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S’adressant au Premier ministre, Ahmed Ouyahia qui, encore une fois, venait d'asséner des chiffres mirobolants, Zohra Drif a déclaré : “Je ne comprends pas pourquoi est-ce que les chiffres indiquant la bonne santé du pays ne se répercutent pas positivement sur la situation des citoyens algériens ? Pourquoi malgré ces chiffres, les Algériens ne sont pas heureux et ne vivent pas dans la quiétude ?” Elle s’est dit “intriguée” par le fait que “le peuple ne semble pas être heureux et comblé malgré les sommes colossales que réserve l’État au développement à tous les niveaux”.
Une claque à laquelle, le premier ministre, comme à son habitude ne répondra pas.
“En dehors des chiffres,a t-elle ajouté, il faut s’interroger sur la mal-vie des Algériens et les problèmes qu’ils vivent au quotidien ». Selon elle, “il ne faut pas éviter les problèmes en disant on a fait ceci et cela, mais plutôt prendre en charge cette question de mal-vie de façon très sérieuse”. “Il y a de vrais problèmes qui se posent aux Algériens”, dit-elle, appelant à “une réflexion collective”.
En ce qui concerne les haragas, la sénatrice a demandé à Ouyahia ce qu'il comptait faire : “Malgré l’institution d’une loi, les jeunes continuent à risquer leur vie pour fuir”, ajoutant que ce phénomène gagne actuellement même “les filles et les universitaires”. Et à Mme Drif-Bitat, d'interpeller Ouyahia : “Qu’allez-vous faire pour prendre en charge cette question à la base ? Éradiquer ses causes, à commencer par rendre l’espoir perdu aux jeunes ?”
La sénatrice propose aussi qu’à l’occasion du 50e anniversaire de l’Indépendance un véritable débat sur le pays . « Nous devons réfléchir aux défis du 21e siècle car rien n’est acquis pour la stabilité et la souveraineté de notre pays”.
L'ancien moudjahida exprimera également son inquiétude à propos de la situation au Sahel : “il y a un enjeux terrible au niveau du Sahel qui va plus loin qu’Aqmi. Peut-être qu’Aqmi est pour eux un moyen de venir s’installer dans cette région qui leur a échappé grâce aux guerres de libération nationale”.
L.M