Le moine conseillant à Salmân de suivre le Prophète
Un certain laps de temps s'écoula et vint le moment de sa mort, je lui dis alors: "Vous savez toute mon histoire, à qui vous me recommandez donc et qu'est-ce que vous me commandez de faire?".
- "O Mon fils! Je ne connais absolument personne sur cette terre qui se trouvait encore à cheval sur notre discipline. Mais c'est bien le temps de l'avènement d'un Prophète qui va apparaître au territoire arabe. Il professera la religion d'Abraham et s'expatria en émigration vers un terrain peuplé de palmiers, situé entre deux terres arides. Il sera reconnu à des signes incontestables: il mange du cadeau qu'on lui offre, ne touche jamais à ce qui est destiné à l'aumône et entre ses épaules, il y a le cachet de la prophétie. Tâchez-vous donc de partir pour ce pays". Puis, il rendit le dernier soupir. Quant à moi, je demeurais pendant quelques temps à 'Amûriyya.
Son arrivée à la péninsule arabique
Un jour, un groupe de marchands arabes issus de la tribu (Kalb) passait par 'Amûriyya, je leur préposai alors de m'emmener avec eux aux pays des Arabes, en échange de ma vache et de ma part du butin. Ils consentirent et moi de leur faire don de mes possessions. Une fois arrivés à Wâdî Al-Qura, ils me trahirent et me vendirent à un juif et j'entrai donc en son service. Peu après, l'un de ses cousins, issu des Banû Quraytha, ayant venu lui rendre visite, m'acheta et m'emmena avec lui à Yathrîb où je vis les palmeraies dont m'avait parlé mon compagnon de 'Amûriyya et je connus alors Médine -en me référant à la description déjà faite par ce dernier-. Je m'y installai donc en compagnie de mon maître.
A cette époque, le Prophète était en train de prêcher l'islam parmi ses compatriotes mecquois. Toutefois, je n'entendais rien de ses nouvelles, parce que j'étais tellement absorbé par mes charges d'esclave.
Sa conversion à l'Islam
Quand le Prophète pénétra dans Yathrîb, je me trouvais en haut de l'un des palmiers de mon maître, en train d'y effectuer quelque besogne. Alors que mon maître était assis au pied duquel, l'un de ses cousins, vint lui dire : "Qu'Allah fasse périr les Banû Qîla! Ils sont à Qîbâ', entourant un homme qui vient d'arriver aujourd'hui de La Mecque et qui prétend être un prophète".
Aussitôt que ses paroles parvinrent à mes oreilles, je me sentis fiévreux et je fus tellement agité au point de craindre de perdre mon équilibre et de tomber sur mon maître. Je descendis donc du palmier, en disant à l'homme : "Qu'est-ce que vous êtes en train de dire. Veuillez me répéter cette nouvelle". Mon maître, pris d'un accès de colère, me donna un coup de poing en hurlant : "Pourquoi t'immisces-tu dans ce qui ne te regarde pas ? Vas-y occupe-toi de ton boulot".
Sur le soir, je pris quelques dattes de ce que j'avais cueillies et je me dirigeai vers le lieu où l'on donnait l'hospitalité au Prophète . Je lui dis : "J'ai entendu dire que vous étiez un homme pieux et que vous aviez des compagnons étrangers et besogneux. Voilà quelque chose que je réservais pour en faire l'aumône. Je vois donc que vous le méritez". Après que je les leur donnai, il dit à ses Compagnons : "Mangez!". Tandis qu'il s'abstint à y goûter. Je me dis : "Voici l'un des signes (de la prophétie)".
Je partis, ensuite, et me mis à ramasser quelques dattes. Quand le Prophète quitta Qibâ' et alla s'installer à Médine, je vins lui dire : "J'ai remarqué que vous ne goûtez pas à l'aumône, et vous voici un cadeau que je vous offre avec tout mon respect". Il en mangea et invita ses Compagnons de le partager avec lui. Je me dis : "Voici le second (des signes de la prophétie)".
