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Toufik
24/03/2010, 12h02
Entre Google et la Chine, c'est le bras de fer

Le géant américain de l'Internet a cessé de censurer son moteur de recherche en chinois,comme l'exigeait Pékin. Le régime communiste est furieux.

Google.cn ne répond plus. Le géant américain de l'Internet a désactivé, lundi soir, la version chinoise de son moteur de recherche, pour ne plus avoir à se plier aux exigences de Pékin. Le régime communiste lui imposait un strict filtrage des résultats. Objectif: empêcher que les Chinois « s'égarent » sur des sites favorables au dalaï-lama, à la secte Falungong, ou sur des sites d'information jugés hostiles, comme l'Epoch Times.Les visiteurs de google.cn sont désormais reroutés vers google.com.hk, le moteur de recherche en chinois simplifié, basé à Hongkong, sur lequel Google n'exerce aucune censure. L'ancienne colonie britannique, restituée à la Chine en 2007, bénéficie d'une législation plus libérale.

Ce contournement n'a rien d'illégal, clame David Drummond, responsable juridique de la firme californienne, qui appelle Pékin à « respecter cette décision ». Dans un univers basé sur la libre circulation de l'information, Google ne pouvait ternir plus longtemps sa réputation.

Mais Pékin est furieuse. « Google viole une promesse écrite faite en arrivant sur le marché chinois », fustigeait, dans la nuit, un responsable du bureau d'État pour l'information. L'Américain arrive loin derrière le moteur local baidu.com, mais capte tout de même 30% des recherches en Chine.

Internautes inquiets

Épilogue ou simple épisode? Le torchon brûlait depuis deux mois entre Pékin et Google, victime en janvier d'une attaque en provenance de Chine. Des cyberpirates avaient tenté de craquer ses codes sources et réussi à pénétrer dans la messagerie Gmail de dissidents chinois. Google menaçait, depuis, de quitter un marché de 384millions d'internautes. Hier, Reporters sans frontières a salué une « décision courageuse ».

Pour l'heure, les internautes chinois ne voient guère de différence: le Google hongkongais affiche bien des résultats pour les recherches sur le Tibet ou le dissident emprisonné Hu Jia. Mais les puissants pare-feu installés par Pékin bloquent les liens vers des sites sensibles.

La Chine peut-elle se passer du moteur américain ? Hier, des Pékinois déposaient des fleurs devant les bureaux de Google à Pékin, qui restent ouverts, la compagnie souhaitant maintenir ses services de messagerie, de cartographie ou de recherche-développement. « Je suis inquiet de ce qui va se passer, expliquait Wang Fei, un ingénieur. J'utilise Google en anglais tous les jours, j'en ai besoin pour mes recherches. »

Ouest France