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kredence
07/10/2009, 01h24
Rupture de stocks de 120 médicaments

Les importateurs pointés du doigt

«Nous n’avons plus de cette marque, Madame», répond la vendeuse, et à son interlocutrice de répondre : «Alors donnez- moi un générique». «Il n’y a pas de générique pour ce médicament».

La rupture des stocks des médicaments se fait grave, touchant pratiquement tous les types de médicaments.

Traitement pour maladies chroniques, vaccins, anti-inflammatoires, et fortifiants, entre autres, sont quasi introuvables auprès des pharmacies.

C’est ce que nous avons constaté au niveau de la capitale. Cette rupture qui est accentuée à l’intérieur du pays est «évidente» selon le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (Snapo).

Nombreuses sont donc les personnes en quête de médicaments qui sont rentrées bredouilles.

C’est le cas de cette femme rencontrée hier au niveau d’une pharmacie sise à Didouche Mourad cherchant un anti-inflammatoire.

«Nous n’avons plus de cette marque Madame», répond la vendeuse et à son interlocutrice de répondre : «Alors donnez-moi un générique». «Il n’ y a pas de générique pour ce médicament».

C’est une question et une réponse qui reviennent dans toutes les pharmacies visitées.

La dame que nous avons suivi en quête de ce fameux médicament n’a pu le trouver.

Selon les vendeurs et les pharmaciens interrogés, plusieurs produits se trouvent en rupture de stocks et c’est le malade qui est privé d’un traitement qui pourrait être vital.

Les pharmaciens qui, il faut le dire, sont aussi pénalisés par cette pénurie, accusent des importateurs d’être derrière cette situation pour «faire pression sur les autorités» concernant la taxe que le gouvernement projette d’instaurer sur les médicaments importés en 2010 et faire revenir le gouvernement sur cette mesure en projet.

Le gouvernement prévoit en effet une taxe de 5% sur les bénéfices nets réalisés sur les médicaments importés.

Il faut savoir que c’est dans le souci de trouver de nouvelles ressources de financement de la sécurité sociale que cette taxe est instaurée.

Si les importateurs sont pointés du doigt par le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines, une part de responsabilité est en outre imputée au ministère de la Santé pour le volet de la régulation car, explique-t-on au Snapo, les pouvoirs publics ne doivent pas fermer les yeux sur ce phénomène pénalisant en premier lieu le malade et à un autre degré le pharmacien qui, à lui seul, doit supporter les conséquences d’une telle rétention de produits.

Selon la même source, alors que 120 médicaments sont complètement introuvables, des lots de médicaments sont déstockés à l’approche de la date de leur péremption.

Le pharmacien est pris ainsi entre deux feux. Celui d’écouler ces produits avant l’expiration de la date de validité, et celui de rester en rupture de stocks dans le cas où il refuse de s’approvisionner.

«C’est à l’Etat qu’incombe la responsabilité de régulation du marché du médicament».

Le malade continue donc d’être pris en otage entre les intérêts des importateurs qui exercent leur diktat et l’absence de l’Etat dans un secteur aussi sensible que le médicament.

Par Fatima Arab
http://www.lejourdalgerie.com/Editions/071009/Rubriques/evenement.htm#8