Je vins, un jour, trouver le Prophète pendant qu'il fut à Baqî' Al-Gharqad en train d'enterrer l'un de ses Compagnons. Je le vis assis, étant vêtu d'une pèlerine. Je le saluai, puis je retournai pour regarder son dos, en essayant de voir le cachet déjà décrit par mon compagnon de 'Amûriyya. Quand le Prophète m'aperçut en train de fixer son dos, il comprit mon intention. Sur ce, il ôta sa pèlerine en me dénudant son dos. Aussitôt que j'eus connu le cachet de la prophétie, je me jetai sur lui en l'embrassant tout en pleurant. Le Prophète dit alors : "Qu'est-ce que vous prend donc?!". Je me mis à lui raconter mon histoire qu'il admira. Il m'ordonna avec joie de la répéter par moi-même à ses Compagnons qui s'en étonnèrent et s'en réjouirent.
Salmân embrassa l'islam et fut délivré du joug de l'esclavage. Etant compté parmi les plus estimables Compagnons, il (qu'Allah soit satisfait de lui) se chargea du gouvernement de certains pays à l'époque des Califes bien-guidés.
Lors de la bataille du fossé, il fait profiter à ses frères une technique de défense jusqu'alors inconnue par les musulmans
C'était le jour du «fossé» en l'an 5 de l'hégire. Un groupe des juifs se rendirent à la Mecque pour exciter les polythéistes contre le Prophète et les musulmans, en leur promettant le secours afin de déraciner la nouvelle religion.
Le stratagème était ainsi: l'armée de Qouraych et Ghatfan attaque Médine de l'extérieur, en même temps Bani Qouraidha attaque de l'intérieur derrière les rangs des musulmans qui seront entre l'enclume et le marteau pour les exterminer !
Le Messager fut surpris avec les musulmans par une armée nombreuse s'approchant de Médine avec une supériorité d'équipement. Les musulmans furent désespérés et ils étaient sur le point de perdre leur raison à cause de la surprise.
Le Coran dépeint cette bataille: {Quand ils marchaient sur vous de toutes parts, quand vos regards se détournaient de terreur, quand les cœurs remontaient dans les gosiers, et que vous vous livriez à de vaines suppositions au sujet d'Allah} (XXX111,10)
24.000 guerriers guidés par Abi Soufian et Ouyayna bin Hisn s'approchent de Médine pour encercler Mohammad et ses compagnons et s'en débarrasser.
Et cette armée ne présentait pas Qouraych toute seule.. Mais avec elle se trouvaient toutes les tribus qui trouvaient un danger dans l'Islam. C'était la dernière chance pour les ennemis du Messager: individus, groupes, tribus et intérêts.
Les musulmans se trouvaient dans une situation critique.
Le Messager rassembla ses compagnons pour délibérer de cette affaire. Leur réponse fut alors unanime pour combattre et se défendre.. Mais comment organiser la défense?? Un homme aux longues jambes, aux cheveux touffus se présenta alors. Le Messager l'aimait beaucoup et le respectait.
Salman jeta un coup d'oeil du sommet d'une colline, il scruta tout Médine. Il l'a voyait comme il l'a connaissait auparavant, fortifiée par les montagnes et les rochers qui la défendent, mais un grand trou bien préparé permetté à une armée de pénétrer de façon très aisée.
Salman avait connu dans son pays, la Perse, plusieurs moyens de guerre et stratagèmes. Il proposa au Messager son idée, inconnue jusqu'alors des arabes dans leurs guerres: creuser une tranchée qui couvre la place découverte autour de Médine !
Allah seul sait ce qui aurait attendu les musulmans dans cette invasion s'ils n'avaient pas creusé cette tranchée aussitôt vue par Qouraych qui fut éberluée par la surprise. Son armée resta coincée un mois dans les tentes incapable d'occuper la ville de Médine, jusqu'à la nuit où Allah Tout Puissant envoya un vent houleux qui déracina les tentes et dispersa l'armée...
Abou Soufian appela ses soldats pour retourner d'où ils sont venus, désespérés et exténués..!!
Pendant qu'on creusait la tranchée, Salman prenait sa pioche avec les musulmans en creusant et en trimant.. Aussi le Messager prenait sa place et travaillait avec eux. A l'endroit où Salman et ses compagnons creusaient, une roche barrait leur chemin...
Salman était fort de physique et bien entraîné, un seul coup de sa main pouvait réduire un rocher en mille morceaux, mais devant cette roche il était désarmé.. Tout ceux qui l'accompagnait l'aider sans résultat, sauf celui de les exténuer davantage..!!
Salman s'en alla chez le Messager lui demandant l'autorisation de dévier le sens du fossé afin d'éviter cette roche.
Le Messager retourna avec Salman pour examiner la place et la roche...


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