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Voir la version complète : Harez aouicha



mounir27
18/03/2013, 07h37
Le cerbère de Aouicha


Grâces, grâces! Dieu Seul dispense la richesse ;
j'en appelle à Toi, ô mon Seigneur.
matla :
Que faire ? quel stratagème choisir ? Quelle ruse efficace opposer
à ce cerbère érudit du Hidjâz, venu au Maroc par désir de parade ? Il connaît, ô esprit vif, l'art de la navigation des Romains hostiles, instruit par tant de sages et de savants en astrologie,
courageux et plein d'audace, bien informé sur les ruses des femmes, buveur invétéré, et attiré par la compagnie des jeunes filles,
la passion de sa vie. Il parcourut le monde,
visitant villes et villages, à la recherches d'une gazelle.
Dès son arrivée à Azemour, il rencontra une fille élégante.
Vierge, superbe et gracieuse, jouant du luth
et chantant à faire chavirer [les cœurs ]
des mélodies sur un mode Higaz syrien, elle surpassait toutes les autres gazelles :

Lorsque le cerbère arriva, pétri!! de ruses, les envieux la lui vendirent
car ils me jalousaient cette perle tant convoitée.!
Le cerbère l'encercla de gardes en son palais,
élut domicile entre rivière et mer et s'appropria sa beauté.
La superbe gazelle le fascinait: il était conquis par sa beauté souveraine
qui l'avait soumis. Il plaça des gardes aux accès!.
refrain :
Ah! Qui voudra écouter ce qu'il advint entre l'amant,
Ouicha et le cerbère, cet érudit du palais ?!
machhad :
Grâces, grâces! Dieu seul dispense la richesse ;
j'en appelle à Toi, ô mon Seigneur.
Que faire ? Quel stratagème choisir ? Quelle ruse efficace lui opposer ?
Le diadème de Beauté s'en est allé
et je suis sans nouvelles d'elle depuis sept jours.
Mais voici qu'un messager se présente à moi
avec de bonnes nouvelles de la gazelle :



toujours au palais!! chez cet érudit arrivé au Maroc au point du jour ;
il l'enferme en son palais, subjugué par sa beauté,
sa chevelure, ses grains de beauté, ses yeux à l'iris noir et sa bouche...
Je lui dis, agacé: « Tous mes amis sont des aigles
mais notre vision diffère sur la plus majestueuse des jeunes filles
car, je l'admire, moi, lorsqu'elle lui accorde
quelques faveurs en le tourmentant,
lui montrant ainsi de quoi sont capables les Marocains. »
J'ôtais la djellaba pour endosser l'habit de Qadi ;


c'était une éloquente poétesses du Maroc,
jeune fille de dix-huit printemps.
C'était une belle adolescente déjà coquette.
Elle avait grandi dans mon intimité ;
toujours à mes côtés, elle ne pouvait se passer de moi.


Auteur: Cheikh el-Hâdj Ben Qoraïchi

Interprète: Hâchemi Guerouâbi

dahmane1
18/03/2013, 10h06
Très belles histoire, merci pour la traduction Mounir27

EL Ashqa wetTadjer (l’Amoureuse et le Commerçant), une autre belle histoire de la Reine pieuse qui avait donné sa couronne, par amour au Prophète (SAW), à un mendiant qui a fait de lui un notable et très riche commerçant…


http://www.youtube.com/watch?v=18nAK03gCAg

cerisa
18/03/2013, 13h05
un retour bien fort Mounir!!!!

mounir27
28/03/2013, 06h51
Très belles histoire, merci pour la traduction Mounir27


Merci pour ta contribution ...

[QUOTE=cerisa;138529]un retour bien fort Mounir!!!!

cerisa merci a toi de ta lecture ..

