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yasmi
10/02/2013, 22h17
La Tunisie en crise après l'assassinat de Chokri Belaïd - Les islamistes tunisiens manifestent : dégage la France !

par Salem Ferdi




Des milliers de Tunisiens ont répondu à l'appel du mouvement de la jeunesse d'Ennahda et ont manifesté dans le centre de Tunis pour défendre la " légitimité " de l'Assemblée constituante. La manifestation a pris une tournure anti-française après les déclarations de Manuel Valls hostiles aux islamistes et très intrusives dans le débat interne. Mis en cause par leurs adversaires politiques après l'assassinat de Chokri Belaïd et divisés après l'annonce du Premier ministre Hamadi Jebali qu'il allait constituer un gouvernement de technocrates, les islamistes d'Ennahda ont réagi, hier, par l'organisation d'une manifestation à Tunis. L'interférence du ministre de l'Intérieur français, Manuel Valls, dénonçant la montée du " fascisme islamique " en Tunisie et en Egypte, est devenue un élément fort de la mobilisation des jeunes du mouvement Ennahda. L'intervention du ministre français dans le débat intérieur tunisien a été jugée intempestive même par des opposants au mouvement Ennahda qui n'oublient pas que la France, à gauche comme à droite, était très liée au régime de Ben Ali. Manuel Valls avait dénoncé un " fascisme islamique qui monte un peu partout ". Manuel Valls a déclaré garder " espoir dans le rendez-vous électoral pour que les forces démocrates et laïques, celles qui portent les valeurs de la révolution, demain, l'emportent… C'est un enjeu considérable, avait-il ajouté, pas seulement pour la Tunisie, mais pour tout le bassin méditerranéen et donc aussi pour la France. ". Dans la bouche d'un officiel, cela peut passer pour une ingérence. Et c'est bien ce que le gouvernement de Hamadi Jebali, en pleine crise avec le mouvement Ennahda dont il est issu, a compris en convoquant l'ambassadeur de France à Tunis, François Gouyette. Le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem a qualifié les déclarations de M. Valls de " partiales " et " ne correspondent pas à la nature des relations qui unissent la Tunisie et la France et n'aident pas à l'établissement de relations solides ".

VALLS DONNE DES ARGUMENTS AUX ISLAMISTES

En tout cas, ces déclarations ne font qu'échauffer les esprits dans une Tunisie qui se polarise dangereusement dans une confrontation islamistes-laïcs alors que les divergences sur le projet de Constitution tournent à la paralysie. Dans les rangs de l'opposition de gauche des accusations directes ont été lancées contre le mouvement Ennahda et son chef charismatique Rached Ghannouchi. L'enterrement de Chokri Belaïd a été l'occasion de manifestations anti-islamistes et d'actes de violence. Dans ce climat d'extrême tension, un dirigeant du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied El Heni, a été convoqué par la justice après avoir accusé vendredi soir sur un plateau de télévision un haut responsable du ministère de l'Intérieur d'avoir commandité l'assassinat de M. Belaïd. Les déclarations de Manuel Valls sont venues s'ajouter dans un climat fortement tendu et aggraver les suspicions. Elles servent déjà d'arguments au discours tenu par des responsables d'Ennahda qui accusent des forces de l'ancien régime et de " l'étranger " de chercher à déstabiliser la Tunisie et à casser la révolution. La France était de ce fait très " présente " dans les slogans des manifestants réunis hier dans le centre de Tunis. " France dégage " lançaient quelques milliers de manifestants qui défilaient sur l'avenue Habib Bourguiba, non loin de l'ambassade de France à Tunis. Des pancartes écrites en français annonçaient clairement la couleur de la colère : " France ça suffit! La Tunisie ne sera plus jamais une terre de colonisation ". Objectivement, le très " éradicateur " Manuel Valls a donné sur le plateau un argument aux militants d'Ennahda d'autant que le rejet de son intrusion dans le débat interne tunisien va bien au-delà des islamistes.

CRISE POLITIQUE

Les manifestants s'en prenaient aussi, de manière plus implicite, à Hamadi Jebali, qui n'est pas loin d'être considéré comme un félon. Leurs mots d'ordre, outre le refus de " l'ingérence française " est la " défense de la légitimité de l'Assemblée nationale constituante " (ANC) et la lutte "contre la violence" politique. C'est bien Hamadi Jebali avec sa prétention à constituer un gouvernement de " compétences nationales " qui est visé par le principe de la défense de l'Assemblée constituante. D'autant que Jebali semble vouloir, en jouant sur l'imprécision des textes, échapper à la nécessité d'avoir l'aval de l'Assemblée constituante. Or, il n'y a pas qu'Ennahda qui s'oppose à sa démarche. Ainsi, le secrétaire général adjoint du parti du Congrès pour la République (CPR dont est issu le président Moncef Marzouki), Imed Deymi, a assuré samedi que son parti allait retirer " en fin de journée " ses ministres du gouvernement si "on ne parvient pas à un gouvernement de consensus national". Le CPR s'oppose à la désignation d'un gouvernement sans consulter l'Assemblée nationale constituante", a-t-il indiqué en rejetant totalement l'idée d'un gouvernement de technocrates. "Notre parti poursuivra ses efforts pour aboutir à un gouvernement de consensus national appuyé par des compétences sous la présidence de Hamadi Jebali, afin de préserver la stabilité politique du pays", a-t-il dit. Objet d'accusation d'être une " milice " d'Ennahda, les ligues régionale et locale de protection de la révolution à Siliana ont annoncé jeudi dans un communiqué leur autodissolution. Le mouvement se généralisera-t-il en signe d'apaisement dans une Tunisie qui ne peut se permettre de suivre les appels à une confrontation dangereuse ?

