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kredence
24/03/2009, 23h43
Le français Adecco lorgne sur le marché algérien de l'emploi

Le groupe français de travail temporaire, Adecco, envisage de s'implanter en Algérie. Le groupe fournit de la main d'œuvre qualifiée aux multinationales et le marché algérien, qui est dans une phase de transition économique, affiche des besoins sans cesse croissants. «Je reste persuadé que ce pays, le premier pays francophone après la France, est un réservoir de croissance extraordinaire, même si des problèmes de sécurité perdurent.

Nous attendons avec impatience que la période des élections soit passée», a affirmé, à ce propos, Jerick Develle, directeur d'Adecco pour le Maghreb. Adecco qui est déjà présent au Maroc depuis 20 ans et en Tunisie depuis 7, envisage aussi de s'installer en Libye et en Egypte. «Nous souhaitons accompagner nos clients internationaux là où ils ont besoin de nous (…). Nous sommes donc en train d'étudier nos potentiels d'implantations sur tous les pays méditerranéens de la zone arabe de libre-échange en fonction de l'évolution de l'actualité économique», a souligné M. Develle.

Le groupe Adecco reste cependant particulièrement intéressé par le potentiel de l'Algérie. Cette entreprise de placement n'est pas la seule à vouloir renforcer les ressources humaines des entreprises étrangères en Algérie, représentant une concurrence et non des moindres aux demandeurs d'emplois algériens. Les diplômés algériens ont du mal à se faire accepter par les sociétés étrangères qui rejettent leurs CV, jugés trop faibles pour les postes qu'ils veulent pourvoir et qui exigent des qualifications importantes.

Ce problème qui se pose avec acuité, a été, à plusieurs reprises, soulevé par les entreprises qui regrettent qu'il n'y ait pas de coordination entre les secteurs de l'enseignement supérieur, l'éducation et la formation professionnelle, d'un côté, et le monde économique, de l'autre.

L’ANEM renforcée dans ses missions

Des milliers de diplômés sortent des universités et des grandes écoles algériennes et se retrouvent, d'emblée, confrontés à la dure réalité du chômage alors que certaines sociétés spécialisées sont, elles, obligées de ramener des travailleurs expatriés pour réaliser certains projets.

Le cas le plus édifiant est celui des chantiers de construction confiés à des entreprises chinoises qui préfèrent faire parcourir des centaines de kilomètres à une main d'œuvre originaire de ce pays plutôt que de faire appel à des Algériens. Pourtant, souvent dans les accords, les pouvoirs publics algériens imposent à ces entreprises de recruter des travailleurs algériens et de les former.

La part de la main-d'œuvre étrangère, qui devait se situer entre 10 et 15 % dans les effectifs de ces entreprises, dépasse, aujourd'hui, largement ce seuil. Elles emploient, en effet, près de 23.000 travailleurs étrangers possédant un permis de travail, soit 0,70% du nombre total des travailleurs en Algérie.

C’est sans doute pour mieux contrôler ce marché de l’emploi que l’Etat a décidé d’élargir les prérogatives de l’organisme public, Agence nationale de l’emploi (ANEM) dont les nouvelles missions ont été énumérées dans le décret exécutif N°09-94 du 22 février 2009, publié dans la dernière édition du Journal officiel. Ainsi, les employeurs, publics et privés, sont tenus de transmettre à l'Agence de wilaya de l’ANEM, territorialement compétente, les informations relatives à leurs besoins en main-d'œuvre.

Yasmine Idjer
Le Financier