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Voir la version complète : Mes diplomes americains n'etaient pas valables en Algerie



kredence
09/03/2010, 15h37
Avec une modestie déconcertante, Elias Zerhouni a accepté d’accorder un entretien à Echorouk, en dépit d’un emploi du temps très chargé.

Il a obtenu la nationalité américaine et a dirigé le plus grand et prestigieux institut de médecine dans le pays de l’oncle Sam avec la bénédiction du Congrès et du président Bush.

Il est toutefois resté simple et fidèle à ses principes, représentant les algériens, et suivant le parcours de l’équipe nationale. Il avait jadis tenté de travailler en Algérie après avoir terminé ses études, mais sa demande d’emploi avait hélas été rejetée car ses diplômes américains étaient de moindre niveau que les diplômes algériens !!

Certains l’appellent le médecin des présidents car il était parmi ceux qui avaient soigné le défunt Boumediene, et ensuite Reagan.

Le représentant du président américain pour la science et la technologie nous a reçu dans la capitale qatarie, quelques jours avant qu’il ne rejoigne Alger en tant qu’envoyé d’Obama.

•Dans nombreux algériens sont fiers d’Elias Zerhouni, car il est l’ambassadeur de la science et de la technologie du président américain Barack Obama, sans en savoir davantage sur lui.

•C’est un algérien, né en Algérie, qui a étudié à Alger. Son père était professeur de mathématiques et sa famille accordait une grande importance aux études et à l’éducation de ses enfants, raconte notre interlocuteur. Il a fait le lycée Emir Abdelkader et obtient une bourse, en décrochant son baccalauréat, pour poursuivre des études à l’étranger. Il avait alors le choix entre la France, la Suède et les États-Unis. Il opta pour ce dernier pays, malgré ses connaissances limitées en langue anglaise. Il avait dès le départ l’intention de revenir en Algérie… Il finit quand même par s’installer aux États-Unis.

•Il explique qu’il s’était spécialisé en radiologie et qu’il poursuivit brillamment son cursus car dans ce pays, ce sont les compétences qui priment, et ne sont pas freinées par les origines ou l’appartenance religieuse. «J’avais concentré mes recherches sur le cancer en me basant sur le scanner, ce qui était relativement nouveau à l’époque. Je me suis ainsi spécialisé dans le domaine», se souvient-il. «J’étais venu en Algérie en 1978 et on m’avait dit que le diplôme que j’avais obtenu aux États-Unis n’avait aucune valeur et qu’il n’était pas agréé en Algérie. On m’avait dit que si je voulais travailler, je devais subir les tests algériens. J’ai accepté car je ne demandais aucun privilège ni faveur».

•"A cette époque exactement, le défunt président Houari Boumediene était tombé malade et avait besoin de faire des examens au scanner, lequel n’était pas disponible en Algérie. Les contacts avaient été établis avec les États-Unis et l’Allemagne pour obtenir rapidement un scanner, mais la réponse avait été négative. On prit attache avec moi sans trop y croire et je leur avais assuré qu’il m’était possible d’avoir l’appareil en 24 heures, ce qui a été fait grâce à mes amis du centre de recherches de l’université Hopkins où j’étais responsable de l’unité Scanner. J’avais moi-même fait les examens au président défunt. Par la suite et après avoir terminé mon étude et mes recherches à Hopkins, la conjoncture en Algérie ne me permettait pas de continuer mes recherches".

•Zerhouni a été nommé plus tard directeur des instituts nationaux de la santé aux États-Unis. Les conseillers de l’ancien président George Bush avaient présélectionné trois candidats pour ce poste, et Bush avait opté pour l’algérien, qui à ce moment venait d’obtenir la nationalité américaine pour poursuivre ses recherches, considérant que son parcours était méritoire d’autant qu’il s’est construit par lui-même. Le Congrès avait affiché son mécontentement face à cette désignation: un algérien qui vient d’obtenir la nationalité américaine gère cette prestigieuse institution ?!!! … Mais tout est rentré dans l’ordre après. S’agissant de la relation du médecin avec Bush, Zerhouni indique qu’elle était très ordinaire, et l’ex président accordait de l’importance à la recherche scientifique. Quant à la politique, notre interlocuteur déclare qu’il est loin de la politique et que son temps ne sert que la recherche.

•Le président Barack Obama a nommé le médecin, conseiller pour la science et la technologie auprès du monde islamique, aux côtés de l’égyptien Zouil. Obama, du temps où il était sénateur, a souvent sollicité Zerhouni pour des questions scientifiques.

•Pour ses travaux scientifiques, Zerhouni a été honoré en France, aux États-Unis et dans d’autres pays… mais pas en Algérie, comme tel fut le cas pour le footballeur Zidane par exemple… Ces choses là ne l’intéressent pas, affirme-t-il.
•L’envoyé d’Obama souligne que pour que l’Algérie se développe, elle doit se débarrasser de la bureaucratie, améliorer la situation du chercheur scientifique, l’encourager et lui permettre d’aller de l’avant. À la question de savoir s’il serait prêt à élaborer une étude afin de développer la médecine et la science en Algérie, il répond : « Sans aucune hésitation! Les yeux fermés! C’est mon pays, mon ami!».

•Revenant sur l’actualité footballistique, Zerhouni révèle qu’il a suivi les matchs de la sélection algérienne tout au long des éliminatoires pour le Mondial. Il a suivi la CAN et a fait la fête avec ses enfants à l’occasion ! D’ailleurs, il ne rate aucun match de la sélection et dans n’importe quelle compétition, dit-il. Le médecin déclare avoir été affecté par l’incident du Caire et du caillassage du bus qui transportait les joueurs algériens. Il est révolté par ce scandale et les mensonges médiatiques égyptiens qui ont suivi. «J’étais hors de moi, surtout après le but qu’ils nous ont marqué à la dernière minute. Heureusement qu’au Soudan, nous avons gagné, grâce à Dieu. Le but de Antar Yahia était merveilleux».

•"Pour la CAN, je n’avais pas digéré la défaite face au Malawi…mais la victoire devant le Mali, et le nul face à l’Angola me rendirent l’espoir, avant un match splendide et héroïque contre la Côte d’Ivoire. Toutefois, la hogra revint de nouveau dans le match contre l’Égypte, nous avons joué à huit, ce qui est insensé, d’autant qu’il y avait un arbitre venu spécialement pour expulser nos joueurs, sans parler du premier but non valide".

•Zerhouni est quelque part comme ces joueurs algériens qui sont pourtant issus de l’immigration, mais avec ça, ils font le bonheur et la fierté de l’Algérie. Pour notre interlocuteur, l’immigration est légitime, les conditions et les objectifs diffèrent, « mais ça ne veut aucunement dire qu’on n’aime pas notre pays. Regardez seulement ce qu’ont fait les Verts».

•Poursuivant la discussion sur le football, Zerhouni reconnait qu’il voue une grande admiration pour la sélection américaine, néanmoins il aime profondément l’Algérie et c’est pour cela qu’il compte supporter les deux sélections pour les voir toutes deux en second tour du Mondial.

•Le Docteur Zerhouni pense-t-il à revenir s’établir en Algérie ? A cette question, il dira qu’il a toujours cette idée en tête même si tous les moyens sont fournis pour développer la science aux États-Unis. Il saisit l’opportunité pour appeler à ouvrir les portes à la recherche scientifique en Algérie, loin de toute autre considération. Il appelle à des relations établies suivant un plan national.

•: Yacine Benlemnouar/Zineb A
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