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Discussion: Dictature en Tunisie, soulèvement après un suicide

  1. #1
    Membre F.A.M.
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    Par défaut Dictature en Tunisie, soulèvement après un suicide

    MONDE
    Tunisie: Soulèvement à Sidi Bouzid après l'immolation par le feu d'un jeune chômeur diplômé

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    Mercredi 22 Décembre 2010 - 10:15 «Je suis tenu à l’obligation de réserve»

    Samedi 18 Décembre 2010 - 13:21 Séoul remet à plus tard ses exercices d'artillerie en mer Jaune (agence)

    Nawaat

    Traduit par Tafsut Aït Baamrane
    [1] [2] [3] [4] [5] Notez

    Nawaat
    Mercredi 22 Décembre 2010

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    Tunisie: Soulèvement à Sidi Bouzid après l'immolation par le feu d'un jeune chômeur diplômé

    Des centaines d'habitants de Sidi Bouzid (210 km au sud-ouest de Tunis) ont manifesté le samedi 18 décembre devant le siège du gouvernorat, pour manifester leur colère et leur solidarité avec le jeune chômeur Mohamed Bouazizi, diplômé de l'Institut supérieur d'informatique de Mahdia, qui s'était immolé par le feu au même endroit la veille, pour protester contre confiscation par les autorités de son stand de vente de fruits et légumes. Les manifestants ont traversé la ville en scandant de nombreux slogans. On ignore si Mohamed est mort ou vivant, mais sa famille dit qu'on lui a refusé de le voir. 4 policiers ont été suspendus suite à cette affaire. Alors que les manifestations continuaient dimanche, des centaines de policiers ont été envoyés en renfort à Sidi Bouzid.







    Merci à Tlaxcala
    Source: Nawaat de Tunisie
    Date de parution de l'article original: 18/12/2010
    URL de cette page: TLAXCALA: Tunisie: Soulèvement à Sidi Bouzid après l'immolation par le feu d'un jeune chômeur diplômé

    Mercredi 22 Décembre 2010


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  2. #2
    Membre F.A.M.
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    Zehira Houfani Berfas
    Dimanche 19 Décembre 2010

    De l’Algérie révoltée à l’Irak explosé en passant par l’Afrique dévastée
    Les ravages des dictatures soutenues par l’Occident
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    De l’Algérie révoltée à l’Irak explosé en passant par l’Afrique
    dévastée

    Les dictatures, c’est connu, ne tolèrent pas la liberté de pensée et
    d’expression. Et cette liberté, nous le savons aussi, est essentielle à
    l’évolution des individus et partant des sociétés qu’ils composent. À
    partir de là, il est aisé de constater que sous la gouverne des dictatures,
    les individus, au lieu de progresser et s’épanouir dans une citoyenneté
    valorisante, tournée vers l’avenir, ils sombrent sous l’effet de la peur et
    de la menace dans une condition de dépendance vis-à-vis de leurs
    persécuteurs, autrement dit les pouvoirs totalitaires qui les gouvernent,
    essentiellement à travers un puissant dispositif d’essence répressive. Ce
    sentiment de peur est inoculé dans les esprits à travers, d’une part,
    l’omniprésence de la toute puissance du pouvoir dans les médias sous
    contrôle, et d’autre part, cette perception, pour ne pas dire conviction,
    qu’ont les gens d’être constamment surveillés par d’invisibles mais
    impitoyables agents infiltrés dans tous les rouages de la société. À terme,
    ce processus de pression dont use le pouvoir et qui comprend tout un éventail
    de mesures répressives, allant de la violence morale à la liquidation physique
    des individus indociles, finit par user les velléités de résistance chez une
    société au profit de sa soumission à l’ordre établi, tandis que s’opère
    progressivement dans l’ensemble du corps social un état d’esprit
    démissionnaire et, par conséquent, fatal à la cohésion d’une nation.

