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Discussion: Réflexion intime

  1. #1
    Membre F.A.M. Avatar de baudelaire87
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    Par défaut Réflexion intime

    Réflexion intime



    Moi aussi j'ai un problème avec le début, comme l'affirment quelquefois les grands intellectuels, il nous tourmente toujours, il suffit de trouver le début d'un roman, d'un article pour être sur le bon chemin, alors c'est ce qu'on appelle l'ébauche de n'importe quel ouvrage.
    A l'université de Droit, nos professeurs commencent toujours leurs cours avec un début écœurant, toujours avec notre vie quotidienne qui exige l'étude et disent souvent que le droit est la panacée de notre vie, alors cela me répugne, quand ils commencent, j'avais toujours envie de leur dire qu'ils feraient mieux de nous épargner ces discours banals qui ne mènent à rien et qu'ils commencent à parler concrètement.
    Il est dix heures, dans une classe où on grelotte de froid, nous sommes presque une vingtaine d'étudiants, notre professeur assise derrière son bureau, aujourd'hui, l'une de nos collègues va faire un exposé sur le code de la famille, elle va traiter précisément le mariage et ses étapes juridiques. Elle a commencé à réciter cet exposé après avoir reçu quelques remarques sur la méthodologie, les uns disent qu'elle aurait dû parler du mariage et le définir d'un point de vue linguistique tout d'abord avant de rentrer dans le vif du sujet, les autres affirment qu'ils sont d'accord avec elle et que rien n'a besoin d'une modification. Moi, taiseux, en train de contempler ces gens présents dans la salle, je suis le plus jeune apparemment, assis en arrière, seul, tripotant mon stylo, faisant de temps en temps des remarques sur tout ce qui se passe.
    La fille a commencé sa récitation lassante par la définition, disant que la principale raison du mariage c'est de se protéger de la fornication, une définition qui a été approuvée par notre professeur. J'ai toujours été révolté contre la manière dont on nous enseigne, des professeurs endoctrinés, surtout ceux de Droit et de littérature arabe, l'un parle du mariage d'un point de vue sociétal, l'autre religieux et au lieu de nous parler de ce qui se passe sur le terrain, on nous parle de la répugnance d'un tel ou tel acte, mais une répugnance enfantine, ridicule, une aversion que n'importe quel gamin dans la rue est capable de concevoir.
    On manque de critique, d'esprit ouvert, d'analyse, on en a marre de passer tout notre cursus universitaire à rabâcher des définitions insignifiantes, cette fille a parlé du mariage, l'a défini, donné ses conditions juridiques, évoqué son caractère sacré que lui confère la religion sans s'apercevoir que ce lien se fait entre deux êtres humains.
    En suivant son acheminement, cette fille a dit que le mariage est important, l'homme et la femme doivent s'unir par ce lien. Nous, tous muets, en train de regarder notre professeur qui acquiesce de temps en temps par des hochements de tête, faisant des commentaires sur un point qui lui semblait important comme l'idée que l'homme serait puni, qu'il aurait péché s'il se marie avec une femme tout en sachant qu'elle est stérile.
    Si cet exposé était le mien, je n'aurais pas dit tout cela, j'aurais dit que c'est stupide de parler de ces choses du coté des valeurs seulement, j'aurais abordé ce sujet cyniquement, car souvent seule la contradiction a permis de rentrer dans le fond des choses et de comprendre les rouages quelle que soit leur complexité, j'aurais mis à nu la condition humaine qui se cache derrière nous, j'aurais chassé certainement tout le monde de la classe et poussé un strident cri contre ce silence qui se gausse de moi, j'aurais déchiré mes papiers et partir, le dilemme est séduisant, se trouver face à une situation où on est contraints à prendre l'un des deux chemins qui existent, en faisant confiance à notre instinct, à notre courage, voire au hasard.
    La fille, toujours en train de réciter des banalités, des personnes qui somnolent, quelques uns, malgré leur âge avancé sourient à certaines idées communes, sourient de ce qu'on appelle des tabous cachés.
    Alors que j'étais presque endormi que j'ai entendu notre professeur parler de la punition divine, j'ai sursauté, j'ai cru que c'était un rêve, peut-être une divagation dûe à mon assoupissement, malheureusement c'était réel, on nous parle à l'université de droit du paradis et d'enfer comme punition, l'endoctrinement a atteint son paroxysme, au lieu de nous inculquer un esprit critique, au lieu de nous apprendre à discuter les règles, les lois, de les mettre en question, de s'assurer de leur légitimité, on nous parle de l'au-delà, je n'ai pas cru ce que notre professeur nous disait tandis que l'ensemble des étudiants approuvaient cela avec leur regard vide. A ce moment là j'ai compris pourquoi les étudiants de droit sont obnubilés par des idées obsolètes, j'ai compris qu'il ne faut pas leur en vouloir, ils sont bel et bien conditionnés.
    Alors, à l'université, on n'apprend pas grande chose, tout donne la nausée, on arrive le matin déjà fatigués, l'étudiant algérien, ce n'est qu'en sortant de l'université qu'il commence à apprendre, il se heurte à la société déchainée, il ne sait à qui en vouloir, à ses professeurs ou son parcours maladif ou à sa chance, il ne sait à quel saint se vouer.

