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kredence
25/12/2008, 03h21
Renseignements généraux : Scandales et tuyaux crevés

La police se découvre-t-elle en les renseignements généraux (RG) un organe gangrené ? Il y a tout lieu de le supposer au vu des limogeages en cascade d’officiers de ce département.

La chronique médiatique, ces temps derniers, a trouvé en les scandales impliquant des officiers des renseignements généraux de la police, voire des hauts responsables de ce corps, de quoi s’assaisonner.

Lundi, à en croire des révélations faites par la presse, le patron des renseignements généraux au niveau de la wilaya de Annaba, Beldjilali Kamel, a été démis de ses fonctions.

La décision, prise par le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Ali Tounsi, serait motivée par l’implication du mis en cause ainsi que d’autres officiers dans un chapelet de scandales.

Cette sanction intervient après celle prononcée le week-end dernier par le même DGSN à l’encontre du patron du Service régional des renseignements et des recherches opérationnelles (SRRRO) au niveau de la même wilaya.

Mais avant qu’il ne sévisse dans cette wilaya de l’est, le directeur général de la Sûreté nationale avait eu à s’illustrer à l’ouest, précisément dans la wilaya d’Oran où il suspendit de ses fonctions le premier responsable des renseignements généraux au niveau de la Sûreté de cette wilaya.

Ce dernier se serait rendu coupable d’avoir gardé 18 grammes de résine de cannabis dans son bureau.

Auparavant, Ali Tounsi avait eu encore à suspendre de ses fonctions le patron des renseignements généraux de la Sûreté de la wilaya d’Alger (SWRG).

Dans le sillage des responsables des RG suspendus, sont tombés également deux autres officiers ainsi que le commissaire de l’arrondissement de Bab-El-Oued.

Ces sanctions ont été motivées, rappelons-le, par une approximation dans le traitement d’un dossier d’habilitation d’un postulant à l’intégration du corps de la police.

Hormis cette scabreuse affaire de cannabis dont se serait, en sus, rendu coupable le patron des RG à Oran, il reste que, de manière générale, les responsables sanctionnés auraient eu le tort de se rendre auteurs d’un laxisme dans la récolte et la gestion du renseignement.

Et si le directeur général de la Sûreté nationale a décidé ainsi de «châtier» ces responsables des RG qui ont failli à leur mission et manqué à leur serment, c’est que le préjudice que leur «nonchalance» a causé est grand.

Relativement à la sécurité publique en général qu’à la subversion terroriste en particulier. Organe névralgique de la police nationale, les renseignements généraux ont la lourde tâche de fournir les éléments nécessaires à l’anticipation en matière de sécurité.

Et, évidemment, quand les RG viennent à être mal tuyautés ou à louper de faire bon usage des informations qu’ils récoltent, c’est l’inefficacité certaine qui atteint le corps entier de la police.

Le directeur général de la Sûreté nationale semble s’être réveillé à cette réalité amère des renseignements généraux. Une réalité qui ne lui laisse pas de répit, puisque les sanctions n’ont de cesse de pleuvoir.

Reste à savoir maintenant si Ali Tounsi ne fait que réagir après coup à des scandales trop visibles ou alors, au contraire, son action participe d’une décision résolue à faire un profond lifting dans le corps.

A se fier à ses déclarations d’il y a une année, il s’agirait de la mise à exécution d’un plan «tolérance zéro» à l’encontre des policiers ripoux.

A plus forte raison à l’encontre des responsables des renseignements généraux qui, eu égard à ce que la révélation donne à consigner comme scandales les impliquant, auraient oint leur métier d’une épaisse couche d’éclaboussure.

Source: Le Soir d'Algérie