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kredence
05/02/2010, 03h04
Thalasso, vacances pendant le Ramadhan

Il n’y a pas que la plage dans le tourisme. La Tunisie, qui a fait de cette activité une véritable industrie, est en train de gagner des points en termes de qualité et de diversité des services face à une clientèle de plus en plus exigeante.

Au-delà du balnéaire qui attire la quasi-majorité des touristes, la Tunisie veut désormais attirer le plus de visiteurs tout au long de l’année en faisant la promotion des soins thalasso et en misant sur le tourisme résidentiel qui semblent intéresser la clientèle algérienne qui dépense en moyenne autour des 500 dollars par semaine.

Tunis, la capitale, affiche comme à l’accoutumée son air paisible que les visiteurs affectionnent de manière particulière. Son aspect traditionnel et son côté in attirent de plus en plus de touristes.

À l’entrée de la ville, deux placards publicitaires ne passent pas inaperçus. L’un représentant une marque étrangère avec l’effigie du célèbre acteur américain Kevin Costner. L’autre annonce un concert de la très populaire chanteuse libanaise Nancy Ajram, le 13 février. En cette période de l’année, l’affluence touristique n’est pas justifiée par la plage. Il fait encore froid, même pour ceux qui viennent des pays nordiques.

Ceux-ci en majorité se déplacent pour un autre produit que les hôtels tunisiens sont en train d’améliorer. En devenant depuis 2008 la première destination de la thalassothérapie en surclassant la France, la Tunisie s’attelle aujourd’hui à faire connaître ce produit qui suscite aujourd’hui un intérêt de plus en plus accru.

Dans ce cadre, il faut distinguer deux sortes de clientèle : la première vient en parfaite connaissance du terrain. De France et de Russie notamment. La deuxième, en revanche, se déplace en Tunisie pour essentiellement le balnéaire et découvre la thalassothérapie.

Les Algériens sont qualifiés de “bons consommateurs” par le gérant du complexe Nahrawess de Hammamet, M. Laroussi, qui affirme, cependant, que cette clientèle ne représente que 2% du taux de fréquentation annuelle de cette structure.

Le Thalassa Palace Nahrawess regroupe un hôtel 4 étoiles et 4 étoiles supplémentaires, un centre d’affaires et un centre de thalassothérapie unique en Méditerranée. “C’est le premier dans la région”, confirme Laroussi. Jouissant d’un climat méditerranéen doux et reposant, d’une eau de mer pure à la salinité parfaite, la Tunisie accueille chaque année plus de 60 000 curistes séduits par ses atouts naturels et la qualité de ses installations.

Et lorsqu’on parle d’installations, Laroussi évoque la technique du lavage du côlon qui est actuellement pratiquée au sein de son complexe avec, bien entendu, une surveillance médicale. “Le lavage du côlon est un jeu d’enfant.

On introduit de l’eau tiède dans l’estomac et, grâce à une machine qui exerce une pression, l’eau ressort avec les déchets laissés au sein des endroits les plus inaccessibles de l’estomac”, précise Laroussi. Il faut savoir que le complexe de Nahrawess domine l’une des plus belles plages de la baie de Hammamet et dont le nom qui signifie “les bains” témoigne du passé thermal de cette région.

L’hôtel dispose de 350 chambres et suites climatisées dont un pavillon entièrement réservé à la thalassothérapie.

Si l’hôtel a été lancé en juin 1992, le centre de thalasso a été inauguré en 2002. Il est doté de 15 000 m2 d’espaces soins dédiés aux bienfaits de l’élément marin.

Mais pourquoi avoir construit ce centre qui a coûté la bagatelle d’une trentaine de millions de dollars ?

Le P-DG du complexe, Habib Bouslama, explique d’abord cette initiative, qualifiée à l’époque de “folie”, par le fait de proposer d’autres produits aux clients et d’assurer en même temps l’exploitation de l’hôtel tout au long de l’année. “On ne peut pas continuer à fonctionner trois mois sur l’année et passée la période estivale, l’hôtel se retrouve vide parce que les gens ne venaient que pour le balnéaire.

Avant de le construire, j’ai parcouru les centres thalasso de France et d’Europe pour pouvoir par la suite proposer des prestations nouvelles”, affirme Bouslama qui est fier d’avoir construit le plus grand centre de thalassothérapie, non seulement par sa superficie, mais aussi par le nombre de soins et la qualité des prestations.

Selon les statistiques établies depuis juin 2004, le centre a accueilli plus de 8 000 clients qui sont venus plus d’une fois. “Ils viennent puis vont ailleurs pour voir et finissent par revenir ici. Cela me réconforte, car ils ont trouvé ici les soins et le meilleur rapport qualité-prix”, souligne encore le patron de Nahrawess. Avant d’ajouter que “6 000 Français viennent ici chaque année pour des soins”

Mais le client de la thalasso est spécial et est différent de celui qui vient pour le balnéaire. “Dans la thalasso, il faut personnaliser chaque client, car chaque client est un cas en fonction de ses exigences et de ses attentes”, précise-t-il. “C’est un endroit où l’on peut se soulager sans antibiotiques et sans bistouri”, résume Bouslama.