    Le résultat de cette politique répressive et corrompue s’affiche de façon
    flagrante dans l’état de délabrement de nombreux pays africains et arabes,
    dont le sous-développement ne concerne pas seulement les infrastructures et
    autres réalisations d’ordre socio-économique et culturel, mais affecte
    également les mentalités, continuellement confrontées aux conséquences de la
    gestion chaotique des gouvernants. Cette confrontation, inégale et
    omniprésente, mine le potentiel de l’opposition et pousse à la division de
    ses forces, de même qu’elle favorise la désertion de tout esprit pouvant
    remettre en cause la légitimité des tenants de la dictature. La stratégie
    semble avoir réussi jusque-là en Algérie, puisque tous les observateurs
    s’accordent sur l’absence d’une opposition (intellectuelle et politique)
    suffisamment crédible et rassembleuse pour renverser la dictature militaire qui
    écrase le peuple.

    Dès lors que ce constat est fait, on s’interroge, et à juste titre, sur
    l’incapacité des Algériens, à se rebeller massivement contre cette
    dictature pour se donner un État de droit, d’autant plus que le pays est
    riche en ressources matérielles et humaines, même si une importante partie a
    fui le pays pour vivre dans les démocraties occidentales. Du point de vue des
    citoyens libres, cela paraît incompréhensible que des gens aussi renseignés
    que les Algériens sur les droits et libertés, et même au fait des moyens de
    les atteindre, ne résistent pas mieux à l’arbitraire, et acceptent le diktat
    de la soumission ou de l’exil, que leur impose un pouvoir, non seulement
    illégitime, mais réputé mondialement pour sa corruption et sa mauvaise
    gouvernance. Comment admettre, en effet, que des masses de lettrés qui ont usé
    leurs frocs sur les bancs d’université afin d’apprendre leurs droits
    d’humains et acquérir les moyens de les défendre, en arrivent à tolérer
    l’outrage de se laisser opprimer, humilier et dévaliser de ces mêmes droits?
    Cela va à contre sens de ce qu’un individu doué d’esprit et de raison
    puisse admettre, et plus encore, à comprendre. À plus forte raison,
    lorsqu’on voit ces mêmes Algériens exceller à l’étranger, et même se
    démener diablement (certains d’entre eux) pour se porter au « secours » de
    la démocratie dans son propre sanctuaire, là où elle est enracinée autant
    dans la terre que dans l’esprit des gens.

    Pour ceux qui connaissent les mécanismes de la dictature, cette machine
    dévoreuse de la dignité humaine, c’est aussi cela sa grande réussite!
    Bafouer impunément les valeurs universelles et promouvoir la culture du
    non-sens où l’arbitraire, l’aberration et l’absurde se partagent le
    quotidien des gens et finissent par s’imposer comme des normes de
    fonctionnement de la société. Après quoi, le chaos peut s’installer
    durablement en s’abreuvant de tout ce qui est négatif chez les gens, haine,
    méfiance et violence, annihilant tout esprit d’appartenance commune. C’est
    le pire résultat que peut produire une dictature chez un peuple. J’ai pu avec
    une grande tristesse mesurer les conséquences désastreuses de cette absence
    d’appartenance commune à une histoire, à un groupe, à une nation. Il se
    manifeste par ce reniement de soi que j’ai constaté chez des compatriotes,
    tout comme j’ai eu à le faire chez des Irakiens rencontrés lors de
    l’invasion de leur pays par des forces étrangères. Dans les deux cas, la
    haine du pouvoir est telle que certains sont prêts à pactiser avec le diable
    pour assouvir leur vengeance envers les persécuteurs, qu’importe le prix à
    payer, et qui le paiera. Même s’ils n’y gagnent rien à l’échange,
    l’important pour ces gens, longtemps opprimés, c’est que les responsables
    sombrent dans l’embrasement général, qu’importe si cet embrasement est
    l’œuvre d’une puissance étrangère, dont l’intérêt est aux antipodes
    des leurs.

    En tant qu’Algérienne, j’ai plusieurs fois entendu des réflexions
    blessantes du genre : « beaucoup d’Algériens souhaiteraient que la France
    revienne en Algérie ».
    Tout ce que cette remarque provoque en moi c’est d’abord, l’écoeurement
    envers ceux des miens qui osent tenir ces propos abominables et qui renient avec
    une telle désinvolture le douloureux passé de leur peuple soumis à
    l’esclavage du colonialisme français. C’est tellement indécent d’en
    arriver là, à magnifier le bourreau des siens, à regretter cette Algérie
    française où l’Algérienne était « la Fatma » de service, et
    l’Algérien « le Mohamed » l’homme de peine, voué au bien être des
    colons. Voilà ce que qu’on veut ressusciter, au lieu d’emprunter leur
    courage aux peuples qui se sont dressés pour renverser les dictatures et se
    donner des États de droit comme en Argentine, Chili, Venezuela, etc.

