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Discussion: Miguel de Unamuno, un homme de passions animé par de multiples contradictions

  1. #1
    Membre F.A.M.
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    Par défaut Miguel de Unamuno, un homme de passions animé par de multiples contradictions

    Citations :

    Miguel de Unamuno
    1864-1936

    1. Ce n'est pas nos idées qui nous font optimistes ou pessimistes, c'est notre optimisme ou notre pessimisme d'origine physiologique ou au besoin pathologique, l'un autant que l'autre, qui fait nos idées.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.13, Idées/Gallimard n°68)

    2. On vit dans le souvenir et par le souvenir, et notre vie spirituelle n'est, au fond, que l'effort de notre souvenir pour persévérer, pour se faire espérance, l'effort de notre passé pour se faire avenir.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.20, Idées/Gallimard n°68)

    3. [...] en parcourant le monde, on rencontre des hommes qui semblent ne pas se sentir eux-mêmes.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.20, Idées/Gallimard n°68)

    4. Si la conscience n'est comme l'a dit un penseur inhumain, qu'un éclair entre deux éternités de ténèbres, alors il n'y a rien de plus exécrable que la conscience.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.25, Idées/Gallimard n°68)

    5. [...] la vie est une tragédie, et la tragédie une lutte perpétuelle sans victoire ni espoir de victoire ; c'est une contradiction.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.25, Idées/Gallimard n°68)

    6. [...] les raisons ne sont que des raisons, c'est-à-dire que ce ne sont peut-être pas des vérités.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.26, Idées/Gallimard n°68)

    7. Il y a des personnes, en effet, qui ne semblent penser qu'avec le cerveau, ou avec n'importe quel organe qui serait l'organe spécifique de la pensée ; tandis que d'autres pensent avec tout le corps et toute l'âme, avec la moelle des os, avec le cœur, avec les poumons, avec le ventre, avec la vie. Et le gens qui ne pensent qu'avec le cerveau donne des définitions, ils se font professionnel de la pensée.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.26, Idées/Gallimard n°68)

    8. Il ne suffit pas de penser notre destinée, il faut la sentir.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.28, Idées/Gallimard n°68)

    9. [...] à nous tous il nous manque quelque chose ; la seule différence est que les uns le sentent, les autres non. Ou bien ils font comme s'ils ne le sentaient pas, et alors ce sont des hypocrites.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.29, Idées/Gallimard n°68)

    10. Un Miserere, chanté en choeur par une multitude fouettée du destin, vaut autant qu'une philosophie. Il ne suffit pas de guérir la peste, il faut savoir la déplorer. Oui, il faut savoir pleurer ! Et peut-être est-ce là la sagesse suprême.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.30, Idées/Gallimard n°68)

    11. La conscience est une maladie.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.30, Idées/Gallimard n°68)

    12. La raison, ce que nous appelons ainsi, la connaissance réflexe et réfléchie qui distingue l'homme, est un produit social.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.39, Idées/Gallimard n°68)

    13. Penser, c'est parler avec soi-même.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.39, Idées/Gallimard n°68)

    14. La bonté est la meilleure source de clairvoyance spirituelle.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.41, Idées/Gallimard n°68)

    15. Savoir pour savoir ! La vérité pour la vérité ! C'est inhumain.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.43, Idées/Gallimard n°68)

    16. [...] la philosophie se convertit volontiers et souvent en une sorte de proxénétisme, spirituel si l'on veut. D'autres fois, en opium pour endormir les chagrins.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.44, Idées/Gallimard n°68)

    17. [...] vivre est une chose, connaître en est une autre, [...] nous pouvons dire que tout le vital est antirationnel et non pas seulement irrationnel, et tout le rationnel, antivital. Et c'est là la base du sentiment tragique de la vie.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.49, Idées/Gallimard n°68)

    18. N'être pas tout et pour toujours, c'est comme si je n'étais pas ; ou au moins être tout moi, et l'être pour jamais. Et être tout moi, c'est être tous les autres. Tout ou rien !
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.54, Idées/Gallimard n°68)

    19. Éternité ! Éternité ! Voilà l'aspiration par excellence ; la soif d'éternité est ce qui s'appelle amour parmi les hommes ; qui aime autrui veut s'éterniser en lui. Ce qui n'est pas éternel n'est pas non plus réel.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.54, Idées/Gallimard n°68)

