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Voir la version complète : La traduction du Coran



Halimou
13/11/2015, 17h05
Le Coran est Livre de Dieu dans la mesure aussi, d'autre part, où le texte coranique est également écrit, auprès de Dieu, dans le Livre originel ("umm ul-kitâb") :

"Par le Livre clair ! Nous en avons fait un Coran arabe, afin que vous raisonniez. Et il est [transcrit] dans le Livre originel auprès de Nous, certes élevé, empli de sagesse" (Coran 43/2-4).

"Dieu efface ce qu'Il veut et garde ce qu'Il veut ; et auprès de Lui se trouve le Livre originel" (Coran 13/39) ;

D’après un des commentaires relatés de Ibn Abbâs, ce verset signifie :

"Dieu efface du texte coranique les versets qu'Il veut en en abrogeant (la récitation), et Il garde ce qu'Il veut en ne l'abrogeant pas ; et tout cela est écrit dans le Livre originel, auprès de Lui : y est écrit ce qui est abrogeant, ce qui est abrogé".

(Rapporté par Ibn Jarîr, Ibn ul-Mundhir, Ibn Abî Hâtim, al-Bayhaqî, cité dans Bayân ul-qur'ân, commentaire du verset 13/39 ; voir aussi Fath' ul-bârî 13/641).

Mais c'est un Coran glorieux écrit dans une Tablette protégée" (Coran 85/21-22).

Ce Livre originel aussi a été écrit à un moment donné, quand Dieu l'a voulu ; et il a été écrit au moyen de la plume servant à écrire la révélation (cf. Shar'h ul-'aqida at-tahâwiyya, pp. 345-346).

Pour en revenir au Coran, nous sunnites disons donc : "La Parole de Dieu qu'est le Coran provient de Dieu, et vers Lui elle retournera" ("Minhu badâ wa ilayhi ya'ûd" : Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, p. 176, p. 195

Le Coran est aussi un livre : "Ceux qui récitent le Livre de Dieu…" (Coran 35/29) ;

"Et récite ce qui t'a été révélé, le Livre de ton Seigneur" (Coran 18/27).

En plus d'être la Parole de Dieu, le Coran est donc aussi le Livre de Dieu.

Le Coran demeure incontestablement le texte arabe le plus difficile à traduire. Oeuvre d’une extrême finesse et complexité, eIle recèle des propriétés lexicales morphosyntaxiques et même phonologiques qui ne sont nullement l’effet du hasard.

Il se caractérise à la fois d’une simplicité des mots et d’une complexité du flux verbal. C’est ainsi que, par sa simplicité et sa clarté extrême, le vocabulaire coranique ménage chez tout lecteur du Coran un effet majeur qui, comme le constate très correctement J.Berque (p. 734),

C’est le cas, par exemple, de la particule de négation la et des conjonctions wa et fa.

L’on peut imaginer la perplexité du lecteur francophone devant les deux traductions suivantes du verset 16 de la Sourate 84

fa lâ ’uqsimu bi l-chafaq

Donc non je jure par le crépuscule du soir !

Montet traduit par

« je ne jurerai pas par le crépuscule »,

Tout en ajoutant dans une note explicative en bas de la page:
« Il est inutile de jurer tant la chose est certaine ».

La traduction de la PGDRSI s’en tient au mot à mot, puisque lâ est traduit par « non »:

« Non!... Je jure par le crépuscule ».

Il va sans dire que les deux traductions fournissent des informations tout à fait contradictoires! Le cas échéant, ne serait-il pas plus prudent d’ignorer complètement l’existence de cette particule problématique, plutôt que de la traduire de façon erronée! Tel fut le choix de Noureddine Ben Mahmoud qui se contente de traduire le verset comme suit:

« Je jure par le crépuscule ».

Quant à Berque, il a traduit la particule par une interjection marquant l’exclamation:

« Oh! J’en jure par la rougeur du couchant ».

D’autres ont proposés la traduction suivante:

(Certes, j’en jure par le crépuscule)

Un examen attentif des diverses traductions françaises du Coran révèle à quel point de graves erreurs peuvent être commises par le traducteur s’il s’en tient uniquement aux dénotations des unités lexicales et néglige leurs connotations

C’est ainsi que le verbe daraba a été complètement pris hors contexte dans le verset suivant où il fait partie de l’expression idiomatique arabe

«daraba mathalan »

Wadrèbe lahum mathala lhaya:ti d-dunya: (S 18 45)

Lorsqu’il a été traduit par « frapper un exemple» (Hamidullah) plutôt que par « donner/citer/évoquer... un exemple ».

Il va de soi que « frapper un exemple » est plutôt risible en français!

Le Prophète était un homme exemplaire, tous ses actes et ses comportements représentaient l’excellence de la vertu. Il était le modèle à suivre qui doit inspirer la vie et le comportement de tous les Musulmans qui doivent trouver facilité et sérénité à l’imiter.

Mais, n’est-ce pas là une marque de l’authenticité de son ministère que toutes ces forces coalisées contre lui n’aient pu l’arrêter, le faire reculer ou le détruire ?

Il n’existe pas dans l’histoire de l’humanité, un Apôtre qui a eu à supporter autant d’accusations injustifiées et infondées. Comme si les forces du mal s’étaient déchaînées pour anéantir son Message, fondé sur l’Unicité de Dieu, le pardon et la Miséricorde divine.