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Toufik
24/09/2008, 02h36
Transparency international classe l’Algérie à la 92e place sur 140 pays
Quand la corruption devient une fatalité…

Le Qatar avec un indice de 6,5 et une place de 28e au rang mondial, arrive en tête du classement destiné aux pays arabes suivi des Emirats arabes unis, du Sultanat d’Oman et du Bahrain. Des pays dont les efforts de lutte contre la corruption, souligne l’ONG internationale, ont bien porté leurs fruits.

Fondé sur différents sondages et enquêtes dirigés par des organismes indépendants, l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) évalue le niveau de corruption touchant les administrations et la classe politique sur une échelle de 0 à 10, la note dix étant le plus faible degré de corruption. Six années durant, l’Algérie n’a pas réussi à se départir d’un classement médiocre avec un indice de 3 et une 99e place en 2007, un indice de 3,1 et une 84e place en 2006, un indice de 2,8 et une 97e place en 2005, et une note de 2,7 sur 10 et une 97e place en 2004.

« La situation siociopolitique et économique catastrophique qui prévaut en Algérie depuis plusieurs années déjà n’a cessé de favoriser les conditions de l’explosion de la corruption à tous les niveaux », indique la section algérienne de Transprency International qui estime que « le retour en force d’un Etat policier, autoritaire, répressif et liberticide, est un des principaux indicateurs de ce maintien de l’Algérie parmi les pays cancres de la corruption au sein de la communauté internationale ».

Le rapport de TI intervient à l’heure où même le chef du gouvernement a reconnu la situation de déliquescence touchant les administrations et institutions publiques au point d’émettre une circulaire le 13 juillet dernier instruisant les services de contrôle et de coercition d’être implacables dans les affaires liées aux malversations financières et à l’atteinte aux deniers de l’Etat. La section Algérie de TI doute toutefois de l’existence d’une réelle volonté politique de lutte contre la corruption.

« Le gré à gré fait le lit de la corruption »

« Les discours officiels et autres déclarations où le chef de l’Exécutif et son ministre de la Justice évoquaient leur intention de lutter contre la corruption, tout cela était de la poudre aux yeux destinée aux partenaires internationaux, et qui a surtout servi au plan interne à régler des comptes pour des luttes de pouvoir », précise le même document. En guise d’argumentaire, l’Association algérienne de lutte contre la corruption évoque le blocage qui a touché la création de l’agence gouvernementale contre la corruption malgré la publication de son décret de création il y a 22 mois. Autre preuve de laxisme dans la lutte contre la corruption, ajoute la même association, l’éclatement et la dispersion du processus de déclaration du patrimoine qui ne peut être appliqué sans mesure de suivi et de contrôle.

Outre ces exemples, l’Algérie continue de s’opposer au sein des Nations unies à la mise en place de mécanismes internationaux d’évaluation de l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption. « L’énorme manne pétrolière entre les mains du pouvoir, dans pareil contexte, ne contribue qu’à entretenir cette corruption… la réglementation sur les marchés publics étant systématiquement détournée et le gré à gré, encouragé par le pouvoir central, étant devenu la règle dans nombre de ministères et au niveau des exécutifs de wilayas », note encore la lettre de TI- Algérie qui qualifie le décret présidentiel du 23 juillet dernier portant réglementation des marchés publics de « scandaleux » et vise « à libéraliser davantage le code des marchés… la commande publique, tant au niveau central qu’à l’échelle locale, ne sera presque plus régie par des règles à l’avenir, le gré à gré devenant la pratique dominante, au lieu d’être l’exception, ce qui va encore ouvrir plus largement le lit de la corruption à tous les niveaux ».

Pas de lutte contre la corruption sans contrôle parlementaire

L’évaluation de l’année 2008 de l’IPC fait ressortir qu’« aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres, la lutte contre la corruption exige le bon fonctionnement des institutions publiques et de la société civile. Les pays pauvres sont minés par des systèmes judiciaires corrompus et l’inefficacité du contrôle parlementaire ». La présidente de TI, Huguette Labelle, explique que juguler la corruption « exige un contrôle étroit exercé par le Parlement, l’application effective des lois, l’existence de médias indépendants et d’une société civile dynamique ».

Les pays riches sont aussi mis à l’index par ce même rapport où des entreprises européennes sont accusées de pratiquer la corruption à l’étranger. « La grande corruption dans les transactions commerciales internationales prend des proportions de plus en plus inquiétantes. Ce n’est pas un hasard si les relations économiques et commerciales de l’Algérie avec les 10 pays en tête de ce classement, à savoir le Danemark, la Suède, la Nouvelle-Zélande, le Singapour, la Finlande, la Suisse, l’Islande, les Pays Bas, l’Australie et le Canada, ne représentent même pas 1% de ses importations », indique la lettre de la section Algérie de TI.

Comparatif par année

- 99e place en 2007 avec une note de 3 sur 10
- 84e place en 2006 avec une note de 3,1 sur 10
- 97e place en 2005 avec une note de 2,8 sur 10

El watan