M'siquine
28/03/2013, 07h10
C'est simplement très beau ! Merci Mounir 27 !

dahmane1
28/03/2013, 14h22
Après une hibernation de quatre siècles, Qassidat El Harraz, connue en Algérie sous le titre de Ouicha wel harraz a été propulsée dans tout le Maghreb grâce au talent inégalé du regretté El Hadj El Hachemi Guerouabi. Le maître du chaâbi a fait vibrer des foules de jeunes passionnés en ressuscitant de nombreux textes tombés dans l’oubli. El Harraz figure sans doute parmi les poèmes fétiches de l’artiste et aussi de son public. Le texte a été écrit dans le lointain XVIIe siècle sous la plume d’un auteur obscur connu d’une poignée de spécialistes. C’est une œuvre à la fois lyrique et satirique, héritière du « zadjal » andalou dont la finesse révèle un art consommé de la comédie. De nombreux chercheurs considèrent ce mouvement comme initiateur des chants troubadours occitans du Moyen-Age.

El Harraz, désormais populaire, se compose à l’origine de huit parties connues ou « aqsam » entrecoupées de « harba ». Ce long poème a été enregistré une seule fois dans son intégralité d’une voix délicate et monocorde par Cheikh Toulali, le maître marocain du malhoun. Le manuscrit a attiré l’attention de grands auteurs orientalistes comme Emile Dermenghem qui classe El Harraz dans la liste des « plus beaux textes arabes » (La Colombe, Paris 1951), E. Dermenghem, auteur de La vie de Mahomet en 1950 et La vie des saints musulmans dans les années cinquante. Par ailleurs, le Diwan arabe et kabyle, œuvre collective dirigée par Rachid Ous, publiée sous l’égide de l’Unesco en 1996, donne une version expurgée de Qasidat El Harraz. Les auteurs attribuent ce chant au maître El Hadj Ben Qoreïchi ; malheureusement, on n’a aucun indice sur cet auteur et son époque. Bermenghem, plus précis, donne Ali El Baghdadi, XVIIe siècle, comme l’auteur incontestable de la composition en se basant sur la « signature » du texte original qu’il a traduit en collaboration avec Mohamed El Fasi.

La pièce se termine par la révélation classique du melhoun et chaâbi : « Mon nom est célèbre ; la première lettre a pour chiffre 70 et la dernière 30. » Dans le mystère des chiffres Abadji, 70 et 30 signifient « Ali. » El Hachemi Guerouabi, tout comme Amar Ezzahi, a extrait l’essentiel du poème pour l’adapter aux attentes du public algérien. Ce fut une heureuse idée. Une version intégrale n’aurait pas été « lisible » en marge de quelques puristes passionnés. El Harraz est un thème de littérature populaire, largement exploité dans le genre melhoun. El Hachemi Guerouabi lui-même en a chanté deux versions avec Harraz Yamna, peu connue, de Ali Ould Erzine, écrite probablement aux alentours du XVIIe ou XVIIIe siècles.

Le poème met en scène la force brutale du gardien infatigable qui surveille sans relâche la belle Ouicha enfermée derrière les murs d’une maison-forteresse et pour laquelle son amoureux va déployer des trésors de ruse pour venir à bout de la vigilance du cerbère.Le duel met face à des qualités comme l’intelligence, la finesse et la patience, une forme de cruauté d’un étranger qui a ravi une jeune fille dans la légalité d’un mariage imposé à la belle. A huit reprises, l’amoureux déterminé à atteindre la prisonnière se met en scène sous les apparences de différents personnages, tantôt pacha, tantôt riche négociant ou jeune esclave prêt à servir.

Parfois déguisé en belle chanteuse et danseuse à la tête d’une troupe féminine et rien n’y fait pour tromper ce harraz imperturbable et insensible à la corruption. Finalement, l’amoureux parvient à ses fins en se faisant passer pour un savant fkih « compagnon des hadith, maître de la science et la maîtrise de Sidi Khalil, habile dans l’astronomie, les prières du bismala et les difficiles problèmes du znati ». El Harraz est enchanté par cet homme et finit par céder sous le charme du faux savant.

Il se livre comme dans une séance d’analyse ouvrant les portes de son cœur et… sa maison à l’intrus qui n’avait qu’une idée en tête : voir Ouicha. El Harraz avoue n’avoir jamais eu accès aux faveurs de sa jeune épouse. Pour être enfin seul avec sa bien-aimée, le faux savant envoie son hôte dans les lointains marchés du Souss marocain à la recherche d’une liste de produits rarissimes pour lui conférer de mystérieux pouvoirs et réduire les résistances de sa belle.

