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la terre
06/12/2013, 15h47
Afrique du Sud : Nelson Mandela, grand jusque dans sa mort

Le Point.fr - Publié le 05/12/2013 à 22:51 - Modifié le 06/12/2013 à 06:17

Tout au long de sa vie, l'ancien président d'Afrique du Sud s'est distingué par son courage, sa farouche volonté. Il entre de plain-pied dans l'histoire.


Le grand lion s'est éteint jeudi 5 décembre 2013 dans la soirée. L'âge et les séquelles d'une tuberculose contractée dans les geôles humides de Robben Island ont emporté son dernier souffle. Mais son image, symbole de la lutte contre l'apartheid, est intacte. Un visage souriant et bienveillant, dont l'aspect vieilli aura été préservé des regards indiscrets par la pudeur de celui qu'on appelait Madiba.

Sang bleu - il est issu d'une famille royale de l'ethnie Xhosa -, coeur noir, il a rendu l'impensable possible en devenant le premier président noir de la "nation arc-en-ciel". La lutte de ce passionné de boxe commence en 1940 : il est exclu de l'université pour s'être joint à un boycott visant à dénoncer les conditions des étudiants noirs en Afrique du Sud. En 1943, il devient membre du Congrès national africain (ANC), dont il sera le président en 1991. Avocat, s'inspirant des théories de Gandhi qui prônent la non-violence, il croit tout d'abord la plume plus forte que l'épée. Manifestations, contestation de lois racistes, appels à la désobéissance... En vain. En 1960, le massacre de Sharpeville au cours duquel 69 Noirs meurent sous les balles de policiers sonne le glas de cette politique. En décembre 1961, Mandela crée la branche armée de l'ANC, ce qui lui vaut d'être considéré comme une organisation terroriste. Mandela appelle au sabotage plutôt qu'aux assassinats, contrairement à certains membres de l'ANC.
Humanisme et pragmatisme

Madiba préfère la réconciliation à la vendetta. Il apprend l'histoire des Afrikaners, leur langue, entend leurs revendications. En s'affirmant hostile à "la domination aussi bien blanche que noire" et en décrétant que l'Afrikaner est un Africain au même titre qu'un Noir, il se distingue de l'africanisme, en vogue à l'époque. Ses négociations avec Pieter Botha, considéré comme le fer de lance du régime ségrégationniste, sans le consentement et à l'insu de l'ANC en témoignent. Un humanisme doublé d'un pragmatisme politique auquel le microcosme carcéral l'aura exercé pendant ses 27 ans d'emprisonnement.

Condamné à la perpétuité en 1964, il est libéré par Frederik De Klerk en 1990. Tous deux recevront le prix Nobel de la paix en 1993. L'année suivante, les premières élections démocratiques et multiraciales d'Afrique du Sud voient l'ANC triompher : le 10 mai, Mandela est élu président. Des symboles forts, mais qui ne soldent pas les désaccords entre les deux artisans de la transition. En 1995, l'abandon par De Klerk des poursuites à l'encontre de policiers à l'origine de crimes racistes met Mandela dans une colère terrible, portant un coup à la coalition. Un an plus tard, c'est au tour de Mandela d'essuyer les critiques : la Commission vérité et réconciliation qu'il met sur pied est accusée d'épargner la prison aux auteurs d'actes racistes en échange de l'aveu de leurs crimes. Une politique du pardon jugée "facile" et qu'une partie de la classe populaire, ses alliés du parti communiste et des syndicats noirs n'ont pas digérée.
"Éventrement intérieur"

À la fin de son mandat, en 1999, le bilan dressé par ses détracteurs contraste avec son aura d'icône internationale. Économie "anémique", baisse du niveau d'instruction et de la qualité des soins médicaux, manque de logements pour les pauvres, corruption, criminalité et résurgence du racisme... Un "statu quo socio-économique" qu'il assume à demi-mot : conscient que des réformes trop radicales l'auraient fait passer pour un communiste auprès des investisseurs étrangers, Mandela visait avant tout à assurer une transition sans bain de sang ni banqueroute.

