%3Bk_sluXAVs2h0PM%3Bhttp%25 3A%252F%252Fwww.palazzograssi.it%252Fimages%252Fst ories%252Fdettaglio_1%252Fimmagini_988%252Fabdesse med_joueur_de_flute_1996_screenshot_1.jpg%3Bhttp%2 53A%252F%252Fwww.palazzograssi.it%252Ffr%252Fexpos itions%252Fparoles-des-images%252Fplan-des-salles%252Fadel-abdessemed%3B888%3B674
il a l air complétement déchiré...j'avais un ami artiste un peu ainsi completement destroy qui vivait entre 2 mondes...

ICOSIUM
19/02/2013, 21h28
LA LUTTE POUR LE SOUVENIR

Mes pensées se sont peu à peu éloignées, mais ayant abordé un sentier accueillant, je repousse les contrariétés tumultueuses et je m'arrête, les yeux fermés, grisé par un parfum de passé que j'ai conservé, durant mon petit corps à corps avec la vie. J'ai vécu hier, uniquement. Aujourd'hui a cette nudité qui attend la chose désirée, ce cachet provisoire qui vieillit en nous sans amour.

Hier est un arbre aux longs branchages, à l'ombre duquel je suis allongé, abandonné à la mémoire.

Soudain, je regarde, étonné: en longues caravanes, des voyageurs sont arrivés dans le même sentier; les yeux endormis dans le souvenir, ils fredonnent des chansons et évoquent ce qui fut. Et je crois deviner qu'ils se sont déplacés pour s'arrêter, qu'ils ont parlé pour se taire, qu'ils ont ouvert leurs yeux stupéfaits devant la fête des étoiles pour les fermer et revivre l'enallé...

Étendu dans ce nouveau chemin, avec les yeux avides et fleuris des jours lointains, j'essaie vainement d'enrayer le fleuve du temps qui ondoie sur mes faits et gestes. Mais l'eau que je parviens à recueillir reste prisonnière des bassins secrets de mon coeur, dans lesquels, demain, devront s'enfoncer mes veilles mains solitaires.
P.Neruda
(LE FLEUVE INVISIBLE, Premiers Poèmes)

ICOSIUM
28/02/2013, 19h07
Réda Doumaz et Yacine Ouabed au Forum Culturel d’El Moudjahid : Le new chaâbi ou l’innovation dans la continuité
Le chanteur chaabi Réda Doumaz et Yacine Ouabed (grand poète de sa génération) ont été, hier, les invités du forum culturel d’El Moudjahid pour débattre d’un sujet qui fâche quelques nostalgiques.

PUBLIE LE : 28-02-2013
Le chanteur chaabi Réda Doumaz et Yacine Ouabed (grand poète de sa génération) ont été, hier, les invités du forum culturel d’El Moudjahid pour débattre d’un sujet qui fâche quelques nostalgiques. Il s’agit du new chaâbi dont les promoteurs ont souvent été fustigés pour leur audace et parce qu’ils ont osé parler d’innovation d’un patrimoine qu’ils considèrent comme sacré.