    L'étudiant algérien est une épave désagréablement embellie.

    Baudelaire
    Ce n'est que par manque d'esprit qu'on ne va pas jusqu'au bout dans la souffrance.....

  2. #2
    Membre F.A.M.
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    Salut Mohamed! Je crois avoir bien lu et compris ton texte. J'en tire ma modeste conclusion : la science, la rationalité, le réalisme, l'analyse objective et scientifique sont très peu utilisés dans nos établissements d'enseignement. La culture de la raison et de la science est quasiment absente non seulement dans nos écoles et universités mais aussi dans les centres de décision,
    (Je ne parlerai pas de centres de réflexions car celles-ci n'existent pas!). Il semble que le but paradoxal des écoles est d'empêcher la raison de l'élève de fonctionner, pire encore : de détruire ce qui reste d'intelligent dans l'esprit de nos enfants!! A mon avis, seules la science, la raison et le savoir accumulés par l'ensemble de l'Humanité sont le moteur du progrès, du bonheur et de la sagesse. La religion est très respectable et sacrée, elle doit être avant tout un sujet entre Allah et l'homme, une affaire privée si je puis dire. L'islam ne doit pas être déformé, mal interprété, puis être utilisé ainsi tronqué contre la science et la raison, contre la justice sociale, le progrès, et, le bonheur de l'être humain dans notre pays!!! C'est une réalité amère et catastrophique pour nos jeunes générations et notre peuple et aussi un grand préjudice contre notre patrimoine religieux.

    Je fais mienne la réponse de Tan Malakka à ses détracteurs : "On nous a demandé dans des réunions publiques : êtes vous des musulmans, oui ou non ? Croyez vous en Dieu, oui ou non ? Comment pouvions nous répondre à cela ? Oui, j’ai dit, quand je suis face à Dieu je suis un musulman, mais quand je suis face à l’homme je ne suis pas un musulman"
    Dernière modification par Jalal ; 03/12/2010 à 16h39.
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  3. #3
    Membre F.A.M. Avatar de baudelaire87
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    Merci mon ami Jalal pour ce commentaire, c'est exactement ce que je voulais dire....Amitiés
    Ce n'est que par manque d'esprit qu'on ne va pas jusqu'au bout dans la souffrance.....

  4. #4
    Membre F.A.M.
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    Bonjour Mohamed! Le poète est le miroir (ou l'âme) de la société, il exprime sa situation, ses aspirations et ses carences... Loin de moi l'idée de contredire un poète!!! Un poète qui fait honneur à ce forum!!! Amitiés!
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
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