Mais la griffe de la guerre impose son prix : sa vie héroïque lui vaudra de se demander si "le combat qu'on mène pour d'autres justifie qu'on néglige sa propre famille". Il vit privé des siens, l'apartheid est son combat, l'absence son cauchemar. Divorcé et remarié trois fois, il perd deux de ses fils. Un "éventrement intérieur" qui le hante au point de déclarer au mariage de sa fille : "Si c'était à refaire, je ne le referais pas."

Mandela est une bête de scène, pas un animal politique : il consacre le reste de sa vie à des oeuvres caritatives, notamment à sa fondation contre le sida, et à rattraper le temps perdu auprès des siens. Sa popularité est universelle, sans appel : ami des stars, de Kadhafi et de la reine d'Angleterre, Mandela symbolise toujours "le triomphe de l'espoir sur l'injustice". Et c'est pour cela que nous l'honorons aujourd'hui.

dahmane1
06/12/2013, 16h03
Beaucoup de Palestiniens sont dans les prisons de l'entité sionistes depuis plus de 30 ans sans avoir la même chance de publicité.
Nelson Mandela est un héros parmi des millions d'hommes libres Africains

yasmi
06/12/2013, 16h37
C'était un grand homme qui a su combattre l'apartheid.
Il reste une grande figure de l'Histoire africaine.
Il mérite qu'on lui rend hommage.

pointdevue
06/12/2013, 19h26
J'espére qu'il y aura des mamans qui enfanteront des hommes de cette trempe et de cette qualité.

la terre
07/12/2013, 22h07
J'espére qu'il y aura des mamans qui enfanteront des hommes de cette trempe et de cette qualité.

tu ne dois pas douter !

yasmi
07/12/2013, 22h37
J'espére qu'il y aura des mamans qui enfanteront des hommes de cette trempe et de cette qualité.

A condition de trouver le bon papa :icon_mrgreen:

pointdevue
07/12/2013, 23h02
tu ne dois pas douter !
mais Terre je n'ai pas exprimé un doute. J'ai écris "j'espère" ce qui veut dire que je reste confiant!:icon_cool: D'ailleurs j'ai été bête de mettre uniquement sur le dos de la femme cette "responsabilité". et Yasmi a bien fait de me rappeler le rôle du papa en la matiére.:icon_biggrin:
Bonne soirée.

la terre
07/12/2013, 23h03
mais Terre je n'ai pas exprimé un doute. J'ai écris "j'espère" ce qui veut dire que je reste confiant!:icon_cool: D'ailleurs j'ai été bête de mettre uniquement sur le dos de la femme cette "responsabilité". et Yasmi a bien fait de me rappeler le rôle du papa en la matiére.:icon_biggrin:
Bonne soirée.

bonne soirée à toi

Opera
07/12/2013, 23h03
les grands Hommes , ne meurent pas dans la mémoire des hommes.

pointdevue
07/12/2013, 23h05
A condition de trouver le bon papa :icon_mrgreen:
oui c'est vrai... :icon_confused:mais ne dit-on pas que "derriére chaque grand homme se tient une grande femme ? " C'est assez pour souligner le rôle fondamental de la maman dans la "fabrication" des hommes de valeur et valeureux.
Bonne soirée.

yasmi
07/12/2013, 23h15
oui c'est vrai... :icon_confused:mais ne dit-on pas que "derriére chaque grand homme se tient une grande femme ? " C'est assez pour souligner le rôle fondamental de la maman dans la "fabrication" des hommes de valeur et valeureux.
Bonne soirée.

