PDA

Voir la version complète : Algérie : gérer l’après opération antiterroriste de Aïn Defla



Toufik
25/08/2008, 07h16
Le ministère de l’Intérieur a annoncé la mort, dimanche 24 août, de dix terroristes dans une opération de l’armée nationale contre le GSPC à Aïn Defla. C’est le deuxième coup dur porté par les forces de sécurité aux groupes armés islamistes en moins de trois semaines. Douze terroristes avaient été tués par l'armée durant la nuit du 7 au 8 août à Beni-Douala, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en représailles à une attaque kamikaze perpétrée le 3 août contre le commissariat des renseignements généraux de Tizi-Ouzou qui avait fait 25 blessés.

L’opération de Aïn Defla intervient après une semaine particulièrement sanglante durant laquelle 70 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées et plusieurs dizaines blessées dans des attaques terroristes. L’armée a également subi des pertes importantes, avec notamment la mort du commandant du secteur militaire de Jijel dans un attentat à la bombe. Les attentats ont tous été revendiqués jeudi dernier par le GSPC, dans un communiqué. Le groupe terroriste a accompagné sa revendication d’une menace à l’encontre de l’Etat algérien : il a promis de riposter énergiquement à toute opération des forces de sécurité contre ses éléments.

En réalité le GSPC, via cette menace, proposait une sorte de trêve qui lui permettrait de reconstituer ses forces pour mener de nouvelles attaques dans l’avenir. En décidant de mener une opération à Aïn Defla et de rendre publiques les pertes infligées au GSPC, les forces de sécurité montrent qu’elles n’entendent pas céder aux menaces des terroristes. C’est également rassurant de savoir que le gouvernement a décidé de ne pas accepter la «trêve» du GSPC et d’éviter ainsi de rééditer les erreurs du passé : durant plusieurs années, le relâchement dans la lutte antiterroriste et le départ des gendarmes de Kabylie avaient permis aux terroristes de s’installer dans cette région d’où ils préparent et lancent leurs attaques meurtrières.

Mais en annonçant la mort de dix terroristes à une semaine du Ramadhan, une période traditionnellement exploitée par les groupes terroristes pour perpétrer des attentats sanglants, les forces de sécurité savent que le GSPC pourrait réagir. Comme on l’a vu il y a une semaine, ce groupe est loin d’être affaibli et possède des capacités de nuisance certaines.

Contrairement à ce qui s’est produit au lendemain de l’opération de Tizi-Ouzou, les forces de sécurité devraient cette fois redoubler d’efforts pour éviter une nouvelle semaine sanglante aux Algériens. C’est seulement à cette condition qu’on pourrait parler de «premier succès» dans la lutte contre le terrorisme depuis bien longtemps.

Par Lounes Guemache - Tout sur l'Algerie