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Voir la version complète : La surproduction de lait pose problème en Algérie



kredence
23/02/2010, 01h54
En Algérie, le conflit qui oppose les producteurs de lait de la wilaya de Tizi Ouzou à l’Onil (Office national interprofessionnel du lait) bout toujours comme le lait sur le feu. En colère depuis des mois, les éleveurs de vaches laitières réclament les primes versées initialement par cet organisme comme aide à leur activité.

Réunis hier à la Maison de la culture de Tizi Ouzou pour renouveler leur association, ces derniers annonçaient des actions en vue de reprendre leurs droits et attirer l’attention des pouvoirs publics sur les problèmes qui entravent leur métier, pourtant d’une importance capitale.

En effet, depuis le mois de novembre, ces derniers n’ont pas reçu cette prime versée par l’Onil aux transformateurs lesquels la transmettent aux éleveurs de vaches laitières liés par des conventions. Jusqu’au mois de janvier dernier, cette prime évaluée à 12 dinars le litre n’est pas perçue. C’est pourquoi, ces derniers interpellent les services concernés pour lever toutes les entraves car, rappellent-ils, leur métier est en danger.

A noter également qu’en plus des problèmes liés à l’alimentation et le fourrage, les producteurs se heurtent à une situation des plus paradoxales. Alors que les citoyens se plaignent souvent du manque de lait en sachet, les transformateurs leur reprochent une surproduction en la matière. Une situation qui renseigne sur les carences dans la gestion des contrats de performance prônés depuis quelques années par les pouvoirs publics. Ces derniers, doit-on le rappeler, tablent sur l’amélioration de la production en liant les différents agriculteurs par des contrats de performance en perspective de 2014.

L’augmentation de la production est un signe révélateur que les producteurs ont bien honoré leurs engagements. La défaillance se manifeste, par contre, au niveau des structures mises sur pied pour coordonner les différentes parties liées par ces contrats.

Au sujet des difficultés rencontrées par les éleveurs, il convient également de rappeler que les prix fixés par les services concernés pour le litre de lait ne semblent pas faire l’unanimité. Vendu aux transformateurs à un prix de référence de 30 dinars avec un taux de matière grasse plafonné à 38 grammes, le revenu ne reflète guère la réalité du marché de l’aliment du bétail et des besoins des éleveurs.

Pour combler cette lacune, les pouvoirs publics ont alloué à ces derniers une prime de 12 dinars versée par les transformateurs pour alléger le poids des dépenses. Le non-versement de cette subvention a, par conséquent, mis les producteurs dans un situation difficile qui annonce des lendemains sombres pour la production de lait dans la wilaya de Tizi Ouzou.

De la situation aussi difficile que paradoxales des producteurs de lait, il s’avère que la politique agricole, qui table sur la réalisation de l’autosuffisance, se trouve en difficulté.

Après la pomme de terre, aujourd’hui, c’est au tour des producteurs de lait de se voir réprimandés pour avoir produit de grandes quantités.

Alors que ce tubercule indispensable ne trouvait pas des espaces suffisants de stockage, il y a des années, le lait, quant à lui, souffre de l’insuffisance des capacités de sa transformation. Une situation, selon les observateurs, qui devrait alerter les pouvoirs publics quant au futur échec des contrats de performance. Les initiateurs de ce projet pourtant ambitieux devront, selon les mêmes voix, s’atteler à mettre sur pied des mécanismes de mise à niveau de tous les maillons de la chaîne qui va de la production jusqu’à la mise sur le marché du produit. Car, en ce qui concerne le lait, il s’avère que la faille réside dans l’incapacité des industriels spécialisés dans la transformation, à suivre l’évolution de la production.

Les aides allouées aux producteurs ne seront que de l’argent jeté par les fenêtres, affirment des économistes, tant que le maillon faible demeure dans la faiblesse des capacité des transformateurs. Il conviendrait plutôt d’épauler ces derniers pour renforcer leurs aptitudes à la transformation des quantités produites.

Par la suite, il faudra regarder dans le réseau de distribution qui est l’unique voie pour avoir une vue juste de la loi de l’offre et de la demande.
Enfin, les producteurs lançaient, hier, un appel à l’intervention des pouvoirs publics pour sauver leur activité qui se débat dans des problèmes liés à la cherté de l’alimentation et, paradoxalement, à la surproduction en Algérie.

Par l'Expression