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Voir la version complète : Ceux qui partent, ceux qui restent !



baudelaire87
25/02/2013, 14h56
Ceux qui restent souffrent plus que ceux qui partent, pourtant, personne ne pensent à eux, on amoindrit, sous-estime leur peine, on ne peut imaginer à quel point ils s’engouffrent dans le néant. Celui qui part pourrait avoir une raison que celui qui reste ne pouvait pas comprendre. Celui qui part est parti à la recherche de quelque chose, celui qui reste ne cherche rien, ne part pas, il n’en a pas envie ou il est fatigué de toujours partir, il sait peut-être qu’on ne gagne pas toujours en partant, que l’on ne gagne pas tout, que l’on perd peut-être.
Donc, ceux qui restent ont toujours le temps de réfléchir, ce sont eux les plus sages apparemment, ceux qui partent sont tellement pris par leur itinéraire qu’ils n’ont pas le temps ou ont oublié de réfléchir, peut-être qu’ils ont aussi raison de ne pas vouloir réfléchir, ils se disent que s’ils réfléchissaient, ils n’auraient jamais été capables de partir, ce qui veut dire que partir n’est qu’un acte insensé ?
Mais si partir est un acte insensé, pourquoi nombreux sont ceux qui partent ? Chacun va donner une réponse qui l’arrange, mais les plus lucides, les plus intelligents, les plus humains surtout sont ceux qui vous disent qu’ils ne savent pas pourquoi ils ont quitté, pourquoi ils sont partis.
Le départ selon ce raisonnement n’est qu’une petite mort, car ceux qui partent, ils meurent en quelque sorte, disparaissent, laissent des souvenirs, quelques photos, une chambre vide, des vêtements gardant toujours leur parfum, leur odeur, un cendrier s’ils fumaient, un peigne, un livre, tout ce qui reste derrière eux affirme qu’ils sont morts.
Ceux qui restent souffrent toujours, pas seulement à cause du départ des autres, mais parce qu’ils se retrouvent obligés dorénavant de découvrir celui qu’on connaît après son départ, cela pourrait paraître farfelu, voire insensé, mais c’est involontaire, on commence à voir l’autre sous un nouvel angle, le découvrir pendant son absence, se souvenir de ses traits, de sa voix, ses paroles, on commence à le connaître de nouveau et notre souffrance ne fait que s’accentuer lorsqu’on découvre que nous avons beaucoup perdu, plus ce qu’on ne l’imaginait.
Mais en réfléchissant bien, on se heurte à tant de réponses qu’on n’apprécierait pas forcément ; et si le départ était la seule échappatoire devant l’impasse, et s’il était l’unique radeau dans une mer houleuse, s’il était la seule lueur au bout du tunnel, si le départ était la seule manière de dire non ? Peut-être aussi que ce départ qui fait peur est le seul moyen de revenir, de retourner.
Ce qui est certain, c’est que ceux qui restent et ceux qui partent souffrent à la fois de n’avoir pas pu rester ensemble, si tout était à refaire, ceux qui partent disent qu’ils auraient réfléchi avant de partir, peut-être qu’ils auraient pu trouver une raison de rester, et ceux qui restent disent qu’ils auraient peut-être tout fait pour empêcher les autres de partir.

Si tout était à refaire
On aurait attrapé le bonheur
On aurait su quoi dire
A ceux qui rêvent de partir
Si tout était à refaire
On aurait évité ces pleurs
On aurait compris que le bonheur
On le saisit quand on le perd.

Baud87

ICOSIUM
25/02/2013, 21h21
Merci Baud pour le partage de toutes ces réflexions et questionnements.

yasmi
25/02/2013, 23h15
Merci, c'est émouvant comme texte.
Tu nous offres là un nouveau style.