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Voir la version complète : L’ambassadeur de France à Alger : Il y a 150 ans, l’Emir Abdelkader...



Jalal
17/07/2010, 18h06
L’Emir Abdelkader a beaucoup marqué son exil damascène. Il est connu notamment pour avoir sauvé des milliers de chrétiens de Damas, menacés d’extermination par des musulmans fanatisés.


Ces malheureux n’ont eu la vie sauve qu’après s’être réfugiés dans le palais de l’Emir, après qu’il leur en eut ouvert grandes les portes. L’Emir a tiré son épée et s’est adressé aux agresseurs en leur déclarant avec fermeté :
« Je vais vous montrer comment se battent les Algériens », propos rapportés par un historien algérien.

Impressionnée par sa bravoure et sa détermination, la foule en colère s’était retirée.

L’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, a tenu à rappeler cet événement lors d’une cérémonie organisée dans l’enceinte de sa résidence à l’occasion de l’anniversaire de la révolution du 14 juillet 1789.

« Cet événement s’est déroulé il y a 150 ans, quasiment jour pour jour, a-t-il dit dans son discours. Il s’est tenu en plein cœur de la ville d’Ibn Arabi, de l’antique capitale syrienne, qui faisait à l’époque partie de l’Empire ottoman.

Cet événement, je ne l’évoque que sous le contrôle de Mohammed Boutaleb, qui est présent ici ce soir, et que je salue amicalement. Cet événement, c’est le sauvetage, en juillet 1860, des chrétiens de Damas par l’Emir Abdelkader. » L’Emir résidait en Syrie depuis 1857.

Il y fut le témoin des vives tensions qui divisaient en ces temps-là chrétiens et musulmans aux quatre coins de l’Empire ottoman. Ces tensions étaient liées aux mesures imposées alors par l’Europe à la Sublime Porte.

A Damas, attisées par les extrémistes, elles dégénéraient brutalement en émeute au matin du 10 juillet 1860.

Ecoutons le récit que livre le fils de l’Emir :

« Les gens se pressèrent en foule vers le quartier chrétien, cherchant à tuer les habitants. Lorsque l’Emir apprit cette nouvelle, il mit à l’abri tous ceux qui s’adressaient à lui.

Il envoya ses « Maghrébins » pour ramener tous ceux qu’ils trouvaient, sans exception. Le troisième jour, la populace de la ville se réunit pour nous attaquer.

Abdelkader marcha vers eux et grâce à Dieu, ils prirent peur et reculèrent. » L’intervention de l’Emir permit ce jour-là de sauver plusieurs milliers de personnes d’une mort certaine.

« Un siècle et demi plus tard, jour pour jour, je souhaite que nous nous souvenions de ce geste. Je souhaite surtout que nous nous souvenions du sens qu’Abdelkader a su lui donner.

Ce sens, l’Emir l’a expliqué dans une lettre adressée en 1862 à Mgr Pavy, archevêque d’Alger. A Damas, nous dit-il, il avait bien sûr accompli son devoir de musulman, mais il avait également obéi à une loi au-dessus des lois, ce qu’il nomme ‘‘Huqquq al Insaniyya’’, c’est-à-dire les droits de l’humanité », a rappelé M. Driencourt, qui conclut par un hommage à « l’exceptionnelle hauteur de vue de l’Emir Abdelkader (...), un grand humaniste, un grand homme d’Etat et un grand modernisateur ».

Par T. B. El Watan 17 juillet 2010

Jalal
17/07/2010, 19h29
Ses ennemis reconnaissent sa valeur....