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Toufik
13/09/2010, 08h30
L'Algérie est placée sous surveillance négative par la Compagnie française d'assurances pour le commerce extérieur (Coface) en raison de la détérioration de l'environnement des affaires.

La politique protectionniste récemment adoptée par l'Algérie est pour beaucoup dans cette mauvaise performance. «Au plan des politiques économiques, on assiste depuis 2009 à un renforcement de mesures de protectionnisme à l'encontre des investissements étrangers et des importations qui est peu favorable, à court terme, à l'environnement des affaires et, à plus long terme, au développement de l'économie. Les mesures touchant aux restrictions sur les importations peuvent entraîner des coûts accrus pour les entreprises et retarder les approvisionnements», souligne la Coface, créée en 1949, dans son «Panorama des risques-pays», publié en juillet dernier sur son site internet. Par mesures de protectionnisme, la Coface pointe du doigt la très controversée loi de finances complémentaire, promulguée en 2009.


On s'en souvient, cette loi avait déclenché un tollé dans les milieux économiques nationaux et étrangers. Ceux-ci appelaient de leurs vœux à l’abrogation ou l’allégement de certaines dispositions jugées contraignantes. En vain, puisque cette batterie de mesures a été confortée par la loi de finances complémentaire 2010, qui signait le retour au dirigisme étatique de l'économie nationale, de l'avis de plusieurs observateurs et experts. L’autre grief retenu par la Coface à l'endroit de l'Algérie concerne l'instabilité de la situation sécuritaire. Même si cet organisme estime que celle-ci «s'est améliorée», il s'inquiète, toutefois, concernant la persistance «des attaques sporadiques par le groupe islamiste radical, Al Qaîda», lesquelles «demeurent cependant possibles et peuvent avoir un effet déstabilisateur mais contenu sur l'activité économique et les investissements».
S'agissant de la crise économique mondiale, survenue en 2008, la Coface déploie une tout autre rhétorique, contrairement aux assurances du gouvernement. «La crise mondiale a affecté l'économie algérienne par le canal commercial, se traduisant par une contraction de la demande d'hydrocarbures et une chute des prix du baril à partir du second semestre 2008», écrit-t-elle dans son «Panorama des risques-pays».


Par conséquent, ajoute la Coface, «la croissance en 2009 a été contrainte par un recul de la production d'hydrocarbures qui a dû s'ajuster à la demande extérieure et aux quotas décidés par l'OPEP». Hors hydrocarbures, l'activité économique devrait continuer de progresser à un rythme honorable, soutenue par les dépenses publiques, prévoit la Compagnie française d'assurances pour le commerce extérieur.

Si pour cette compagnie, les revenus pétroliers mis en réserve au cours des années précédentes dans le Fonds de régulation des recettes (FRR) ont permis de poursuivre un vaste programme d'investissements publics (infrastructures et habitat), il n'en demeure pas moins que les mesures prises pour limiter les importations ont pesé sur l'activité du secteur privé et sur l'emploi. En outre, l'interdiction des crédits bancaires a réduit la consommation des ménages, juge encore la Coface, propriété du groupe bancaire français Natixis. Evoquant les capacités de résistance de l'Algérie, elle note que «la chute des revenus pétroliers et la politique expansionniste ont fait apparaître un déficit public en 2009 qui devrait perdurer en 2010, malgré la remontée des cours du baril». Sauf que les réserves du FRR sont suffisantes pour financer ces déficits, tient à préciser la Coface.

Cette dernière a accrédité par ailleurs l'Algérie de quelques bon points, particulièrement «un très faible endettement public, ce qui lui donne certaines marges de manœuvre (...), une situation financière extérieure qui reste solide. Une politique active de désendettement extérieur».

Hocine Lamriben