Au-delà de la démonstration du savoir-faire d’un amoureux qui n’entend pas abandonner sa Ouicha, Ali El Baghdadi s’est appliqué à décrire les traits de personnalité de l’homme maghrébin dans cette époque reculée de l’histoire ; malicieux, fin, intelligent, patient mais aussi profondément humain pour céder à la passion du cœur une dimension qui dépasse l’entendement de l’homme d’aujourd’hui, d’où l’intérêt de ce témoignage à la fois psychologique et sociologique qui nous vient de loin dans l’histoire.

Par Rachid Lourdjane – El Watan 13/09/09

dahmane1
28/03/2013, 14h24
http://www.youtube.com/watch?v=W6XROnGb2hw

M'siquine
28/03/2013, 16h58
Après une hibernation de quatre siècles, Qassidat El Harraz, connue en Algérie sous le titre de Ouicha wel harraz a été propulsée dans tout le Maghreb grâce au talent inégalé du regretté El Hadj El Hachemi Guerouabi.

Finalement, l’amoureux parvient à ses fins en se faisant passer pour un savant fkih « compagnon des hadith, maître de la science et la maîtrise de Sidi Khalil, habile dans l’astronomie, les prières du bismala et les difficiles problèmes du znati ». El Harraz est enchanté par cet homme et finit par céder sous le charme du faux savant.

Il se livre comme dans une séance d’analyse ouvrant les portes de son cœur et… sa maison à l’intrus qui n’avait qu’une idée en tête : voir Ouicha. El Harraz avoue n’avoir jamais eu accès aux faveurs de sa jeune épouse. Pour être enfin seul avec sa bien-aimée, le faux savant envoie son hôte dans les lointains marchés du Souss marocain à la recherche d’une liste de produits rarissimes pour lui conférer de mystérieux pouvoirs et réduire les résistances de sa belle.

Au-delà de la démonstration du savoir-faire d’un amoureux qui n’entend pas abandonner sa Ouicha, Ali El Baghdadi s’est appliqué à décrire les traits de personnalité de l’homme maghrébin dans cette époque reculée de l’histoire ; malicieux, fin, intelligent, patient mais aussi profondément humain pour céder à la passion du cœur une dimension qui dépasse l’entendement de l’homme d’aujourd’hui, d’où l’intérêt de ce témoignage à la fois psychologique et sociologique qui nous vient de loin dans l’histoire.

Par Rachid Lourdjane – El Watan 13/09/09


Merci Dahmane !

Tu m'enchantes avec ton savoir et ces enseignements mon ami !

dahmane1
28/03/2013, 17h56
Merci Dahmane !

Tu m'enchantes avec ton savoir et ces enseignements mon ami !

Salam M’siquine
Merci mon ami. Menkoum oumenesse Kenadsa, ville des Poètes, t’3alemna


http://www.youtube.com/watch?v=tpFvpjzLQog

M'siquine
28/03/2013, 23h00
Il est vrai que Kénadsa a donné et continue de donner beaucoup de talents dans tous les arts ! Trois grandes figures de la littératures en sont originaires : Y Khadra, Malika Mokadem et Pierre Rabha pour ne citer que ceux-ci !

dahmane1
28/03/2013, 23h12
Il est vrai que Kénadsa a donné et continue de donner beaucoup de talents dans tous les arts ! Trois grandes figures de la littératures en sont originaires : Y Khadra, Malika Mokadem et Pierre Rabha pour ne citer que ceux-ci !

malheuresement beaucoup connaissent tous ces noms, mais n'ont jamais entendu parler de Qnadsa une ville d'art comme Azzefoun (3azifoune, musiciens) en Kabylie

M'siquine
28/03/2013, 23h43
Il faut de temps en temps se ressourcer auprès de ces gens qui sont nés sous ces belles étoiles pour s'abreuver de leur savoir et du don que leur a préservé le Bon Dieu !

Kénadsa reste ce vivier d'où de grands talents continuent d'émerger !