L’homme de culture qu’était ce premier docteur d’Etat algérien demeure totalement méconnue, notamment par la nouvelle génération. Mohammed Ben Cheneb est l’auteur d’importants ouvrages dont le recueil traite des proverbes algériens et maghrébins des siècles passés.
Il s’agit d’un ouvrage de mille pages scindé en trois tomes, écrit dans les deux langues, arabe et française.
Mohamed Ben Cheneb est né en 1869 à Médéa (70 km à l’ouest d’Alger). Il a assumé, tout au long de sa vie, plusieurs fonctions. Il a été, entre autres, engagé comme instituteur dans un petit village situé aux alentours de la wilaya de Aïn Defla (près de 150 km à l’ouest d’Alger).
Après avoir reçu une formation à l’Ecole normale de Bouzaréah, il poursuit ses études supérieures en arabe et en français pour devenir plus tard professeur à la medersa d’Alger. Ensuite, il succédera à son maître René Basset à l’université. Mohammed Ben Cheneb est l’auteur de plusieurs publications, spécialisées en littérature et en histoire qu’il a publiées dans la Revue africaine. Il a aussi réalisé des dictionnaires en version bilingue (arabe-français).
Mohammed Ben Cheneb est décédé le 5 février 1929. Il a laissé derrière lui un héritage qui comprend un ouvrage de trois mille proverbes de tous les temps.
Il ne s'est pas contenté de classer les proverbes par ordre alphabétique afin de faciliter les recherches, d'en donner la traduction accompagnée d'explications pour en indiquer l'emploi, d'en rechercher pour certains d'entre eux les équivalents en français : il note les localités où il les a entendu employés et établit des parallèles avec ceux qui existent dans d'autres pays arabes.
Une anecdote à son sujet : alors qu’il voyageait en train un colon français le traita de « salle arabe » Mohammed Ben Cheneb répondit : « mes pieds sont 5 fois plus propre que votre visage » faisant bien sûr allusion aux ablutions.