Cerveau gauche, cerveau droit
On entend souvent dire que les femmes seraient plus douées pour faire plusieurs choses à la fois grâce à une meilleure communication
entre les deux hémisphères, contrairement aux hommes...
Cette vision caricaturale remonte à une étude datant de plus de vingt ans qui montrait que le faisceau de fibres nerveuses qui relie les
deux hémisphères (le corps calleux) est plus épais chez les femmes. Depuis, de nombreux travaux ont été faits sur des centaines
de sujets avec des techniques très performantes comme l'IRM : aucune différence statistiquement significative entre les sexes n'a pu
être démontrée. On peut faire le même constat dans les études comparant le fonctionnement du cerveau dans le langage, le calcul mental, la mémoire… En fait, dès que l'on dispose d'un nombre suffisamment élevé de sujets, les différences individuelles l'emportent sur les différences entre les sexes qui finalement se trouvent gommées.
Langage et orientation dans l'espace
Les tests psychologiques montrent que les femmes réussissent souvent mieux les exercices de langage, alors que les hommes
sont meilleurs dans l'orientation dans l'espace. Mais cela ne signifie pas que ces différences d'aptitudes sont présentes dès la
naissance et qu'elles sont immuables. En effet, des études ont montré que les différences de scores entre les sexes ne sont
détectables qu'à partir de l'adolescence. De plus, elles disparaissent avec l'apprentissage. Si l’on répète les tests pendant
une semaine, hommes et femmes finissent par réussir également dans les tâches de langage et d'orientation. D’autre part, ces
différences sont beaucoup moins marquées chez les Américains noirs et asiatiques que chez les blancs, ce qui montre le rôle de
la culture. Enfin, si l'on fait le bilan des tests publiés depuis vingt ans, on constate une réduction progressive des écarts de performance
entre les sexes, qui va de pair avec l'intégration accrue des femmes dans la vie sociale et professionnelle.
Education et tests d'aptitude
Dans nos sociétés occidentales, les petits garçons évoluent davantage que les filles dans la « sphère publique ». Par
exemple, ils sont plus souvent à l'extérieur et pratiquent des jeux collectifs de plein air comme le football, qui est particulièrement
favorable pour apprendre à se repérer et à mémoriser l’espace.
Ce type d’apprentissage chez le jeune enfant est susceptible d'agir sur le développement du cerveau, en facilitant la formation de circuits
de neurones spécialisés dans l’orientation spatiale. En revanche, cette capacité serait moins sollicitée chez les petites filles qui restent
davantage dans la « sphère privée », à la maison, situation plus propice à utiliser le langage pour communiquer. Vu les propriétés de
plasticité du cerveau, il n’est donc pas étonnant de voir des cérébrales entre hommes et femmes qui ne vivent pas les
mêmes e x p é r i e n c e s dans l'environnement social et culturel.
Hormones et cerveau
Les hormones jouent un rôle très important dans les fonctions de reproduction. Chez l'animal, elles contrôlent les comportements
de rut et d'accouplement associés aux périodes d'ovulation de la femelle. Mais chez l'être humain, tout change radicalement !
Sexualité et reproduction sont complètement dissociées. Le moment des rencontres et le choix du partenaire n'ont rien à
voir avec les hormones. Les homosexuels par exemple n'ont aucun problème hormonal. Les délinquants sexuels n'ont pas un
taux supérieur de testostérone. Quant au rôle des hormones sexuelles sur les humeurs, la nervosité, la dépression, il faut distinguer
deux types de situations. Dans des cas de bouleversement physiologique majeur (grossesse, ménopause, pathologies
hormonales) on peut constater des fluctuations d'humeur. Mais dans des conditions physiologiques normales, aucune étude
scientifique n'a montré de relation de cause à effet entre les taux d'hormones et les variations de nos « états d'âme ». Si nous
échappons à la loi des hormones, c'est grâce au développement exceptionnel du cortex cérébral qui supervise tous nos comportements,
y compris les comportements instinctifs fondamentaux : faim, soif, reproduction. Les hormones peuvent y participer,
mais elles sont loin de jouer un rôle prépondérant.


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