PDA

Voir la version complète : La bibliothèque de Tombouctou incendiée



M'siquine
29/01/2013, 23h31
Mali : La bibliothèque de Tombouctou incendiée



par Bureau De Bruxelle: M'hammedi Bouzina Med
Mali : La bibliothèque de Tombouctou incendiée (http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5178596s)
La bibliothèque de Tombouctou brûlée par les islamistes-terroristes d'Aqmi et consorts appartient à l'université Abdelkrim El-Maghili, un exégète musulman algérien du 15e siècle. La bibliothèque contenait une partie de notre histoire commune avec le Mali. Une terrible perte.

Ainsi, avant de fuir la ville de Tombouctou, les islamistes-terroristes ont brûlé la bibliothèque de la ville contenant des manuscrits d'une extrême valeur. Il s'agit, sans aucun doute, de la seule bibliothèque rattachée à l'université de Tombouctou qui porte le nom de cheikh Abdelkrim El-Maghili, un Algérien né à Tlemcen en 1425 et décédé en 1504, contemporain donc de cheikh Abderrahmane Ethaalibi, originaire de la même ville de Tlemcen et saint patron de la ville d'Alger. En brûlant cette bibliothèque située à des milliers de kilomètres d'Alger, les islamistes d'Aqmi et leurs alliés du Mujao et d'Ançar-Eddine ont, quelque part, agressé la mémoire et l'histoire de ce Sahara que notre pays partage avec ses voisins, mais aussi la mémoire de ce qui pourquoi ils revendiquent leur combat: l'islam. Car, Tombouctou, en plus de ses 333 sanctuaires sacrés retraçant l'épopée de «l'islam des lumières» d'antan, contient une part de notre histoire algérienne. Abdelkrim El-Maghili, après avoir étudié auprès de son aîné Abderrahmane Ethaalibi, la grammaire, les sciences du fik'h et jusqu'à la mathématique et l'astronomie, rejoignit la région du Touat (Adrar) où il fonda son école et dispensa son savoir. Et c'est précisément en ce milieu du 15e siècle, alors que l'empire musulman agonisait à partir du sud de l'Espagne, qu'El-Maghili prit sous sa protection les juifs fuyant l'Espagne pour venir vivre aux côtés de leurs coreligionnaires, déjà nombreux depuis plusieurs siècles dans la région du Touat. Cependant, un épisode tragique va détruire cette coexistence pacifique entre juifs et musulmans: 1492. Soit, au moment même de la chute de Grenade et la défaite de l'empire musulman. Les historiens remontent l'origine du conflit à l'exploitation des ressources hydrauliques, rares dans cette région désertique, ainsi qu'au paiement de la «dîme», un impôt qui leur assurait la protection des musulmans. Le soulèvement des juifs fut réprimé et ils furent poursuivis, à travers le désert, jusqu'à la ville de Tombouctou. Il y eut beaucoup de morts avant la pacification, grâce à l'intervention du cheikh El-Maghili.

Il y fonda par la même occasion une école coranique qui devint, plus tard, l'université islamique de Tombouctou et porte aujourd'hui son nom. Ainsi, les islamistes d'Aqmi et consorts ont détruit l'héritage dont ils se prévalent et au nom duquel ils sèment terreur et désolation. La bibliothèque qu'ils viennent de brûler contenait, bien sûr, des traités de théologie, mais également les correspondances entre El-Maghili, Ethaalibi et l'Egyptien El-Ghazali portant sur la jurisprudence en islam, la grammaire, les sciences diverses, etc. Un trésor de «l'islam des lumières». La relation entre les trois érudits de l'islam du 15e siècle était si intense qu'El-Maghili épousa la sœur de l'épouse d'Ethaalibi, le saint patron d'Alger. Le tombeau d'El-Maghili se trouve à Zaouit Kounta, à quelques kilomètres d'Adrar, sur la route menant à Reggane, alors que son épouse est enterrée près de la ville de Timimoun. Dans leur haine des «autres», les islamistes d'Aqmi et leurs alliés ne détruisent pas que la vie, mais aussi l'islam et son histoire séculaire dans cette immense région qu'est le Sahel (baled Essoudane) et, atteignent par ricochet notre propre histoire contemporaine. L'incendie de la bibliothèque de Tombouctou est un crime contre l'humanité.

nassim73
30/01/2013, 08h26
AL JAHL cest pas possible , ils n ont pas de limite ces gents la , meme pas la moidre education

M'siquine
30/01/2013, 08h40
Voici ce que dit Victor Hugo sur ce sujet !