    20. La vanité du monde qui passe, et l'amour, sont les deux notes fondamentales et intimes de la vraie poésie.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.55, Idées/Gallimard n°68)

    21. Il n'y a rien de plus universel que l'individuel, puisque ce qui est à l'un est à tous les autres.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.61, Idées/Gallimard n°68)

    22. La jalousie est mille fois plus terrible que la faim, parce que c'est une faim spirituelle.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.72, Idées/Gallimard n°68)

    23. La Trinité fut un pacte entre le monothéisme et le polythéisme ; l'humanité et la divinité pactisèrent dans le Christ ; de même la nature et la grâce, la grâce et le libre arbitre, le libre arbitre et la prescience divine, etc.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.97, Idées/Gallimard n°68)

    24. La pensée n'est pas une, mais variée : de même l'âme n'est pour la raison que la succession d'états de conscience coordonnés entre eux.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.104, Idées/Gallimard n°68)

    25. Penser que l'on pense, et rien de plus, n'est pas penser.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.107, Idées/Gallimard n°68)

    26. L'idée de moi-même, c'est moi.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.107, Idées/Gallimard n°68)

    27. C'est une chose terrible, l'intelligence. Elle tend à la mort comme la mémoire à la stabilité. Le vivant, ce qui est absolument instable, l'individuel, est, en toute rigueur, inintelligible. La logique tend à tout réduire en identités et en espèces, à ce que chaque représentation n'ait qu'un seul et même contenu, n'importe où, n'importe quand, et dans n'importe quelles conditions de relation. Et il n'y a rien qui soit le même en deux moments successifs de son être.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.111, Idées/Gallimard n°68)

    28. Pour comprendre quelque chose, il faut le tuer et le raidir dans l'esprit.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.112, Idées/Gallimard n°68)

    29. Le rationnel, en effet, n'est que le relatif ; la raison se borne à mettre en relation des éléments irrationnels. Les mathématiques sont la seule science parfaite en tant qu'elles additionnent, retranchent, multiplient et divisent des nombres, mais non des choses réelles et massives ; c'est-à-dire, en tant que c'est la plus formelle des sciences. Qui est capable d'extraire la racine cubique d'un arbre, de ce frêne ?
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.112, Idées/Gallimard n°68)

    30. " La théologie occidentale - écrit Arthur Penrhyn Stanley, Lectures on the history of the Eastern Church - est essentiellement logique dans sa forme et se base sur la loi ; la théologie orientale est rhétorique dans sa forme et se base sur la philosophie. Le théologien latin est le successeur de l'avocat romain ; le théologien oriental du sophiste grec . "
    Et toutes les élucubrations prétendues rationnelles ou logiques à l'appui de notre soif d'immortalité, ne sont qu'avocasserie et sophistique.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.113, Idées/Gallimard n°68)

    31. La vraie science enseigne, avant tout, à douter et à ignorer, l'avocasserie ne doute ni ne croit qu'elle ignore. Il lui faut une solution.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.115, Idées/Gallimard n°68)

    32. Quand on dit d'une chose qu'elle n'est même pas digne de réfutation, tenez pour assuré, ou que c'est une insigne stupidité, auquel cas il n'y a rien à en dire, ou que c'est quelque chose de formidable, la clé même du problème.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.122, Idées/Gallimard n°68)

    33. [...] le bonheur [...] est une chose qui se vit et se sent, et non qui se raisonne et se définit.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.123, Idées/Gallimard n°68)

    34. C'est très commode de dire à quelqu'un qui a une maladie mortelle le condamnant, lui le sachant, à une courte vie, de n'y pas penser.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.125, Idées/Gallimard n°68)

    35. Nous nommons vrai un concept qui concorde avec le système général de tous nos concepts, vraie une perception qui ne contredit pas le système de nos perceptions ; la vérité est cohérence.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.128, Idées/Gallimard n°68)

    36. Le scepticisme, l'incertitude, ultime position où aboutit la raison exerçant son analyse sur elle-même, sur sa propre validité, est la base sur quoi le désespoir du sentiment vital va fonder son espérance.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.130, Idées/Gallimard n°68)

