La Tunisie inspire bien la révolte contre la dictature au-delà de ses frontières. Ainsi, après l’Egypte, la Jordanie et le Yémen, le vent de la contestation populaire contre la tyrannie souffle sur le Soudan.

Selon l’AFP, des centaines de jeunes Soudanais ont manifesté hier à Khartoum et Omdurman dans le cadre d’une journée nationale de protestation contre le régime en place. A l’université islamique d’Omdurman, près de la capitale, un millier de manifestants ont défilé dans les rues, lançant des slogans hostiles au président Omar El Béchir, entre autres : «Ocampo, ce que vous avez dit est vrai». Cela en référence à Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), qui a inculpé M. Béchir pour «crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour» à l’ouest du Soudan.

Des affrontements ont éclaté lorsque les manifestants ont jeté des pierres en direction des policiers, qui ont répliqué à coups de bâton. A l’université Al Ahlia, une autre manifestation a rassemblé près de 500 étudiants. Membre du parti d’opposition El Oumma, Moubarek El Fadl a indiqué que «ce que nous avons vu en Egypte a inspiré la jeunesse». Il ajoute que «ces jeunes veulent montrer leur colère devant la gestion du Soudan qui a mené à la partition du pays et parce que l’avenir du Nord est incertain». A Khartoum, des centaines de jeunes ont manifesté près du palais présidentiel aux cris : «Nous voulons du changement. Non aux prix élevés.» Près du centre-ville, à la faculté de médecine, les services de sécurité ont tenté d’empêcher des manifestants de quitter le campus. Ces derniers sont sortis néanmoins dans la rue, exprimant leur colère contre le pouvoir en scandant : «Révolution contre la dictature.»

Guerres civiles et coups d’Etat

Plus grand pays d’Afrique avec une superficie de 2,5 millions de kilomètres carrés,, le Soudan a accédé à l’indépendance le 1er janvier 1956. Un système parlementaire de type britannique a été mis en place. En 1958, les militaires prennent le pouvoir. En octobre 1964 éclate une insurrection populaire qui met fin à la dictature militaire. Une nouvelle expérience parlementaire est initiée. Cependant, le 25 mai 1969, un groupe d’officiers dirigé par le colonel Gaafar Nemeiry prend le pouvoir par un coup d’Etat. En juillet 1971, une tentative de coup d’Etat échoue à faire tomber le colonel Nemeiry ; il échappe à deux autres, en 1975 et 1976. En 1972 sont signés des accords de paix à Addis-Abeba, en Ethiopie, mettant fin à la rébellion du Sud. Mais celle-ci reprend en 1983.

La même année est instaurée la charia. En mars et avril 1985, le pays est secoué par une révolte populaire doublée d’un coup d’Etat qui met fin au régime de Nemeiry. En avril 1986 est élue une Assemblée constituante. Le 30 juin 1989, le général Omar El Béchir, soutenu par les islamistes, prend le pouvoir par un coup d’Etat. Il encourage les activités du Front national islamique de Hassan Tourabi. Durant la première guerre du Golfe, il soutient l’Irak. Les relations du Soudan avec l’Occident, notamment, se détériorent. Les Etats-Unis accusent Omar El Béchir de soutenir le terrorisme. L’Egypte met en cause Khartoum dans l’attentat manqué contre le président Hosni Moubarak le 26 juin 1995 à Addis-Abeba.

Le 26 avril 1996, le Conseil de sécurité de l’ONU prend une série de sanctions contre le Soudan. Economiquement affaibli par la guerre contre le Sud, le régime de Khartoum est incapable d’atténuer les difficultés sociales. Difficultés qui se sont traduites par des manifestations populaires qui éclatent en novembre 1995 et durant l’été 1996. En 2005, il signe un accord de paix avec le Sud qui aboutit à un référendum sur la sécession et l’indépendance qui s’est tenu du 9 au 15 janvier de l’année en cours. Reste le problème du Darfour.

