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kredence
28/01/2009, 04h15
ETAT DES LIEUX DES ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES
Les prisons sont surpeuplées

Notre pays est très loin des normes internationales. L’espace réservé à chaque détenu n’excède pas 1,86m², alors que le standard européen prévoit 12,2m².
La population carcérale en Algérie est en hausse permanente. Le nombre réel serait de «54.000 individus séjournant actuellement dans les 127 établissements pénitentiaires du pays» (contre 50.000 en 2007), a déclaré Mokhtar Felioune, directeur général de l’administration pénitentiaire et de réinsertion au ministère de la Justice, en marge d’une réunion d’évaluation des directeurs des établissements pénitentiaires, tenue hier au siège du ministère. En présentant leurs bilans, la majorité des participants à cette réunion affirme un surpeuplement des prisons. Ils ont également indiqué que la majorité des prisonniers sont des pensionnaires de droit commun et 65% des cas de moins de 30 ans.
La majorité ont quitté très tôt les bancs de l’école. Ils sont entassés dans des établissements datant du début du siècle dernier. Les directeurs de ces établissements ont tous affiché une bonne image de leur centre mais la réalité, qu’on le veuille ou non, est autre tout en se basant sur des données claires. La forte hausse du nombre des détenus ne peut qu’engendrer de terribles conditions carcérales. En effet, notre pays est très loin des normes internationales. Ainsi, l’espace réservé à chaque détenu n’excède pas 1,86m², alors que le standard européen prévoit 12,2m².
Prenons l’exemple de la maison d’arrêt d’El Harrach, à Alger, elle accueille 2 500 incarcérés, dont 40% environ ont moins de 27 ans (statistiques 2007). Notons aussi que la prison d’El Harrach est l’une des prisons les plus surpeuplées.
Apparemment, les prisons «attirent» toujours! Cette situation ne peut s’expliquer que par l’essor de la délinquance et la criminalité en Algérie. La prééminence des jeunes est symptomatique de par leurs difficultés sociales. Cet accroissement du taux de violence est lié à la mauvaise prise en charge des jeunes, qui engendre, par voie de conséquence, plus de problèmes sociaux. Les problèmes tels que le chômage et le manque de perspectives conduisent à la petite criminalité, allant des vols de portables à l’installation de barrages pour le délestage des passagers en passant par le cambriolage des habitations. Une fois ces «agresseurs malgré eux» pris en flagrant délit, la main dans le sac, le passage par un maison de détention devient une obligation.
L’absence de mécanismes de réinsertion les empêche de retrouver le droit chemin. En revanche, la prison constitue pour eux une école. Cela en dépit des aménagements introduits en faveur de la réforme, qui tendent à prévenir la contagion des nouveaux internés par les récidivistes, en les séparant. Des castes y ont été créées en tenant compte de la nature de la peine, mais également de l’âge. A leur tour, les condamnés définitifs sont isolés des prévenus, souvent en grand nombre.
Afin de regagner les «récupérables» le ministère de la Justice, et dans le cadre des réformes, a «mobilisé tous les moyens pour une meilleure prise en charge des détenus». Sur le volet formation, plus de 20.000 détenus sont actuellement inscrits dans le système éducatif et plus de 14.000 dans la formation professionnelle. Le ministère de la Justice a signé également des accords avec les Caisses et agences de l’emploi et d’assurance-chômage dans le cadre de la réinsertion professionnelle des détenus. Les reformes pénitentiaires favorisent, au chapitre du droit, le recours à la liberté conditionnelle.
Les grâces décidées régulièrement par le Président Bouteflika sont de nature également à alléger la pression sur les centres de détention. Pour ce qui est de la modernisations des prisons, le ministère de tutelle a prévu, dans le plan quinquennal, la construction de 42 pénitenciers d’une capacité de 36.000 places à l’horizon 2009. La réalisation de ces infrastructures aboutira à la fermeture des plus anciennes. Notons que 59 datent du XIXe siècle et 36 ont été bâties entre 1900 et 1962.

Abbas AÏT HAMLAT
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2009-01-28/60087.html