    Ensuite, ma colère se dirige naturellement vers ce pouvoir criminel qui a
    détruit le tissu social de l’Algérianité en disséminant partout le poison
    du désamour; ce sentiment qui conduit à haïr ce que nous sommes et à
    dévaloriser tout ce qui nous représente aux yeux des autres. En fait, on peut
    dire que le pouvoir algérien a surpassé le colonialisme dans l’œuvre de
    désintégration de l’estime de soi chez les Algériens.

    Mais malgré ma colère et mon désappointement sur cette question
    d’appartenance commune, battue en brèche par certains Algériens, je ne puis,
    cependant, condamner ces millions de jeunes Algériens qui ont froissé la
    fierté nationale devant les caméras du monde, en célébrant si fort le
    président français, Jacques Chirac, lors de sa visite en Algérie, notamment
    en lui criant « on veut des visas pour aller en France! » Les condamner
    revient à dédouaner les seuls responsables de cette débâcle, à savoir le
    régime totalitaire qui a vidé ces jeunes, non seulement de leur fierté, mais
    de tout espoir d’avenir. C’est sa gouvernance maffieuse qui en fait des
    harragas, quêteurs d’asile chez ceux-là mêmes, que leurs parents avaient
    combattus pour construire une Algérie libre et démocratique.

    Aujourd’hui, si le modèle de gouvernance algérienne est triomphant malgré
    ses crimes et aberrations, c’est en partie, à cause de la déroute de ses
    opposants qui ne parviennent pas à se regrouper pour le combattre efficacement.
    Pourtant, il y a matière pour agir et raison de croire en la victoire du peuple
    de la Révolution exemplaire contre le colonialisme. Le seul fait d’abuser des
    lois de l’état d’urgence pour enchaîner un peuple, comme c’est le cas en
    Algérie, et le priver de ses droits fondamentaux est en soi un crime. Le
    cautionner l’est aussi. Car, s’il est vrai, qu’il est du devoir des
    Algériens de se libérer des tyrans qui les gouvernent, il ne faut pas occulter
    le rôle actif que jouent les grandes puissances dans le maintien des dictatures
    au mépris du droit des peuples à la démocratie. Il s’agit d’une collusion
    d’intérêts, dont les victimes se comptent par centaines de millions,
    notamment en Afrique, connue pour son éventail de dictateurs criminels qui
    violent droits et constitutions pour rester indéfiniment au pouvoir. Cette
    collusion est encore plus flagrante dans les pays producteurs de pétrole, entre
    les despotes locaux et les multinationales intéressées. C’est notamment le
    cas en Algérie, dont les gouvernants, bien que déclarés parmi les plus
    répressifs et corrompus de la planète, continuent de jouir du soutien
    inconditionnel du gouvernement français, en particulier, mais aussi américain
    et britannique, qui participent ainsi au pillage d’un peuple, qu’ils savent
    muselé par la terreur et enchaîné par l’état d’urgence.

    Aussi, le discours des grandes démocraties sur les droits humains, les
    principes démocratiques et les autres sornettes, qu’on ne cesse de débiter
    sur les tribunes des Nations unies, ne trompent plus personnes, car elles
    n’ont plus le monopole de l’information. Désormais les peuples peuvent
    communiquer sans l’aval de ceux, qui se sont érigés en mentors, et leur
    marche solidaire pour le respect des droits n’aura jamais été aussi
    prometteuse, qu’en cette époque, où l’Internet et les réseaux sociaux,
    sont en train de changer le monde. N’en déplaise aux tenants de la
    mondialisation du marché (parrains du capitalisme sauvage) au détriment de
    l’humain; leur époque semble sur le point d’être révolue. Tout comme les
    dictatures nationales. Et en Algérie, le message est déjà passé, puisque le
    mouvement pour le changement démocratique se prépare activement à mettre fin
    au pouvoir totalitaire qui a détourné la révolution et trône sur le pays
    depuis un demi-siècle, avec la bénédiction de l’ancienne puissance
    coloniale

    Dimanche 19 Décembre 2010

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