yasmi
10/02/2013, 22h19
Je trouve qu'ils ont bon dos les islamistes de les accuser sans preuve de cet assassinat.
C'est pas dans leurs intérêts que d'assassiner un opposant si important.

Moi j'ai plutôt pensé aux pros Benali, pour que le peuple puisse regretter ce choix.

Nombreux comparent la situation avec les années de l'Algérie.

Pensez vous que cela soit pareil et que la Tunsie risque de subir une guerre civile ?

Hippone
10/02/2013, 22h42
Helas pour nos cousins tunisiens,le pire est a venir,l'erreur fatale des tunisiens
etait de croire qu'une fois Ben Ali sera ecarte le paradis s'ouvrira.
On ne passe pas par glissement de la dictature a la democratie,mais par la rupture.

yasmi
10/02/2013, 22h46
Helas pour nos cousins tunisiens,le pire est a venir,l'erreur fatale des tunisiens
etait de croire qu'une fois Ben Ali sera ecarte le paradis s'ouvrira.
On ne passe pas par glissement de la dictature a la democratie,mais par la rupture.

C'est clair il leur manque la patience en plus avec cette crise mondiale çà n'arrange pas les choses.
Faut laisser le temps au temps, en espérant éviter un bain de sang. Ils auront du mal à se relever sinon.

bel1000
11/02/2013, 15h21
une analyse d'un economiste qui connait bien la Tunisie


http://www.youtube.com/watch?v=hwHyQVpZ_JE&feature=share

yasmi
11/02/2013, 15h24
J'ai commencé à lire la vidéo, mais j'avoue qu'il m'a gonflé, car trop hésitant et plutôt que d'aller droit au but il est là
à faire des louanges toutes les 10 secondes au peuple.
C'est trop long. Bel dis moi que dit il en gros ?

bel1000
11/02/2013, 16h21
J'ai commencé à lire la vidéo, mais j'avoue qu'il m'a gonflé, car trop hésitant et plutôt que d'aller droit au but il est là
à faire des louanges toutes les 10 secondes au peuple.
C'est trop long. Bel dis moi que dit il en gros ?

tu dois regarder toute la vidéo
c'est un arabisant et il a du mal à parler en français mais je pense qu'il etait contraint de parler en français pour que son message arrive à manuel valls et certains demicrottes car parler en anglais ou en arabe c'etait un mauvais choix.

en gros il parle de certaines erreurs de la classe politique tunisienne, des incohérences de cette classe , de pseudo démocrates qui se trompent de lieu et de "salafistes'' qui se trompent d'époque.


rem: ceux qui n'ont rien à dire sont ceux qui parlent le plus ( les nouveaux opposants, les anciens supplétifs, les corrompus qui profitent du chaos pour se refaire un pédigrée et on voit cela dans presque toutes les révolutions meme chez nous les anciens harkas qui parlent comme des moudjahid, les ex dealers qui parlent comme des imams, les corrompus qui se la jouent hadj etc... mais avec le temps tout sera tamisé et ne restera que les sinceres et les propres)

yasmi
11/02/2013, 16h37
Je vais la voir à tête reposée après un bon café lol.
Je vois ou tu veux en venir.
Pas simple de faire le ménage, les séquelles de 20 ans de dictature, çà ne s'évaporent pas en 2 ans.
C'est au peuple de savoir patienter en premier lieu et de cesser de gindre pour un oui ou pour un non.
Il faut aussi que l'ordre règne à nouveau. Les pseudo laîcard je m'en méfie aussi tout autant que ceux qui
manipulent la religion pour leurs propres intérêts.

bel1000
11/02/2013, 16h41
Je vais la voir à tête reposée après un bon café lol.
Je vois ou tu veux en venir.
Pas simple de faire le ménage, les séquelles de 20 ans de dictature, çà ne s'évaporent pas en 2 ans.
C'est au peuple de savoir patienter en premier lieu et de cesser de gindre pour un oui ou pour un non.
Il faut aussi que l'ordre règne à nouveau. Les pseudo laîcard je m'en méfie aussi tout autant que ceux qui
manipulent la religion pour leurs propres intérêts.

a te lire je dirai que tu as vu toute la vidéo car c'est de ça qu'il s'agit apres l'analyse de la situation depuis bouguiba

yasmi
11/02/2013, 16h45
a te lire je dirai que tu as vu toute la vidéo car c'est de ça qu'il s'agit apres l'analyse de la situation depuis bouguiba

Donc, j'ai vu juste lol.

