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kredence
16/08/2009, 14h28
La politique économique algérienne, mise en œuvre à partir de 2008 par le gouvernement en vue de réduire la facture des importations, commence à creuser le déficit commercial de la France, premier fournisseur et premier client de notre pays.

La France subit de plein fouet le recul des importations algériennes suite à la publication de la loi de finances complémentaire 2009.

Les mesures drastiques prévues dans cette loi telles que l'instauration de la lettre de crédit comme unique mode de paiement de toutes les importations et l'interdiction des crédits à la consommation pour les particuliers ont eu de graves répercussions sur l’économie française.

Les chiffres sont là.

Le déficit commercial français atteint 25,4 milliards au premier semestre en dépit d’un fort repli de la facture énergétique en raison de la dégringolade des cours des hydrocarbures.

Selon les Douanes français, le déficit commercial de la France s'est élevé à 25,4 milliards d'euros durant les six premiers mois de 2009, soit 1,4 milliard de moins qu'au cours des six premiers mois de 2008.

Les exportations françaises ont chuté de 16,8% au premier trimestre 2009, à 166 milliards d'euros.

Au premier semestre 2008, les exportations s'élevaient à 231 milliards.

Un repli sévère, d'autant que selon les prévisions de l'OMC, la contraction du commerce mondial devrait s'élever à 10% cette année.

Au deuxième trimestre les exportations françaises ont commencé à se stabiliser mais l’adoption de la loi de finances complémentaire 2009 en Algérie a faussé tous les calculs des investisseurs français.

Le port de Marseille-Fos, qui réalise une partie importante de son trafic avec notre pays, est un exemple typique du recul des exportations françaises.

Le trafic export est en chute libre avec l’Algérie.

Cet établissement portuaire a été douloureusement touché par les récentes mesures restrictives décidées fin juillet dans la loi de finances complémentaire 2009.

L’obligation faite aux importateurs algériens de recourir au crédit documentaire comme seul moyen de paiement a abouti au blocage de nombreuses marchandises.

Baisse des importations

Au port de Marseille-Fos, les effets de cette mesure sont immédiats.

Le DG de la compagnie maritime Marfret, Bernard Vidil, affirme avoir été contraint de suspendre la semaine dernière le départ d’un navire roulier (ou «Ro-Ro» dédié au transport de véhicules) faute de marchandises.

«Demain, ajoute t-il, on va faire partir un navire avec 50% de marchandises en moins».

Marfret propose en temps normal deux départs par semaine de navires rouliers sur le trajet Marseille-Alger et six départs par semaine de navires porte-conteneurs entre l’Europe du Sud et l’Algérie.

Même son de cloche du côté du manutentionnaire Intramar, qui gère le terminal de conteneurs de Mourepiane situé dans les bassins Est à Marseille, qui génère 35 à 40% de son trafic avec l’Algérie.

Son DG, Michel Henry, déclare qu’en début de semaine «pour la première fois un bateau à destination d’Alger est resté à quai pendant cinq jours dans l’attente de marchandises.

Aujourd’hui, il y a 50% de marchandises en moins qui sont envoyées vers l’Algérie et aucun approvisionnement n’a été réalisé au début de cette semaine», signale t-il.

Pour ces deux opérateurs la situation est critique, non seulement pour les transporteurs, mais aussi pour l’ensemble de l’économie de la ville de Marseille.

«Très affectée, l’activité des bassins Est du port de Marseille, tournée en grande partie vers le Maghreb, va être mise en péril», estime Bernard Vidil.

De son côté, Michel Henry est «très inquiet pour le commerce marseillais dans son ensemble».

D’autant que la période morte du mois d’août en France et le début, dans une dizaine de jours, du mois sacré du Ramadan en Algérie ne vont pas contribuer à faire évoluer positivement les choses.

Plusieurs secteurs économiques français vont pâtir du durcissement des conditions du commerce extérieur à commencer par l’industrie automobile, les industries manufacturières, les services, les banques…

Selon les analystes, une vive réaction du gouvernement français pour faire pression sur Alger n’est plus à exclure.

Le Financier