Exactement ...
bonne soirée

ICOSIUM
08/12/2013, 10h36
• la leçon
le 07.12.13
Les hommes naissent égaux et meurent en emportant gloire et reconnaissance pour certains et l’implacable jugement de l’histoire pour d’autres. Rolihlahla Nelson Mandela a eu ce que de rares hommes peuvent avoir : la gloire de son vivant et la reconnaissance de tous à sa mort. Il sut rester humain lorsque le commun des mortels criait vengeance. Il sut semer la paix lorsque les semeurs de troubles battaient leurs tambours, il sut et put détruire pacifiquement le régime raciste de l’apartheid lorsque les voix de la guerre civile se faisaient menaçantes. Son œuvre colossale pour la réconciliation entre tous les Sud-Africains, noirs et blancs, après des décennies d’injustice, lui a valu la juste et légitime reconnaissance du monde entier. L’icône de paix, de justice et de réconciliation qu’il était devenu a donné au monde une autre image de l’Afrique.
Ce n’était plus l’Afrique de ces «révolutionnaires» africains travestis en véritables dictateurs après les indépendances ni celle des coups d’Etat et des conflits, mais celle d’une Afrique apaisée, capable du meilleur lorsqu’elle est guettée par le pire. L’image fière de cette bonne terre d’Afrique, généreuse désormais, pas seulement mère de l’humanité mais aussi de l’humanisme. Madiba n’était plus le nom d’un clan tribal, mais le synonyme de cette fraternité interraciale dont sont incapables, aujourd’hui encore, même les sociétés les plus technologiquement avancées.
Après 27 longues années passées dans une cellule étroite, Mandela a fait naître en lui non pas la haine de ses geôliers, mais l’espoir de voir son pays arriver à réaliser l’idéal de bannir toutes les dominations, blanches ou noires, et instaurer une société démocratique et libre. De ses 27 années de détention, il a eu cet enseignement que seuls les hommes de grande valeur sont capables de comprendre dans un milieu aussi sombre et n’offrant même pas un espoir de la taille de l’entrouverture d’une porte, celui que «même ses geôliers ne jouissaient pas de liberté tant que lui n’était pas libre».
De cet enseignement il fit un principe, une voie de sortie de crise salutaire pour son pays. Le pas vers la liberté commençait forcément par un autre, celui qui cicatrise les plaies et les blessures. C’est là où le passage à la commission vérité et justice a permis d’éviter à l’Afrique du Sud de sombrer dans la violence et lui offrit d’apaiser sa mémoire.
La réconciliation version Mandela est aux antipodes de la version connue en Algérie. Il ne s’agissait pas de prescrire une amnistie aux bourreaux sans même les juger, ou imposer l’oubli et le déni aux victimes. Basée sur les règles de vérité et de justice, la réconciliation que proposa Madiba donnait l’occasion aux criminels de faire en public et face aux victimes leur mea culpa. Le pardon n’étant accordé que par les victimes ou leurs familles pour que l’amnistie soit prononcée.
Les bourreaux, se refusant à cette demande publique, ont été jugés pour leurs crimes. Farouchement démocrate et foncièrement humaniste, Nelson Mandela ne s’est pas laissé aveugler par le pouvoir. Madiba aimait son pays plus que tout et n’attendait pas une présidence à vie en retour. Après avoir accompli son œuvre colossale, il refuse de briguer un second mandat et décide de passer le témoin. L’humilité est un autre signe de grandeur de Nelson Mandela, ce que nombre de dirigeants assoiffés de pouvoir ne peuvent pas connaître. Mandela, ce symbole des âmes libres, aimé de tous, doit aussi être le cauchemar des dictateurs car il leur renvoie l’image de grandeur qu’ils ne pourront jamais incarner. Dieu bénisse la mère Afrique d’avoir enfanté Rolihlahla, «fauteur de troubles» en langue xhosa.

Nadjia Bouaricha
elwatan

yasmi
09/12/2013, 12h32
C'est impressionnant le nombre de chef d'Etat et anciens chef d'Etat et personnalités qui seront présents à ses obsèques.
Jamis aucun dirigeant n'a eut ce privilège.