Ici, plus plus d’une centaine de soins sont prodigués. Des cures d’amaigrissement en passant par les soins contre la cellulite et le renforcement de l’immunité jusqu’au lavage du côlon et bientôt les soins dentaires, le centre est d’ores et déjà qualifié par son initiateur de “petite ville”. “Nous avons investi beaucoup d’argent dans l’acquisition de matériel de haut niveau technologique”, dit-il. “Actuellement, on travaille pour promouvoir un parcours de golf de plus de 30 trous et des terrains de football pour faire venir des équipes pour s’entraîner, tout cela accompagné d’une promotion immobilière pour amortir le coût de l’investissement”, dit-il. Avec 50 millions de golfeurs dans le monde, dont 7 millions en Europe, il est vrai que le marché est très porteur.

Quant au football, c’est l’évidence même. Concernant la clientèle algérienne, Bouslama affirme qu’elle est d’un certain niveau, notamment des hommes d’affaires et des cadres de l’administration.

Quelque 1 300 000 de touristes algériens ont visité la Tunisie en 2009. “Le marché algérien est très important, nous tenons à le garder et à le bichonner”, déclare le P-DG de Nahrawess qui, pour illustrer ses propos, précise que chaque Algérien dépense en moyenne par semaine 500 dollars. Ce qui n’est pas du tout à négliger et qui contribue à l’essor de l’économie tunisienne.

On pense déjà au Ramadhan
Habib Bouslama, qui reconnaît “ne pas faire suffisamment de communication envers l’Algérie”, mais qui le justifie par les coûts élevés de telles opérations, mise d’ores et déjà sur les Algériens pour le Ramadhan qui commencera cette année en pleines vacances d’été. “Les Algériens auront tout ce qu’il faut pour passer le Ramadhan et les vacances au complexe Nahrawess.”

Pour Bouslama, ceux qui ont l’habitude de venir au mois d’août peuvent continuer à le faire, même durant le Ramadhan. Cet appel lancé à l’endroit du marché algérien aura-t-il un écho ?

Pour les Tunisiens qui doivent adapter leur tourisme au Ramadhan, les touristes peuvent joindre l’utile à l’agréable, d’autant que les nuits sont très animées, ce qui pourrait constituer une motivation pour des milliers d’Algériens qui souhaiteraient passer le mois de jeûne dans des conditions moins stressantes.

Le responsable adjoint à la Fédération des hôteliers tunisiens s’attend, pour sa part, à une concentration des touristes algériens avant le mois sacré.

Si l’année dernière, ils étaient nombreux à s’y rendre pendant le Ramadhan, cette année, les Tunisiens prévoient une affluence bien avant. “On espère que les Algériens viendront plutôt, c'est-à-dire avant le Ramadhan, car il ne faudrait pas perdre de vue plusieurs autres paramètres, à l’exemple des vacances scolaires”, affirme Yassine Zarraâ.

À Sousse, à quelque 70 km de Hammamet et à 150 km de Tunis, le Hasdrubal Hôtel développe une politique qui fait la promotion des prestations du centre de thalassothérapie construit sur une superficie de 5 500 m2 afin de fidéliser les clients. “À partir du 5e séjour, on offre une semaine gratuite”, affirme le responsable du centre. La clientèle vient de Suisse, de France, de Belgique et de Russie.

Les Algériens ne sont pas assez nombreux. “Ceux qui viennent pour des cures ont plus de 45 ans, sinon, vous avez des jeunes de passage qui optent pour des massages”, conclut le responsable qui souhaite attirer le plus grand nombre d’Algériens pour ce genre de produits afin de maintenir une cadence plus élevée de touristes durant la basse saison qui s’étale de novembre à février.

La fédération des hôteliers de Tunisie : “les familles algériennes préfèrent les résidences”

Le président adjoint de la Fédération des hôteliers de Tunisie, que nous avons rencontré à Sousse, M. Yassine Zarraâ, qui est également directeur général de l’hôtel Marhaba Palace, a évoqué l’importance du marché algérien pour le tourisme tunisien.

“C’est un marché important, et les Algériens développent de plus en plus un tourisme culturel, car leur séjour ne se limite pas à une seule ville. Ce qui signifie qu’ils veulent découvrir le pays sous toutes ses facettes”, a-t-il déclaré.

Sur un autre plan, le responsable précise que les Algériens préfèrent louer des résidences au lieu d’aller à l’hôtel, et ce pour des raisons de budget et aussi d’intimité. “Les Algériens viennent en été et on ne les voit pas souvent le reste de l’année.”

Mais le comportement des Algériens semble inspirer les managers tunisiens qui pensent d’ores et déjà à développer le tourisme résidentiel.

Si au Maroc, plus de 20 000 touristes disposent de leurs résidences à Marrakech, ce type de marché a beaucoup plus de chances de réussir en Tunisie en raison des coûts, en plus du fait que le tourisme résidentiel est une véritable garantie en cas de crise.

“Ceux qui achètent des résidences maintiennent la consommation et encouragent les autres services annexes, tels que la restauration et le transport aérien durant les périodes creuses de l’année”, conclut le responsable adjoint de la Fédération des hôteliers.

Le tourisme résidentiel pourrait-il alors intéresser des dizaines d’Algériens à avoir un pied-à-terre dans la paisible Tunisie ? Les Tunisiens en sont certains

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