Amnay idir

La Tunisie inspire bien la révolte contre la dictature au-delà de ses frontières. Ainsi, après l’Egypte, la Jordanie et le Yémen, le vent de la contestation populaire contre la tyrannie souffle sur le Soudan.

Selon l’AFP, des centaines de jeunes Soudanais ont manifesté hier à Khartoum et Omdurman dans le cadre d’une journée nationale de protestation contre le régime en place. A l’université islamique d’Omdurman, près de la capitale, un millier de manifestants ont défilé dans les rues, lançant des slogans hostiles au président Omar El Béchir, entre autres : «Ocampo, ce que vous avez dit est vrai». Cela en référence à Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), qui a inculpé M. Béchir pour «crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour» à l’ouest du Soudan.

Des affrontements ont éclaté lorsque les manifestants ont jeté des pierres en direction des policiers, qui ont répliqué à coups de bâton. A l’université Al Ahlia, une autre manifestation a rassemblé près de 500 étudiants. Membre du parti d’opposition El Oumma, Moubarek El Fadl a indiqué que «ce que nous avons vu en Egypte a inspiré la jeunesse». Il ajoute que «ces jeunes veulent montrer leur colère devant la gestion du Soudan qui a mené à la partition du pays et parce que l’avenir du Nord est incertain». A Khartoum, des centaines de jeunes ont manifesté près du palais présidentiel aux cris : «Nous voulons du changement. Non aux prix élevés.» Près du centre-ville, à la faculté de médecine, les services de sécurité ont tenté d’empêcher des manifestants de quitter le campus. Ces derniers sont sortis néanmoins dans la rue, exprimant leur colère contre le pouvoir en scandant : «Révolution contre la dictature.»

Guerres civiles et coups d’Etat

Plus grand pays d’Afrique avec une superficie de 2,5 millions de kilomètres carrés,, le Soudan a accédé à l’indépendance le 1er janvier 1956. Un système parlementaire de type britannique a été mis en place. En 1958, les militaires prennent le pouvoir. En octobre 1964 éclate une insurrection populaire qui met fin à la dictature militaire. Une nouvelle expérience parlementaire est initiée. Cependant, le 25 mai 1969, un groupe d’officiers dirigé par le colonel Gaafar Nemeiry prend le pouvoir par un coup d’Etat. En juillet 1971, une tentative de coup d’Etat échoue à faire tomber le colonel Nemeiry ; il échappe à deux autres, en 1975 et 1976. En 1972 sont signés des accords de paix à Addis-Abeba, en Ethiopie, mettant fin à la rébellion du Sud. Mais celle-ci reprend en 1983.

La même année est instaurée la charia. En mars et avril 1985, le pays est secoué par une révolte populaire doublée d’un coup d’Etat qui met fin au régime de Nemeiry. En avril 1986 est élue une Assemblée constituante. Le 30 juin 1989, le général Omar El Béchir, soutenu par les islamistes, prend le pouvoir par un coup d’Etat. Il encourage les activités du Front national islamique de Hassan Tourabi. Durant la première guerre du Golfe, il soutient l’Irak. Les relations du Soudan avec l’Occident, notamment, se détériorent. Les Etats-Unis accusent Omar El Béchir de soutenir le terrorisme. L’Egypte met en cause Khartoum dans l’attentat manqué contre le président Hosni Moubarak le 26 juin 1995 à Addis-Abeba.

Le 26 avril 1996, le Conseil de sécurité de l’ONU prend une série de sanctions contre le Soudan. Economiquement affaibli par la guerre contre le Sud, le régime de Khartoum est incapable d’atténuer les difficultés sociales. Difficultés qui se sont traduites par des manifestations populaires qui éclatent en novembre 1995 et durant l’été 1996. En 2005, il signe un accord de paix avec le Sud qui aboutit à un référendum sur la sécession et l’indépendance qui s’est tenu du 9 au 15 janvier de l’année en cours. Reste le problème du Darfour.

Amnay idir
31.01.2011 El Watan