Réda Doumaz, qui a franchi le pas et s’est lancé dans l’innovation du chaabi tel que préconisé par un des maîtres de ce style musical El Hadj Anka, a expliqué que les réticences des uns et le rejet des autres sont dus à l’incompréhension. D’ailleurs, dira-t-il, en 1995 il avait commencé à parler de new chaabi, quelques années après, d’autres ont commencé à parler de néo-chaabi. Réda Doumaz, refuse que l’on utilise le terme « néo » car il est incompatible avec le culturel. Pour lui, en introduisant cette nouvelle appellation, c’est pour mieux expliquer son ambition d’apporter du nouveau sans pour autant toucher à l’essentiel. Et justement, il a rappelé que El Hadj El Anka a été le premier à restructurer le chaabi, et a introduit des rythmiques nouvelles et de nouveaux instruments comme la derbouka, le son du banjo, la guitare et même l’accordéon. Il a même essayé en 1964 d’introduire le saxophone. Il a également rappelé que le cheikh avait réussi là où les maîtres de l’andalou ont échoué. Pour Réda Doumaz, il n’a jamais été pour lui question de toucher à un patrimoine, mais dans son esprit tout chanteur ou artiste doit laisser une touche, surtout qu’aujourd’hui le chaabi n’est plus confiné dans l’Algérois son bastion, mais des jeunes de tout le territoire s’intéressent de près à cette musique. Le festival de la chanson chaabi, dira-t-il a permis de découvrir de nouveaux talents. Et cette manifestation reste un grand acquis, sauf que dira-t-il, le chanteur doit être accompagné par son orchestre. Pour ne pas tomber dans le piège de l’orchestre-pilote, dira-t-il. Le poète Yacine Ouabed, qui a écrit les belles chansons de Kamel Messaoudi, estime que le succès d’une chanson reste tributaire de trois critères à savoir, des belles paroles, une belle mélodie et surtout une belle interprétation. La composition de l’orchestre vient en dernier. Mais pour lui, aujourd’hui la chanson chaâbi, qui a connu de grands moments de gloire, a été reléguée aux oubliettes avec l’émergence de la chanson rai. Yacine Ouabed a tenu à rendre hommage a tous ceux qui ont beaucoup apporté à ce patrimoine populaire qui dit-il appartient à tout le peuple comme son nom l’indique, à l’image d’El Badji, Lahbib Hachelaf... Ils ont été les premiers à avoir ouvert la voie de l’innovation dans ce domaine musical, que certains considèrent comme une chasse gardée. A ce sujet il rappellera une phrase de Guérouabi restée célèbre : « Il n’y a pas d’école Guérouabi, que chacun adopte son style. » A la question de savoir si le chaabi a de l’avenir, Réda Doumaz est optimiste, il va jusqu’à dire qu’après avoir déserté ses espaces culturels, la culture populaire l’a répudié, mais il revient et il reprendra la place qui lui est sienne.

Nora Chergui

ICOSIUM
03/04/2013, 15h21
https://www.youtube.com/watch?v=25nrupFdtRo
https://www.youtube.com/watch?v=25nrupFdtRo

-------------------------------------------------------------------------Kassida Intégrale avec paroles en Arabe et Francais--:good::good::good:

Le compositeur et parolier Mustapha Toumi s’est éteint


Par Le Matin | Il y a 1 heure | 297 lecture(s) | Réactions (0)
Le compositeur et parolier, Mustapha Toumi, est décédé dans la nuit de mardi au mercredi à l’hôpital Mustapha-Pacha (Alger) des suites d’une longue maladie, a-t-on appris mercredi auprès de ses proches.


L'artiste parolier Mustapha Toumi s'en va.
L’enterrement du compositeur de la fameuse chanson chaâbi "Sob’han Allah Ya Eltif", interprétée pas le maître éternel el-Hadj M’hamed El Anka, sera enterré jeudi au cimetière d’El Kettar à Alger, a indiqué l’une de ses filles dans une déclaration à l’APS. Un dernier hommage lui sera rendu, jeudi matin, au palais de la Culture, plateau des Annasser, par ses nombreux amis, artistes et fans.

Né le 14 juillet 1937 à La Casbah d’Alger, Mustapha Toumi, était un artiste complet qui touchait à différents domaines de l’art. Le défunt était à la fois parolier, compositeur, poète et même peintre. "Mon père peignait des toiles qu’il conservait jalousement à la maison et n’avait jamais pensé à les vendre. Il ne les a jamais exposées", a confié Imane, sa fille cadette. Ses centres d’intérêts étaient divers et multiples, selon elle. Il s’apprêtait même à publier un ouvrage sur l’histoire et les origines de la langue amazigh avant que la mort ne l’emporte.

Mustapha Toumi, originaire de Bordj Menaïel, était père de 6 enfants dont deux filles et quatre garçons. Artiste engagé, il milite dans les rangs du FLN et participe en 1958 à "La voix de l’Algérie libre et combattante" (radio clandestine). Après 1962, il est responsable des affaires culturelles au ministère de l’Information et responsable du parti du FLN. Ses œuvres restent à jamais gravées qans la mémoire collective. Parallèlement, il a collaboré avec plusieurs journaux et revues. Il est l’initiateur de plusieurs manifestations culturelles d’envergure internationale organisées en Algérie.

En 1990, il crée un parti politique qui ne résistera pas au temps faute d’ancrage populaire.

APS

ICOSIUM
08/06/2013, 21h39
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=GQ_jgnSerp8

La tragédie est l'imitation (mimèsis) d'une action de caractère élevé et complète, d'une certaine étendue, dans un langage relevé d'assaisonnements d'une espèce particulière suivant les diverses parties, imitation qui est faite par des personnages en action et non au moyen d'un récit, et qui, suscitant pitié et crainte, opère la purgation (catharsis) propre à pareilles émotions.
Poétique, Aristote.