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kredence
27/01/2009, 04h15
LE GROUPE S’ENFONCE DE PLUS EN PLUS DANS LA CRISE
Orascom cède ses filiales
Cette opération de la dernière chance, semble-t-il, n’a aucune chance de réussir depuis que l’État algérien a mis fin aux spéculations de ce groupe venu rafler la mise sous nos cieux sans rien offrir en échange.

Décidément, les nouvelles qui nous parviennent de la part de certains journaux étrangers et même des communiqués émanant du groupe Orascom Télécom que dirige Naguib Sawiris tendent à confirmer que celui-ci n’en finit plus de s’enfoncer dans la crise. Un communiqué rendu public par le groupe annonce en effet la vente de l’une de ses filiales.

Une vente ne signifie rien en soi puisque tous les groupes réalisent des opérations de ce genre de manière régulière. Mais il n’en demeure pas moins que les groupes en développement cherchent plutôt à acheter et non pas à céder. Ce n’est pas tout.

La filiale cédée, M-Link en l’occurrence, a été cédée à 100 % à un groupe… italien, explique le communiqué. Il s’agit de TLC Servizi SPA. Le prix de vente, donné de manière « approximative » (sic), avoisine donc les 77 millions de dollars.

Or, M-Link, reconnaît le communiqué, a généré en 2008, un revenu de 152 millions de dollars, avec un EBITBA de 18 millions de dollars. N’importe quel profane dirait ainsi que le prix de vente aurait dû être cinq à six fois supérieur à ce revenu.

Or, il lui est inférieur. Partant, il semble que cette annonce soit venue confirmer ce que notre journal annonçait il y a de cela quelques semaines déjà. Le groupe Orascom aurait été pris à la gorge par des groupe italiens à qui il devait de l’argent dans le cadre d’achats et d’opérations spéculatives.

Comment se débarrasser de Djezzy !

Depuis que l’Algérie a mis le holà aux transferts de fonds illégaux vers l’étranger, transferts pratiqués par sa filiale algérienne Djezzy, et que le président Bouteflika en personne a dénoncé ses opérations spéculatives qui avaient rapporté à ce même Djezzy des sommes faramineuses sans effort ni investissement, la crise d’Orascom n’a fait que s’aggraver. Il semble ainsi qu’il a cédé cette filiale dans le but de satisfaire ses créanciers en attendant des jours meilleurs.

Il est même possible que le prix de vente annoncé ne soit pas le bon. Orascom, comme expliqué en détail dans une récente édition, nous a habitués en effet à livrer à l’opinion des chiffres absolument fantaisistes.

Nous croyons même savoir à ce propos qu’à la suite de l’entretien accordé à un journal algérien par le DG de Djezzy,Thamer Al Mahdi, une enquête aurait été déclenchée par l’ARPT (Autorité de régulation de la poste et télécommunication).

Les chiffres donnés par celui-ci, confirmant au demeurant que depuis le départ de son directeur technique il ne semble plus maîtriser grand-chose, il apparaît que soit le nombre d’abonnés de Djezzy ne dépasse pas les 10 millions, soit qu’il a opéré des transferts de fonds illégaux vers l’étranger, soit que son ARPU est nettement inférieur à celui qui a été déclaré.

Dans les trois cas de figures, Djezzy risque d’avoir maille à partir avec les autorités algériennes. Manque de pot, ces déboires interviennent au moment où la campagne pour le boycott du groupe continue de battre son plein.

Outre le fait que ce groupe détient 9 % de parts dans une entreprise sioniste (au sein de laquelle il a injecté la bagatelle de 150 millions de dollars, réalisant au passage le plus important investissement arabe au sein des territoires palestiniens occupés), de récentes déclarations faites par Naguib Sawiris, rapportées par la presse égyptienne, apportait un soutien sans ambages au régime Moubarak et aux maronites (dont il fait lui-même partie).

La campagne pour le boycott encore alimentée

Tout le monde sait que Moubarak a été l’allié des sionistes et qu’il continue de l’être à ce jour dans l’agression menée contre Ghaza ainsi que les criminels embargos qui ont précédé et suivi celle-ci.

Ainsi, de nombreux arabes et musulmans, notamment en Algérie, ont changé d’opérateur depuis le déclenchement de cette campagne menée via des messages mails avec des adresses permettant d’accéder directement aux sites confirmant l’ensemble de ces faits.

La seule chance qui restait à Orascom pour sauver ses meubles était de revendre Djezzy, un groupe dans lequel il a cessé d’investir depuis plus d’une année et pour lequel il a même décidé de réduire de manière drastique son « plan communication », jadis fer de lance de celuici, notamment dans les attaques « commandées » contre les concurrents gênants.

Thamer Al Mahdi ne semble avoir aucune autre mission que la conclusion de cette vente, autour de laquelle pas mal d’encore et de salive avaient coulé il y a de cela plus de six mois.

Ce sont les autorités algériennes qui semblent s’être opposées à cette session, ce qui met le groupe dans la position la plus délicate qui soit. Enfin, cerise sur le gâteau, Naguib Sawiris a annoncé dans une conférence de presse au Caire, et à laquelle la presse algérienne n’a pas été conviée, avoir perdu beaucoup d’argent à la suite des pertes et chutes d’actifs et d’actions générées par la crise financière et économique mondiale.

Retirant ses propres fonds de la City américaine, il a procédé à leur transfert vers des banques françaises, ordonnant à ses filiales algérienne et bangladeshi d’en faire autant. Sawiris, qui n’affiche plus ce profil de conquérant hautain, a au contraire souligné qu’il vendrait bien ses actions s’il venait à trouver acquéreur.

Celles-ci ont chuté pour rappel de près de 65 % depuis le début de la crise financière mondiale fin 2008.

Mohamed Abdoun

http://www.lecourrier-dalgerie.com/papiers/la24.html#1