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Voir la version complète : Gestion des Microcrédits à Tamanrasset : Face au blocage des banques



kredence
22/03/2010, 15h58
Sur les 518 projets accordés suivant leur rentabilité et le nombre d’emplois qu’ils peuvent générer, seulement 60 ont été financés par la banque depuis janvier 2006 et ce, dans le cadre du financement mixte.

Avec les encombrantes traditions bureaucratiques rencontrées par les jeunes promoteurs, le secteur de l’emploi dans la wilaya de Tamanrasset connaît une apathie dissuasive due notamment à l’intransigeance des banques.

Pointés du doigt, ces établissements financiers, vu les bilans dressés par les agences de création d’emploi de la wilaya lors des journées portes ouvertes organisées les 16, 17 et 18 du mois en cours au centre commercial de Tafsit, ne lâchent point du lest pour le financement des projets, nonobstant la validation des dossiers accordée par les commissions chargées des études technico-économiques et les fermes instructions des hautes autorités du pays.

Intervenant dans ce sens, un responsable à l’Agence nationale de gestion de microcrédits (Angem) précisera que sur les 518 projets accordés suivant leur rentabilité et le nombre d’emplois qu’ils peuvent générer, seulement 60 ont été financés par la banque depuis janvier 2006 et ce, dans le cadre du financement mixte, promoteur-banque d’une valeur oscillant entre 50 000 et 100 000 DA, ou du financement triangulaire allant jusqu’à 400 000 DA

“Le problème, se lamente-t-il, est qu’aucune note officielle n’est faite pour justifier le rejet des autres dossiers.

Malheureusement, et face à ces lenteurs, le promoteur, courroucé, finit par retirer son dossier et rebrousser chemin.”

Chose qui a failli arriver aux jeunes promoteurs, Alazaoui Aghali et Almine Abdellah, qui, prenant leur mal en patience, sont restés plusieurs mois avant que leur projet sur l’artisanat ne voit le jour.

“On nous a fait courir”, disent-ils, le sourire ironique au coin des lèvres.

Même son de cloche chez l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (Ansej) où certaines banques n’ont financé, sur les 448 projets validés, qu’un ou deux projets depuis la création de l’antenne à Tamanrasset en 1998.

Le chef de service administratif et des moyens de ladite agence, Messaoudi Messaoud, dira que les “difficultés rencontrées au niveau des banques sont devenues légion en dépit des accords faits par la commission locale chargée du financement des entreprises”.

Outre l’épineux problème lié à l’apport personnel du promoteur, ajoute-t-il, beaucoup de projets sont annulés à la phase du financement bancaire.

Par ailleurs et parlant des dispositions appliquées dans le domaine de l’investissement industriel, M. Messaoudi fera remarquer qu’en dépit des multiples campagnes de proximité effectuées, le manque de sensibilisation et de vulgarisation auxquelles s’ajoutent l’importante distance entre les différentes daïras et communes de la capitale d’Ahaggar font de l’industrie le secteur le moins convoité avec la validation seulement de 18 projets, d’un montant ne dépassant pas les 39 millions de DA.

Contrairement au secteur des services, considéré comme principal générateur d’emplois, soit 441 postes, où 175 projets d’un montant de plus de 314 millions de DA ont été validés, suivi du secteur des transports de marchandise avec 144 projets.

Se voulant plus optimiste, notre interlocuteur expliquera qu’une nette amélioration a été enregistrée, si l’on compare les 159 projets financés en 2009 aux 53 de l’année 2008, ou encore aux 34 de 2007.

La situation des emplois créés arrêtée au 31/12/2009 a atteint donc les 824 postes.

Abondant dans ce contexte et évoquant le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle, l’Agence locale de l’emploi (Alem) a dressé un bilan qui fait mention de 4 319 emplois créés dans le cadre des contrats d’insertion des diplômés (CID), contrat d’insertion professionnelle (Cip) et contrat de formation à l’insertion (Cfi), soit respectivement 1 026, 1 633 et 1 660 emplois répartis sur les différentes daïras de la wilaya.

Cependant, avec plus de 2 600 emplois, la daïra de Tamanrasset s’est taillé la part du lion, suivie de la daïra d’Aïn Salah avec 947 postes, orientés vers les secteurs administratif, économique public et privé.

À cet effet, une enveloppe financière de 350 millions de DA a été dégagée

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