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Toufik
12/10/2008, 07h38
Des députés du RND alertent le gouvernement
La Kabylie attend son “plan Marshall”

Les parlementaires du parti de Ahmed Ouyahia estiment que la région accuse un retard criant
en matière de promotion sociale, de développement local et d’émergence de compétences à même de créer de l’emploi et des richesses.

Les députés du Rassemblement national démocratique (RND), Tayeb Mokadem (secrétaire général du bureau de wilaya) et maître Chaâbane Belgacem, sont revenus à la charge, jeudi, à l’Assemblée populaire nationale (APN), pour révéler le détail de ce qu’ils appellent “le plan Marshall pour la Kabylie”, et ce, à la faveur du débat autour de la loi de Finances pour 2009. Ce plan, dont une copie avait déjà été envoyée il y a quelque temps au président de la République Abdelaziz Bouteflika, comprend plusieurs volets inhérents au développement de la région, notamment la création de l’emploi, l’environnement, la santé, le réseau routier, les ressources en eau et le gaz ainsi que les infrastructures sportives.

À la tête des revendications : la santé. Les deux parlementaires estiment que l’État doit, dans l’immédiat, affecter des médecins spécialistes, surtout des gynécologues, pour les cliniques Sbihi de Tizi Ouzou et les maternités de la Haute-Kabylie. Aux yeux de ces députés, les villages lointains, au même titre que les communes d’Aïn El-Hammam, d’Ililten, d’Ath Yenni, des Ath Ouacif, d’Iferhounène, de Bouzeguène, des Ouadhias et autres contrées éloignées accusent un déficit flagrant en médecins spécialistes. Ce qui contraint les hôpitaux à effectuer des évacuations risquées, de jour comme de nuit, vers la ville des Genêts et Alger. Souvent, cela se termine par des décès.

Sur un autre plan, ils ont demandé aux ministres, donc au gouvernement, d’inscrire le projet des 15 centres d’enfouissement technique pour les daïras de la Kabylie qui assistent impuissantes à la dégradation de l’environnement. Ils révèlent, à ce propos, que le dossier se trouve actuellement à la commission d’arbitrage au ministère des Finances. À cela s’ajoute le phénomène de glissement de terrains dans les localités de Tigzirt et de Aïn El-Hammam.
À ce sujet, ils lancent un véritable SOS au gouvernement pour la prise en charge de cette catastrophe, car, pour la seule ville de Aïn El-Hammam, les dégâts sont déjà apparents tant au niveau du réseau routier que des nouvelles habitations du centre-ville. Et sur ce point précis, ces parlementaires exigent la mise en place d’“un plan spécial pour les régions montagneuses”.

Dans le même registre, note-t-on, ce plan met en exergue la nécessité de doter les services de la Protection civile d’un matériel adéquat pour faciliter leur intervention dans les reliefs accidentés des zones montagneuses. Ceci partant du constat des derniers incendies qui ont ravagé des milliers de vergers, d’oliviers, de ruches d’abeilles, mais aussi des villages avec, en sus, des pertes en vies humaines.
Dans un autre chapitre, ils sollicitent le département de Sellal pour mettre en valeur le barrage de Taksebt sur les trois plans : exploitation, sécurisation et aménagement. Dans cet esprit, les députés Mokadem et Belgacem estiment qu’il est anormal que des villes et des villages continuent à vivre avec un ratio inférieur en matière d’eau potable alors qu’un ouvrage aussi suffisant que celui de Taksebt est réceptionné et dispose d’un volume conséquent en eau.

Ceci étant dit, l’alimentation des agglomérations et villages en gaz de ville fait toujours défaut, notamment dans les zones montagneuses, où le taux de raccordement demeure insuffisant. À cela s’ajoute la nécessité d’accélérer les projets en cours au niveau de la région. Les infrastructures sportives, à commencer par le nouveau stade de 50 000 places au profit du club phare de la région, la JS Kabylie, et bien d’autres infrastructures de base (piscines, salles omnisports, stades de proximité, terrains et aires de jeux, etc.), ont été inscrites dans ce projet ambitieux révélé par les parlementaires.

Enfin, notent-ils dans leur intervention à la chambre basse, la pénurie en médicaments en Kabylie, à commencer par l’insuline, qui est quasiment introuvable dans toutes les officines depuis quelques jours. Loin de faire dans la sinistrose, les parlementaires du RND de Tizi Ouzou estiment que la région accuse un retard criant en matière de promotion sociale, de développement local et d’émergence de compétences à même de créer de l’emploi et des richesses.

FARID BELGACEM - Liberté