France: Les pieds-noirs «progressistes» s'organisent

par L'un De Nos Correspondants A Paris: S. Raouf

Dessiné, la veille des départs en vacances (Le Quotidien d'Oran daté du 5 juin), le projet de création d'une Association nationale des Pieds-Noirs progressistes et leurs amis, se concrétise.

L'ANPNPA-c'est ainsi qu'elle se présente-a été officiellement créée le 8 novembre. Son assemblée générale constitutive s'est tenue à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), indique la section toulonnaise de la Ligue des droits de l'Homme, sur son site internet.

L'agrément du ministère de l'Intérieur en main, l'ANPNPA investira un champ associatif dominé par des organisations de la «Nostalgerie». Déployées, pour la plupart, dans les régions sud et sud-ouest de la France, elles défendent la «mémoire de l'Algérie française».

La dernière née des associations Pieds-noirs s'inscrit dans un registre à contre-courant de la «Nostalgerie». Animée par des Pieds-noirs et des Français d'origine algérienne connus pour leurs «engagements anticolonialistes passés et actuels», l'ANPNPA revendique, sans ambages, un combat contre les partisans du discours colonial.

A l'heure où le passé franco-algérien est rattrapé par un énième saignement mémoriel, l'association veut donner écho à ceux qui «ne se reconnaissent pas» dans les associations de la «Nostalgerie». Celles-ci, accuse l'ANPNPA, cherchent «à réhabiliter un passé colonial et une conception de l'histoire révolus» et «relaient des idées de racisme et d'exclusion développées par l'extrême droite».

Manifestant un attachement très fort à l'Algérie, «notre pays», les membres fondateurs revendiquent un rôle «dans la construction d'une amitié sincère entre les peuples français et algérien». Ils entendent «militer pour un renforcement des relations humaines entre les citoyens des deux pays et en France entre Français de souche et Français d'origine algérienne».

Cette volonté «nous oblige à dénoncer les manoeuvres de toutes natures des nostalgiques du passé». Dans le même temps, ils se disent décidés «à soutenir ou à proposer des initiatives susceptibles de contribuer à cette réconciliation durable des deux peuples et à l'instauration d'une coopération exemplaire entre l'Algérie et la France».

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