PDA

Voir la version complète : Minarets: Montreux suit Lausanne et Yverdon



kredence
07/10/2009, 23h54
Initiative UDC | Après Bâle-Ville, Lausanne et Yverdon, Montreux a interdit à son tour les affiches controversées des opposants aux minarets. La ville de Genève en revanche n’a pas mis son veto.

Après la Lausanne et Yverdon-les-Bains, la Municipalité de la ville de Montreux a également décidé ce soir d'interdire l'affiche antiminarets de la campagne de l'UDC pour les votations du 29 novembre.

Le syndic de Montreux, Pierre Salvi (PS), commente cette décision en soulignant que l'affiche "utilise le symbole du drapeau suisse pour faire la promotion d'une idée aux relents gravement xénophobes et attentatoires aux valeurs de notre pays."

"Raciste", pour Lausanne
Ces affiches «véhiculent à ses yeux des images racistes, irrespectueuses et dangereuses», explique la Municipalité de Lausanne dans un communiqué laconique.

Dans sa séance du jour, elle a donc décidé d’interdire le placardage de l’affiche pour l’initiative contre les minarets. Cette affiche, «qui représente une femme en burqa au regard menaçant et des minarets aux allures de missiles qui transpercent le drapeau suisse, véhicule, aux yeux de l’exécutif lausannois, des ressentiments racistes, irrespectueux et dangereux», conclut le communiqué.

«Nous estimons que les limites de la démocratie et de la liberté d’expression sont dépassées: le drapeau suisse est bafoué, des actes d’incitation au racisme figurent très clairement sur cette affiche et c’est le rôle de la Municipalité de prendre des décisions, même si elles peuvent faire de la publicité aux initiants», a expliqué à la Radio romande Olivier Français, municipal en charge des travaux de la ville de Lausanne.

Yverdon aussi
A Yverdon, la Municipalité interdit également la pose sur son territoire de l’affiche. «Il ressort de cette présentation un amalgame inacceptable entre les personnes de confession musulmane et des terroristes potentiels», commente le communiqué de l’Exécutif yverdonnois.

«Au-delà de la liberté de chacun à se déterminer, en son âme et conscience, sur l’objet de la votation, il est des principes sacro-saints liés au respect de la liberté de confession, au respect de la dignité humaine ainsi qu’à l’interdiction de toute discrimination, droits fondamentaux garantis par la Constitution fédérale (art.7, art.8 al.2, art.15) ainsi que par des conventions internationales (convention européenne des droits de l’homme). La Municipalité constatant que ces valeurs sont allègrement bafouées dans l’affiche incriminée en interdit l’affichage public», conclut le communiqué.

Décision lundi sur la Côte
Quant aux villes de Nyon et de Morges, elles n'ont pas encore pris de décision. Les deux municipalités n'ont leur séance que lundi prochain.

Toutefois, pour la syndique de Morges Nuria Gorrite, il serait bon, "sur le principe, d'imposer une limite à l'ignoble". Mais avant tout, il faut voir l'aspect juridique.

A Nyon, le sujet a été évoqué de manière informelle et les positions au sein de l'exécutif sont divisées. La question sera, selon le syndic Daniel Rossellat - qui sera absent à cette séance - de trancher entre l'interdiction d'un placard qui peut heurter la sensibilité religieuse de certains et préserver la liberté d'expression. A noter qu'un conseiller communal avait en vain tenté de créer une commission d'éthique, que le Conseil a refusé.

Pas d’interdiction à Genève
La ville de Genève n’est apparemment pas du même avis et elle n’interdira pas les affiches des partisans de l’initiative "contre la construction de minarets". L’Exécutif de la ville a pris cette décision par respect notamment pour la liberté d’expression, a précisé Philippe d’Espine, chargé de l’information du Conseil administratif.

A Lucerne, Zurich et Winterthour, les autorités voulaient attendre une expertise de la Commission fédérale contre le racisme (CFR) avant de se prononcer.

http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/udc-contre-minarets-lausanne-interdit-affiche-2009-10-07