    37. [...] la raison vit de formules ; la vie, qui vit et veut vivre toujours, n'accepte pas de formules. Sa seule formule est : tout ou rien. Le sentiment ne transige pas avec des moyens termes.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.131, Idées/Gallimard n°68)

    38. Raison et foi sont deux ennemies qui ne peuvent se maintenir l'une sans l'autre. L'irrationnel réclame d'être rationalisé, et seule la raison peut agir sur l'irrationnel. Il faut qu'ils s'appuient et s'associent. Mais s'associer dans la lutte, car la lutte est un mode d'association.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.136, Idées/Gallimard n°68)

    39. La guerre a toujours été le plus complet facteur de progrès, plus encore que le commerce. C'est par la guerre qu'apprennent à se connaître, et par conséquent à s'aimer, vainqueurs et vaincus.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.136, Idées/Gallimard n°68)

    40. [...] croire est en première instance vouloir croire.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.138, Idées/Gallimard n°68)

    41. Connaître quelque chose, c'est faire de moi ce quelque chose que je connais ; mais pour m'en servir, pour le dominer, il faut qu'il reste distinct de moi.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.139, Idées/Gallimard n°68)

    42. [...] croire en Dieu, c'est avant tout et par-dessus tout vouloir qu'il existe.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.140, Idées/Gallimard n°68)

    43. Je ne comprends pas les hommes qui me disent n'avoir jamais été tourmentés par la perspective d'outre-tombe, ni inquiétés par leur propre anéantissement ; et pour ma part je ne cherche pas à mettre la paix entre mon cœur et ma raison ; j'aime bien mieux qu'ils se battent entre eux.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.145, Idées/Gallimard n°68)

    44. Par désespoir on affirme, par désespoir on nie, par désespoir on s'abstient d'affirmer et de nier.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.148, Idées/Gallimard n°68)

    45. [...] il vaut mieux manquer de raison que d'en avoir trop.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.155, Idées/Gallimard n°68)

    46. [...] si les pièces du jeu d'échecs étaient douées de conscience, elles admettraient volontiers le libre arbitre de leurs mouvements, c'est-à-dire leur rationalité finaliste.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.157, Idées/Gallimard n°68)

    47. [...] que ce soit avec la raison, sans la raison ou contre elle, je n'ai pas envie de mourir.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.157, Idées/Gallimard n°68)

    48. L'amour recherche avec fureur, à travers l'objet aimé, quelque chose au-delà ; et comme il ne le trouve pas, il désespère.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.161, Idées/Gallimard n°68)

    49. Grâce à l'amour nous sentons tout ce qu'a de chair l'esprit.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.161, Idées/Gallimard n°68)

    50. Vivre, c'est se donner, se perpétuer ; se perpétuer et se donner, c'est mourir.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.161, Idées/Gallimard n°68)

    51. Et l'amour charnel prenant pour fin la jouissance, qui n'est qu'un moyen, et non la perpétuation, qui est la vraie fin, qu'est-ce sinon de l'avarice ? Et il est possible qu'il y en ait qui pour mieux se perpétuer gardent leur virginité. Et pour perpétuer quelque chose de plus humain que la chair.
    Car ce que perpétuent les amants sur la terre, c'est la chair de douleur, c'est la douleur, c'est la mort. L'amour est frère, fils et père de la mort, qui est sa sœur, sa mère et sa fille. Et c'est ainsi qu'il y a au plus profond de l'amour un abîme d'éternel désespoir, d'où jaillissent l'espoir et la consolation.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.163, Idées/Gallimard n°68)

    52. [...] rien ne nous pénètre mieux de l'espoir et de la foi en un autre monde que l'impossibilité pour notre amour de fructifier véritablement dans ce monde de chair et d'apparences.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.165, Idées/Gallimard n°68)

    53. L'homme aspire à être aimé, ou, ce qui revient au même, aspire à inspirer la compassion.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.165, Idées/Gallimard n°68)

    54. La femme se donne à l'amant parce qu'elle le sent souffrir de son désir. [...] La femme semble dire : " Viens, pauvre petit, et ne souffre pas tant à cause de moi ! " Et c'est pourquoi son amour est plus amoureux et plus pur que celui de l'homme, et plus vaillant et plus durable.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.166, Idées/Gallimard n°68)