C'est aux tunisiens de ne pas se faire manipuler par les deux camps et de se concentrer
à faire revivre l'économie, développer les villes et villages isolés ...
Tunis c'est pas la Tunisie.

Hippone
22/02/2013, 23h41
Un nouveau premier ministre,avec un bagage tres lourd,a ete designee aujourd'hui:
Il est le nouveau Premier ministre tunisien. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Majlis ach-Choura, le parlement interne à Ennahda, a tranché : Ali Larayedh, ministre de l'Intérieur sortant, succédera à Hamadi Jebali. Accepté dans la foulée par le président de la République Moncef Marzouki, il candidatait face à trois autres ministres : Mohamed Ben Salem (agriculture), Abdellatif Mekki (santé) et Noureddine Bhiri (justice), donné favori.
En début de semaine, Hamadi Jebali avait démissionné de son poste après avoir échoué à convaincre son parti dans la composition d'un gouvernement de compétences nationales apolitiques. Jeudi soir, il a fait ses adieux aux Tunisiens dans une allocution télévisée. Celui qui a refusé d'être reconduit à son poste a mis en garde son successeur et l'ensemble de la classe politique, estimant que seul un "gouvernement neutre" était à même de sortir le pays de la crise. Mais Ennahda s'y oppose, prônant la "légitimité" des urnes. La sienne, donc.

Une épaisse moustache noire, le visage encadré d'une fine monture de lunettes, Ali Larayedh a promis, dans une déclaration ce vendredi, de former un cabinet dans lequel se retrouveront "tous les Tunisiens et Tunisiennes", insistant sur l'égalité des sexes alors que le pays traverse sa plus grave crise politique depuis le départ de Ben Ali, le 14 janvier 2011. Ali Larayedh a deux semaines pour former un gouvernement composé d'hommes politiques et de technocrates, avant de le soumettre à l'approbation de l'Assemblée nationale constituante.
Torturé et humilié sous Ben Ali
Originaire de Médenine, dans l'extrême sud du pays, Ali Larayedh est considéré comme un modéré au sein du mouvement Ennahda, dont il est une figure historique. Mais surtout comme "un homme d'écoute" et de "consensus" dans un parti hétérogène aux sensibilités diverses. Dans les années 1980, il avait notamment présidé le conseil de la Choura (parlement interne du parti), avant de prendre les rênes du bureau politique, géré maintenant par son frère, Ameur Larayedh.
Emprisonné sous Bourguiba, cet ingénieur de la marine marchande a subi la répression de Ben Ali dès 1990. Deux ans plus tard, il a écopé de 15 ans de prison, dont plus de 10 en isolement, où il a été torturé et humilié dans une vidéo pornographique qui circule encore sur les réseaux sociaux pour le discréditer. Sa femme a également subi le même sort. Libéré en 2004, Ali Larayedh a représenté le mouvement au sein du "collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés", une plateforme réunissant l'opposition sous Ben Ali.
Bilan contrasté et contesté
Après les élections d'octobre 2011, ce père de trois enfants âgé de 57 ans est nommé ministre de l'Intérieur, service où officient ses anciens bourreaux. "Moi, à ce poste, cela confirme qu'il y a vraiment eu une révolution", confiait-il au Point en septembre dernier, admettant qu'il s'agissait du ministère "le plus difficile à gérer et à réforme ". En janvier 2011, lorsqu'il a essayé d'évincer un ancien cadre des brigades d'ordre public (BOP) poursuivi par la justice pour la répression de l'hiver 2010-2011 avant la chute de Ben Ali, Ali Larayedh s'est heurté aux mécontentements des BOP qui ont protesté devant cette forteresse située avenue Habib-Bourguiba.
"Il a réussi à diriger un ministère qui n'était pas facile du tout", estime Hajer Azaiez, députée Ennahda. Pourtant, son bilan est controversé. Pour certains, la répression des manifestations du 9 avril, l'attaque de l'ambassade américaine, l'usage de chevrotine pour contenir la fronde de Siliana, fin novembre, et l'assassinat de Chokri Belaïd, le 6 février dernier, entachent le tableau. Si des commissions d'enquête ont été ouvertes, Human Rights Watch pointe le manque de coopération du ministère. Pour d'autres, Ali Larayedh, malgré des accusations de laxisme face aux salafistes, a relevé le défi sécuritaire en multipliant les arrestations, s'attirant même les foudres du chef djihadiste Abou Iyadh. Un avis conforté par les récentes découvertes de cache d'armes et les rafles en pleine nuit dans certains fiefs djihadistes