A qui la faute ?
Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

yasmi
30/01/2013, 09h23
Quel gâchis, quelle bande d'ignorants !!!

ahmeddamien
30/01/2013, 12h40
L'autodafé à l'origine: la mise à mort des hérétiques

Le terme autodafé, du portugais auto da fé, signifie littéralement acte de foi. Acte de foi qui consistait, sous l'Inquisition à brûler sur la place publique ceux qui ne se soumettaient pas au dogme catholique. Créé en 1233 par le pape Grégoire IX, le tribunal de l'Inquisition avait pour mission de démasquer, sans dénonciation ou plainte, les "hérétiques et catholiques non sincères", selon le site Hérodote.

Tristement célèbre, l'inquisiteur général Tomas de Torquemada, aurait envoyé entre 1483 et 1498, plus de 2000 personnes au bûcher. Réservé aux hérétiques refusant toute repentance - parmi lesquels des juifs ou des personnes soupçonnées de sorcellerie, l'autodafé porte une forte charge symbolique. Notamment par l'utilisation du feu, purificateur et régénérateur. Jérôme Savonarole, à la même époque, a épargné les vies humaines…mais a également usé du feu.

Peu connu pour sa modération religieuse, le dominicain organise, à Florence en 1497, un gigantesque brasier - le "bûcher des vanités" - dans lequel les habitants sont invités à jeter objets de luxe et apparats divers. Bijoux, miroirs, instruments de musique, œuvres de Pétrarque et Boccace…Tant de symboles, pour Savonarole, de la dépravation morale de la Renaissance - clergé compris. Le moine sera pendu puis brûlé un an après cette action jugée excessive par le pape.
L'autodafé depuis le XIXe siècle: des livres essentiellement partent en fumée

L'autodafé concerne d'ailleurs aujourd'hui moins des personnes que des objets - essentiellement des livres. Souvent expression de violence, de tyrannie et d'oppression, l'autodafé de livres conserve bien souvent une connotation religieuse à laquelle se mêlent parfois des idéaux politiques. Ainsi, le régime nazi a pratiqué la destruction par le feu de nombreux ouvrages.

Dissidents du système totalitaire allemand et auteurs juifs ont ainsi vu leurs livres brûler en place publique. Une pratique qui a débuté dès 1933 à Berlin, avant de se poursuivre à travers toute l'Allemagne et qui a livré aux flammes des œuvres de Bertolt Brecht, Alfred Doblin, Stefan Zweig ou encore Sigmund Freud et Karl Marx.
À lire aussi



L'autodafé, lorsqu'il est étatique, apparaît souvent dans des régimes dictatoriaux ou semi-totalitaires, dans lesquels la liberté d'expression, quand elle existe, est étroitement surveillée. Ainsi, en 1998, les autorités chinoises ont fait détruire 50 000 exemplaires d'un mensuel appelant à la libéralisation du régime. Le magazine est finalement reparu…sans toutefois que n’y figure l’article incriminé.
Aujourd'hui: l'autodafé, un acte de provocation religieuse souvent d'initiative personnelle.

Les derniers autodafés relayés par les médias relèvent davantage d'actes isolés, œuvres de conservateurs religieux, guidés essentiellement par l'extrémisme dogmatique et / ou la provocation. Ainsi en 1998, l'évêque Nikon, dignitaire connu pour son conservatisme, ses propos antisémites et nationalistes, a ordonné que soient brûlés dans l'Oural les ouvrages écrits par trois théologiens orthodoxes, invoquant des "thèses dangereuses et hérétiques".

Le 11 septembre 2010, date anniversaire des attentats du World Trade Center, le pasteur fondamentaliste Terry Jones avait envisagé de brûler le Coran à l'occasion d'une manifestation publique en Floride. Avant de renoncer le 9 septembre, devant les protestations générales que suscitait un tel projet... Moyen de pression, l'autodafé d'ouvrages, qu'ils soient religieux politiques ou romanesques, constitue une manœuvre violente.

Le livre peut s'avérer, dans les régimes totalitaires, un outil de propagande pour les autorités. Mais également un moyen de contre-pouvoir et du refus de l'uniformisation, idée centrale du livre Fahrenheit 451. Fahrenheit 451, soit environ 233 degrés Celsius, qui correspondent, selon son auteur Ray Bradbury à la température à laquelle se consume le papier... Une vision futuriste sombre, dans une société déshumanisée qui jette au feu les écrits, menaces pour l'ordre établi.