    55. Et s'il est douloureux de cesser un jour d'être, il serait peut-être plus douloureux de continuer toujours d'être le même, sans plus, sans pouvoir en même temps être autre, sans pouvoir être à la fois tout le reste, sans pouvoir être tout.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.167, Idées/Gallimard n°68)

    56. Pour aimer tout, pour avoir pitié de tout, de l'humain et de l'extra-humain, du vivant et de l'inanimé, il faut que tu sentes tout en dedans de toi-même, que tu personnifies tout. Car l'amour personnifie ce qu'il aime, ce à quoi il compatit.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.168, Idées/Gallimard n°68)

    57. [...] toute conscience est une conscience de mort et de douleur.
    Conscience, conscientia, c'est connaissance partagée, con-sentiment ; et con-sentir, c'est com-patir.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.168, Idées/Gallimard n°68)

    58. [...] l'évolution des êtres organisés n'est qu'une lutte pour la plénitude de la conscience à travers la douleur, une constante aspiration à être autrui sans cesser d'être soi, à rompre ses bornes en se limitant.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.171, Idées/Gallimard n°68)

    59. Quoi qu'en pense la raison, il faut penser avec la vie, et quoi qu'en pense la vie, il faut rationaliser la pensée.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.175, Idées/Gallimard n°68)

    60. La volonté est une force qui se sent, c'est-à-dire qui souffre.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.177, Idées/Gallimard n°68)

    61. Car croire en Dieu c'est en une certaine façon le créer, bien qu'il nous ait auparavant créés. C'est Lui qui se crée lui-même en nous constamment.
    Nous avons créé Dieu pour sauver l'Univers du néant, car ce qui n'est pas conscience et conscience éternelle, conscience de son éternité et éternellement consciente, n'est rien de plus qu'apparences. Il n'y a de véritablement réel que ce qui sent, souffre, compatit, aime et désire, autrement dit la conscience ; il n'y a de substantiel que la conscience ; non pour penser l'existence, mais pour la vivre ; non pour savoir pourquoi et comment elle est, mais dans quel but. L'amour est un contresens s'il n'y a pas de Dieu.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.186, Idées/Gallimard n°68)

    62. Vouloir définir Dieu, c'est prétendre à le limiter en notre esprit, c'est-à-dire le tuer. Dès que nous essayons de le définir, c'est le néant qui surgit.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.200, Idées/Gallimard n°68)

    63. Et Dieu n'existe pas, mais plutôt sur-existe, et soutient notre existence en " nous existant ".
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.201, Idées/Gallimard n°68)

    64. Et Dieu est la plus riche et la plus personnelle conception humaine.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.202, Idées/Gallimard n°68)

    65. [...] plus on a de personnalité, de richesse intérieure, de société en soi-même, moins brutalement on se sépare des autres.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.203, Idées/Gallimard n°68)

    66. La raison répète : vanité des vanités, et tout est vanité ! Et l'imagination réplique : plénitude des plénitudes , et tout est plénitude ! Et nous vivons ainsi la vanité de la plénitude, ou la plénitude de la vanité.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.212, Idées/Gallimard n°68)

    67. Croire en un Dieu vivant et personnel, en une conscience éternelle et universelle qui nous connaît et nous aime, c'est croire que l'Univers existe pour l'homme. Pour l'homme ou pour une conscience de l'ordre de la conscience humaine, de même nature quoique sublimée ; une conscience qui nous connaisse, et dans le sein de laquelle vive pour toujours notre souvenir.
    (Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.216, Idées/Gallimard n°68)

    (A suivre) -Texte très long-

    *Ceux qui veulent lire la suite voici le lien :

    Au fil de mes lectures : recueil de citations de Miguel de Unamuno
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

  2. #2
    Membre F.A.M.
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    Un homme aux idées extraordinaires de contradictions et de richesses spirituelles, "scientifiques" (si ce dernier mot est juste), et, (ou) pertinentes!!! Cela n'est que mon point de vue personnel.
    Si le peuple décide un jour de vivre, il faut que le sort s'y plie, il faut que la nuit se dissipe, il faut que la chaîne se brise
    Abou El Qassem Echabbi
    Mon ami, mon frère, si toi tu ne brûles pas, si moi je ne brûle pas, qui éclairera la route ? Nazim Hikmet

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